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Colombie : Comprendre le procès contre Álvaro Uribe Vélez

4 Août 2020, 17:13pm

Publié par Bolivar Infos

 

La Chambre d'Instruction Pénale de la Cour Suprême de Justice a tenu lundi une session extraordinaire pour discuter de l'affaire de l'ex-président colombien Álvaro Uribe Vélez, actuellement sénateur, accusé de manipulation présumée de témoins.

 

Bien que le débat doive continuer jusqu'à jeudi prochain, la cour pourrait décider si pendant l'enquête Uribe sera emprisonné, assigné à domicile ou libre. Face à cette situation, son parti, le Centre Démocratique, a immédiatement émis un communiqué dans lequel il menace de créer des troubles si Uribe est emprisonné.

 

Après les annonces du parti d'extrême-droite, plusieurs parlementaires ont condamné ses menaces et ont exigé de laisser travailler le Pouvoir Judiciaire dans cette enquête qui dure déjà depuis plusieurs années.

 

Origine du procès

 

L'historie commence en février 2012 quand le sénateur Iván Cepeda réalise un débat de contrôle politique contre l'ex-président Uribe Vélez lors duquel il l'accusé ainsi que son frère, Santiago Uribe, d'encourager le para-militarisme grâce à la création du Bloc Metro des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC).

 

Après le débat, Álvaro Uribe a accusé Cepeda devant la Cour Suprême de Justice de « diriger un groupe de faux témoins » en leur promettant « des avantages juridiques et économiques » pour qu'ils témoignent contre lui et son frère Santiago.

 

Après presque 7 ans d'enquête, la Cour a conclu qu'Iván Cepeda n'avait pas abusé de ses fonctions de congressiste et qu'il n'avait pas non plus dirigé « un cartel da faux témoins, » démentant ainsi Álvaro Uribe mais l'enquête a pris un tournant et des documents ont apportés pour qu'on enquête sur Uribe pour les délits de subornation et de fraude dans la procédure.

 

La Cour Suprême examine l'utilisation présumée de la part d'Uribe de faux témoignages destinés à porter préjudice au sénateur Iván Cepeda. Il aurait également cherché à faire pression sur des paramilitaires dont Juan Guillermo Monsalve, qui l'a lié à des groupes délictueux pendant qu'il était président (2002-2010) pour qu'ils modifient leurs témoignages.

 

Les témoins

 

Selon l'accusation, il y a 42 témoins dans l'affaire contre l'ex-président de la Colombie mais les témoignages les plus importants sont celui de Juan Guillermo Monsalve, qui accuse Uribe de diriger des groupes paramilitaires et qui a même enregistré une conversation dans laquelle l'avocat en personne, Diego Cadena, fait pression sur Monsalve pour qu'il modifie sa déclaration et celui de Carlos López, connu sous le pseudonyme de "Caliche", un ex-camarade de Monsalve qui a également précisé à la Cour avoir subi des pressions de la part d'agents d'Uribe pour qu'il modifie sas déclarations concernant la création de groupes paramilitaires.

 

Pour sa part, l'ex-chef paramilitaire du bloc Cacique de Pipintá, Pablo Hernán Sierra, connu sous le nom d' "Alberto Guerrero", a révélé des détails de la relation intime qui existe entre Uribe Vélez et les groupes paramilitaires qui utilisaient des méthodes comme l'exécution par arme à feu et le démembrement pour tuer des milliers de paysans.

 

Un autre ex-paramilitaire condamné dans cette affaire est Carlos Enrique Vélez. Le Procureur colombien a affirmé que Diego Cadena, l'un des avocats d'Uribe, lui avait offert quelques 200 000 000 de pesos (53 736 dollars environ) alors qu'il y a plus d'enregistrements de paiements 48 000 000 destinés à Vélez et aux membres de sa famille.

 

Dans ce cas, ils ont demandé qu'on parle en faveur de l'ex-président et contre le sénateur Iván Cepeda.

 

Le 27 juillet dernier, le Procureur a mis en examen l'avocat Diego Cadena pour les délits de subornation et de fraude dans la procédure. On a aussi demandé au juge de lui imposer l'assignation à résidence à cause du risque de fuite qu'il représente.

 

Relation entre les affaires Uribe y Cadena

 

L'ex-président Álvaro Uribe est le premier ex-chef du Gouvernement colombien à témoigner devant la Cour Suprême de Justice. Face aux charges de fraude dans la procédure présumée et d'achat de témoins, le résultat des actions légales contre l'avocat Diego Cadena aura des répercussions sur son affaire.

 

En accusant Cadena de « subornation en sa propre faveur ou en faveur d'un tiers, » le Procureur de Colombie a signalé la responsabilité qui revient à l'avocat mais la défense du témoin Monsalve a affirmé que Cadena avait offert « des avantages judiciaires en échange d'une rétractation qui serait favorable à l'ex-président Uribe. »

 

Même l'avocat qui défend Cadena, le pénaliste Iván Cancino, a reconnu qu'il existe un enregistrement sur lequel « Uribe le dit à Cadena qu'ils agissent avec n'importe quelle ressource judiciaire qui pourrait faire l'affaire et qu'il décide. »

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.telesurtv.net/news/colombia-claves-entender-juicio-contra-alvaro-uribe-velez-20200803-0054.html

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/08/colombie-comprendre-le-proces-contre-alvaro-uribe-velez.html