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Venezuela : Le Gouvernement veut un accord humanitaire, l’opposition l’explosion sociale

1 Mai 2020, 06:59am

Publié par Bolivar Infos

 

Álvaro Verzi Rangel

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro a lancé cette semaine un nouvel appel à l’opposition pour « cesser le feu » et trouver un accord humanitaire qui favorise le travail des médecins pour freiner l’expansion du Covid–19 tandis que le secteur patronal et certains secteurs de l’opposition encouragent la spéculation pour l’ajouter au blocus étasunien afin de provoquer une explosion sociale.

 

Actuellement, le pays est bloqué par les sanctions économiques et financières, le prix bas du pétrole et des importations d’essence, le déficit de fournitures énergétiques et par-dessus tout par la pénurie de capital : il n’y a pas de ressources pour investir, pour acheter à l’étranger des aliments, des médicaments ou du matériel, pour payer des salaires conformes à la qualification des techniciens et des ouvriers spécialisés.

 

Pour certains analystes, si on n’arrive pas à trouver un accord sur une large base, le Gouvernement de Maduro pourrait « résister », distribuer beaucoup moins d’aliments, augmenter la force de répression et maintenir certaines subventions.

 

Pour d’autres, le mécontentement du peuple face aux pénuries et à l’inflation démesurée font augmenter le mécontentement envers les politiques économiques d’un Gouvernement qui a amélioré son image avec son excellente gestion sanitaire de la pandémie du Covid–19 et on pourrait spéculer sur une étape prérévolutionnaire dans le pays.

 

Le problème est qu’une éventuelle amélioration de la situation économique ne se produira pas à moyen terme. L’économie pourrait se détériorer encore plus et une atroce pauvreté serait la forme structurelle de vie pour plusieurs années, signale Manuel Sutherland, directeur du Centre de Recherche et de Formation Ouvrière (CIFO).

 

Comme on s’y attendait, la proposition de Maduro d’une trêve destinée à affronter le Coronavirus été bien accueillie par le secteur de l’opposition qui accepte le dialogue (Avancée Progressiste, le MAS, COPEi, Soluciones et Cambiemos) tandis que les partis regroupés dans ce qu’on appelle le G4 (VP, UNT, AD, PJ) qui soutiennent le président autoproclamé Juan Guaidó ne l’acceptent pas.

 

Un enregistrement audio attribué au patron Lorenzo Mendoza, patron de l’entreprise POLAR, diffusé sur les réseaux sociaux confirme que « la spéculation, la contrebande et le marché noir » continueront à s’aggraver. Ils annoncent plus de pénuries et l’éventualité d’une explosion sociale comme preuve de malaise parce que le COVID-19 est venu « favoriser » le Gouvernement.

 

Peux importe ce que raconte Mendoza ou n’importe quel autre grand patron mais ce qui est évident, c’est que la spéculation et la contrebande sur les aliments et l’essence est l’arme de l’opposition. N’importe quel salaire que le Gouvernement puisse décréter, la spéculation des patrons et de leur chaîne de contrebande (en particulier vers la Colombie) et de fonctionnaires corrompus dans les institutions publiques en viendront à bout.

 

Le Gouvernement a surpris le patronat et est intervenu dans plusieurs entreprises et même à POLAR qui accapare, spécule toujours et fait fuir les produits vers la Colombie où ils sont payés plus cher. Enfin, ce qu’on appelle les « prix décidés » ont été fixés. La population espère qu’ils seront respectés.

 

Objectivement, le plan de la POLAR et de la bureaucratie technocrate qui subsiste encore à Petroleos de Venezuela pour frapper le Gouvernement et favoriser l’agression étasunienne est le même. POLAR spécule sur les prix, crée de la pénurie, ce qui porte atteinte à la population et au Gouvernement, signale le député à l’Assemblée Constituante Julio Escalona. Le plus gros problème, en ce moment, c’est que le Venezuela peut importer très peu de choses avec un baril de pétrole à 10 $.

 

Les « pedevecos» sabotent le travail des Conseils de Production des Travailleurs (CPT) qui ont récupéré la raffinerie d’El Palito et vont dans les autres raffineries pour garantir la consommation intérieure et l’exportation, ajoute-t-il.

 

Un nouveau PDVSA ?

 

Le Gouvernement a nommé Tarek El Aissami nouveau ministre du Pétrole et Asdrubal Chávez président de la compagnie d’État Petróleos de Venezuela et les a chargés de mettre en place le rapport de la commission de restructuration qui recommande que PDVSA se concentre sur l’activité pétrolière et cède les autres activités ou les activités sociales à d’autres entités.

 

Selon les analystes internationaux, PDVSA devrait restructurer ses entreprises mixtes avec des partenaires étrangers et apporter certains changements dans les contrats de service ou d’autres structures avec une participation souple de l’État. En aval, le secteur privé pourrait même prendre 100 % des projets de raffinage. »

 

Selon ce qu’il va se passer, on pourrait créer une nouvelle activité d’affaires qui aura son siège en Russie et absorberait les unités européennes de PDVSA.

 

Pendant ce temps, le Venezuela a recours à l’Iran pour remplir ses bombonnes de gaz, signale-t-on à Washington : « L’Iran remet des pièces de raffinage, des catalyseurs et des techniques pour réparer le complexe CREP de PDVSA qui comprend la raffinerie Cardon,» indique l’agence Argus.

 

Les raffineries de l'Iran ont été construites avec la technologie d'Esso et de Shell et sont considérées comme compatibles avec les raffineries vénézuéliennes.

 

Aide humanitaire

 

Les pays de l’Union Européenne ont demandé mardi au Conseil de Sécurité de l’ONU d’augmenter l’aide humanitaire au Venezuela. Vasili Nebenzia, le délégué de la Russie, s’est prononcé en faveur de l’aide et a mis en avant les « résultats impressionnants » du Venezuela face à la pandémie. Il a souligné que le Venezuela affronte la pandémie en ayant 9 millions de dollars bloqués.

 

Comme on s’y attendait , la représentante des États-Unis à l’ONU, Kelly Craft, a remis en question les chiffres du Venezuela sur la pandémie de coronavirus. Pour sa part, Jan Egeland, du Conseil Norvégien aux Réfugiés (NRC) a insisté sur le fait que « les grandes puissances doivent suspendre les sanctions économiques contre des pays comme la Syrie, l’Iran et le Venezuela pendant la pandémie. »

 

 

Le secrétaire d’État des États-Unis Michael Pompeo a utilisé mercredi une conférence de presse virtuelle à Washington pour faire pression sur le président argentin Alberto Fernández. Il lui a dit qu’il « pourrait être très utile sur deux fronts : travailler avec ses collègues en Amérique du Sud pour aider à amener la démocratie au Venezuela et aussi se joindre aux efforts d’aide humanitaire et médicale pour les gens du Venezuela qui en ont désespérément besoin. »

 

Le message de Pompeo est arrivé après que les États-Unis aient élevé le ton au début du mois quand le Gouvernement argentin a rejeté le plan étasunien « de démocratisation » du Venezuela qui prévoyait un Gouvernement de transition qui appellerait à des élections générales auxquelles ni le président Nicolas Maduro ni le président « par intérim » Juan Guaidó soutenu par Washington ne pourraient se présenter.

 

Le gênant autoproclamé

 

La porte-parole de la chancellerie russe, Maria Zajarova a indiqué que le Gouvernement de Donald Trump n’a pas confiance en Juan Guaido et qu’il serait « prêt à s’en débarasser » car c’est le secrétaire d’État Mike Pompeo qui a annoncé le plan de Washington pour la transition démocratique au Venezuela et non le « président autoproclamé » de moins en moins crédible.

 

Zajarova a ajouté que seuls les Vénézuéliens peuvent et doivent «décider de leur avenir dans un dialogue direct entre » et non les États-Unis. Et elle a affirmé qu’il ne doit y avoir aucune « ingérence extérieure, condition préalable ou ultimatum. Jamais, dans l’histoire du monde, un diktat n’a conduit à la confiance, » a-t-elle déclaré. Pompeo a dû discuter mardi avec Juan Guaido et lui affirmer qu’il avait toujours le soutien des États-Unis.

 

Mais l’affrontement continue et le dernier chapitre pour le moment a été l’échec d’un plan soutenu par Washington pour impliquer le navire école sous pavillon vénézuélien Simon Bolivar dans des activités de trafic de drogue. L’intention délibérée de ce plan étasunien était de créer un faux positifs contre le Gouvernement Vénézuélien.

 

*Sociologue Vénézuélien, qu’au directeur de l’observatoire en communication est en démocratie et du centre latino-américaine d’analyse stratégique.

 

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos 

 

Source en espagnol : 

https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/04/29/venezuela-el-gobierno-por-un-acuerdo-de-ancha-base-la-oposicion-por-el-estallido/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/05/venezuela-le-gouvernement-veut-un-accord-humanitaire-l-opposition-l-explosion-sociale.html