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Bolivie : La loi de l’entonnoir

24 Avril 2020, 21:28pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par Camilo Katari

La Constitution Politique de l’État a été remplacé par la fameuse « loi de l’entonnoir. » Un fonctionnaire du Gouvernement brise la quarantaine, un candidat traverse tout le pays sous prétexte de « remettre des masques à la police, » une présentatrice de télévision, parente d’une candidate du parti au gouvernement jouit d'une protection our organiser une concentration de personnes dans le nombre n’est pas permis.

 

D’autre part, une infirmière qui se déplace à bicyclette pour aller à son travail est arrêté, une maire, qui avait une réunion de travail à son domicile est accusée faussement et arrêtée, son fils est traité comme un délinquant et envoyé en maison de correction. C’est ça la Bolivie, aujourd’hui. Le décret suprême 4200, est un réalité, la «Loi de l’entonnoir. »

 

La phrase « l’État, c’est moi » attribué à Louis XIV qui résume le caractère personnel du pouvoir est célèbre. L’aristocratie de tous les temps continue à croire qu’elle est envoyée par Dieu pour gouverner, un dieu évidemment méchant, car chaque roi ou chaque prince a dû gagner sa couronne par le sang.

 

De la même façon, en Bolivie, s’est installé un Gouvernement qui a oublié ou pour mieux dire a laissé de côté l’ordre juridique et gouverne selon son intérêt particulier.

 

Le ministre du Gouvernement de Bolivie est le Louis XIV de notre temps, bien qu'il n'ait pas son courage. La contrefaçon de Louis XIV se présente comme la victime d'un soi-disant « complot » pour l’éliminer. À l’époque de Louis XIV c’était une tache quotidienne pour les monarques. On ne connaît pas de puissants qui en appellent à la pitié du peuple car ce serait plus humiliant que la mort même. 

 

Suivant les usages des nobles européennes, le Louis XIV bolivien a annoncé à grand bruit qu'il se consacrerai à la plus grande de chasse, une chose qui est régulièrement accomplie par un roi affairé. La plèbe doit garder le silence et obéir à ce que dit son monarque à tout instant, peu importe qu’il y ait des lois et en paraphrasant le conseil de Machiavel, nous pourrions dire qu’il ne doit pas y avoir une démocratie mais qu’il faut la simuler.

 

La démocratie en Bolivie est morte, sans aucun doute. L’attaque arbitraire des compétences des gouvernements autonomes est le fer de lance qui a fini de couper la tête sanglante de l’État Plurinational, agonisant depuis les jours sanglants de novembre.

 

Il n’existe pas de pouvoir légal qui finisse avec les attitudes arbitraires de la noblesse au gouvernement. Un Parlement pâle n’est que la faible justification du peu de légalité qu'il reste à ce Gouvernement de fait.

 

Une fois de plus, nous, les citoyens, sommes frappés par l’État, avec la bénédiction des églises et des sectes religieuses pour cette souffrance et emprisonnés pour notre droit au pain. Nous sommes en plein Moyen Âge, il ne manque que les bûchers pour les sorciers et des sorcières. Les oubliettes sommes prêtes.

 

En France, la dernière tête de noble est tombée en 1793. Malheureusement, en Bolivie nous n’avons pas pu surmonter le coup d’Etat institué en stratégie de pouvoir.

 

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/04/23/bolivia-la-ley-del-embudo/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/04/bolivie-la-loi-de-l-entonnoir.html