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Bolivie : La dictature viole les Droits de l’Homme, dit un rapport de l’ONU

29 Août 2020, 16:23pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par Francisco Javier Arjona Muñoz

 

Ce n’est pas le premier rapport qui rapporte de graves violations des Droits de l’Homme dans le cadre du coup d’État de novembre mais les précédents n’ont pas été beaucoup diffusés.

 

Et cela a sa raison d’être en Bolivie même où les médias sont touchés par les règles imposées depuis le coup d’État et où de façon « pédagogique, » de nombreux journalistes, surtout des chaînes communautaires, ont été persécutés, frappés, ligotés, pour qu’ils ne fassent pas leur travail d’information.

 

Il ne faudrait pas que soit reproduits dans le reste des pays par exemple, le rapport de la CIDH, ou de l’ONU elle-même que le Gouvernement de fait rejettera fermement en février en niant les violations qu’il révèle ou celui d’Amnesty International. 

 

Le Gouvernement putschiste nie à nouveau les faits, les tortures prouvées, la persécution des activistes, les arrestations arbitraires et les massacres en affirmant qu’ils « se sont entretués. »

 

Le rapport de l’ONU arrive avec beaucoup de retard étant donné que sa mission a travaillé en novembre et décembre dernier. Depuis novembre 2019, le personnel du Bureau des Droits de l’Homme en Bolivie s’est déployé pour réunir des informations de première main et ils ont compilé plus de 150 interviews de victimes, de témoins, de représentants de la société civile et d’autorités.

 

Parmi les violations Bureau des Droits de l’Homme rapportées se trouvent des assassinats, des tortures, de mauvais traitements et des arrestations arbitraires dans une situation dans laquelle environ 30 personnes sont mortes pendant les protestations qui ont eu lieu du 20 octobre au 25 novembre. Au moins 20 de ces morts sont survenues pendant les opérations de la police et des forces armées lors des 2 massacres de Sacaba et Senkata.

 

« Que 9 mois plus tard, on n’ait pas encore rendu de comptes à propos des morts à Sacaba et Senkata ni à propos de la plupart des morts survenues pendant la période couverte par notre rapport me préoccupe beaucoup, » a dit madame Bachelet hier (mardi 26).

 

Pendant la période analysée, le personnel du Bureau des Droits de l’Homme des Nations Unies a aussi observé des fonctionnaires publics et des particuliers qui utilisaient un langage violent et incendiaire ainsi que des violences verbales et physiques envers les peuples indigènes, ce qui reflète un racisme profondément ancré.

 

Il y a eu 94 cas d’agression de journalistes et des personnes travaillant pour le défenseur du peuple de Bolivie ont subi des menaces et des attaques. Tous ces incidents doivent faire l’objet d’une enquête, selon l’ONU.

 

Mais les Gouvernements voisins comme le Gouvernement argentin se sont empressés de ratifier l’importance de ce nouveau rapport de l’ONU dans lequel sont rapportés des épisodes violents comme des incendies, des pillages de biens privés ou publics, des violations des Droits de l’Homme incluant la droit à la vie et à la sécurité, à la liberté, à l’interdiction de la torture et autres formes de mauvais traitements et le droit à la liberté d’expression pendant des protestations pacifiques lors desquelles la police n’a pas accompli son devoir de protection de la population.

 

La haute commissaire Bachelet a aussi observé un modèle de persécution judiciaire contre des autorités ou des personnes proches du MAS, le parti de l’ex-président Evo Morales Ayma.

 

Dans ce rapport, est formulée une série de recommandations destinées à fomenter la protection des Droits de l’Homme, à éviter ces violations et à créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections pacifiques, participatives et inclusives.

 

Pour sa part, le rapport d’Amnesty International est encore plus précis. Il indique qu’il faut créer un groupe interdisciplinaire d’experts indépendants (GIEI Bolivia), que la présidente de fait s’est engagée à favoriser mais qu’elle a, en fait, empêché de travailler et d’enquêter et a fait des recommandations aux candidats pour « soigner la pandémie d’impunité. »

 

Sans que des rapports extérieurs soient nécessaires, le défenseur du Peuple de l’État Plurinational a courageusement rapporté, malgré les menaces qu’il a reçues, les violations des Droits de l’Homme et a partagé ses constatations avec des organismes internationaux comme  la CIDH.

 

Pour sa part, le ministère espagnol des Affaires étrangères ne s’est pas exprimé.

 

L’épisode pendant lequel l’Espagne a accusé le Gouvernement putschiste de mettre en danger une délégation diplomatique espagnole qui a provoqué l’expulsion réciproque de fonctionnaires qui a rafraîchi les relations entre les 2 Gouvernements est connu.

 

Ensuite, en mai, dans le contexte des rapatriements humanitaires, une avionnette militaire avec 2 militaires boliviens et 4 Espagnols à son bord, a eu à Trinidad un accident qui mortel lors duquel les 4 Espagnols sont morts.

 

Le 5 septembre, on commémore la Journée Internationale de la Femme Indigène qui, bien que ce soit une date qui se célèbre dans le monde entier, a pris pour référence Bartolina Sisa, la compagne de Tupac Katari lors de la dernière grande rébellion indigène en Bolivia. “Las Bartolinas”, en tant qu’organisation de femmes, ont eu leur siège attaqué il y a 2 semaines dans le cadre des fortes mobilisations contre les excès du Gouvernement putschiste.

 

Bartolina a été violée, frappée, torturée et enfin pendue le 5 septembre 1782 mais elle est passée dans l’histoire comme l’une des femmes indigènes les plus courageuses, inébranlables et incorruptible née dans le sud du continent américain.

 

#DiadelaMujerIndigena: La Journée Internationale de la Femme Indigène se célèbre le 5 septembre pour rendre hommage à toutes les femmes appartenant aux peuples indigènes du monde et pour rendre visible leurs gestes héroïques.

 

Dans le cas de la Bolivie, les indigènes et les “cholas”, bien qu’elles aient été  persécutées et humiliées, même pour leurs vêtements, dans le cadre du coup d’Etat, ont réussi à montrer les réussites concernant l’orgnaisation et la culture des communautés qui s’opposent très fermement aux prétentions racistes de ceux qui protègent le coup d’État dans l’État Plurinational de Bolivie.   

 

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://mas.lne.es/cartasdeloslectores/carta/40903/bolivia-duro-informe-violacion-derechos-dictadura.html, Rebelión

https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/08/28/bolivia-duro-informe-de-la-onu-por-violacion-de-derechos-en-la-dictadura/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/08/bolivie-la-dictature-viole-les-droits-de-l-homme-dit-un-rapport-de-l-onu.html