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Venezuela : Elections législatives

6 Août 2020, 17:11pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par Ángel Martínez Niubó,

Le CNE a fait savoir que plus de 105 organisations politiques sont inscrites pour les élections législatives.

 

A l'appel d'un secteur, des représentants d'autres partis d'opposition ont affirmé qu'ils participeront aux élections du 6 décembre.

 

Les élections législatives, au Venezuela, auront lieu le 6 décembre de cette année. Après l'annonce de la date, 27 partis politiques d’opposition, dont tous ceux qui, actuellement, ont des représentants à l'Assemblée Nationale, ont annoncé qu'ils ne participeraient pas aux élections législatives.

 

Dans un communiqué, les adversaires du Gouvernement du président Nicolás Maduro ont expliqué qu'ils resteront en dehors parce qu'il s'agit d'une soi-disant « fraude électorale »et qu'ils appelleront instamment la communauté internationale à rejeter ces élections

 

« Qu'y a-t-il derrière la décision de ces partis ? Combien de fois des situations similaires se sont-elles présentées au Venezuela ? En vérité, tous les partis d'opposition se sont-ils retirés ?

 

Il a parlé. Ils parleront après

 

Dès que le Conseil National Electoral (CNE) récemment constitué a convoqué pour le 6 décembre les élections destinées à élire les membres de l'Assemblée Nationale pour la période 2021-2026, Elliott Abrams, l'envoyé du Gouvernement de Donald Trump pour le Venezuela, a affirmé que les prochaines élections au Venezuela sont déjà « manipulées. »

 

« Les Etats-Unis voient que les conditions pour les élections législatives de décembre au Venezuela sont « bien pires » que celles des présidentielles de 2018, » a déclaré Abrams.

 

C'est quelque chose que le président Nicolás Maduro remet en question avec insistance :Trump veut imposer un Gouvernement de fait (...) C'est Trump, avec son idée qu'il est la police du monde... » Le président Maduro le dit depuis 2019 et même avant. La droite approuverait-elle ce rôle de policier ou de veilleur que jouent les Etats-Unis ?

 

Ce qui est sûr, c'est que le 28 juillet dernier, plusieurs agences ont répercuté les déclarations d' Elliott Abrams et qu'à peine quelques jours plus tard, le 2 août, l’opposition vénézuélienne a annoncé qu'elle ne participerait pas aux élections législatives du 6 décembre.

 

Serait-ce la stratégie de l’opposition ? L'obéissance aux Etats-Unis, comme dit le président Nicolás Maduro ? Les 2 questions se mélangent et ne sont rien d'autre qu'une stratégie dont les origines sont à Washington?

 

Dans le passé

 

Est-ce la première fois que la droite d’opposition se retire ou annonce qu'elle ne reconnaîtra pas les résultats ?

 

En 2005, les 165 sièges de l'Assemblée ont été obtenus par le Mouvement Cinquième République (MVR) – le groupe qui a donné naissance au PSUV- alors au Gouvernement après que l'opposition se soit retirée des élections en alléguant un soi-disant manque de confiance dans l'arbitre électoral.

 

Aux élections présidentielles de 2006, selon les archives du Conseil National Electoral, le candidat Hugo Chávez a obtenu 5 936 141 voix (61,35% des bulletins dépouillés) et Manuel Rosales 3 715 292 voix (38,33%).

 

A cette époque-là, le candidat d'opposition, depuis son siège de campagne à la "Quinta Esmeralda", (Caracas), a reconnu sa défaite dans un bref discours devant ses partisans.

 

En 2012, par contre, quand le candidat d'opposition était Henrique Capriles Radonski, les magouilles n'ont pas été contre le Conseil National Electoral mais avec les cartes.

 

L'opposition discutait de la possibilité de participer aux élections avec une carte unique pour, selon elle, éviter la dispersion des voix. Parmi les principaux défenseurs de cette idée, il y avait les partis COPEI, MAS, La Causa R, Action Démocratique, Alliance Bravo Pueblo alors qu'Un Temps Nouveau et Primero Justicia, les 2 partis d'opposition qui avaient eu le plus de soutien aux dernières élections ne soutenaient pas cette proposition.

 

Mais le 30 juillet 2011, ils ont annoncé qu'ils avaient décidé à l'unanimité d'utiliser une carte unitaire seulement pour l'élection présidentielle. Malgré cette annonce, au moment d'inscrire les candidats, les partis Primero Justicia, Un Temps Nouveau, volonté Populaire et d'autres petits partis, ont décidé de ne pas se plier à la carte unitaire avec le reste des autres organisations de la coalition.

 

Aux élections présidentielles de 2018, les partis d'opposition, à l'exception d'Avancée Progressiste, sont arrivés à un accord pour ne pas participer aux élections : ils ont qualifié ces élections de prématurées. Ensuite, la signature de l'accord que les garanties électorales entre 3 des 5 candidats à la présidence Nicolás Maduro, Henri Falcón et Javier Bertucci, a été présentée.

 

Le candidat Henri Falcón a dit avant l'annonce des résultats qu'il ne reconnaissait pas les élections et en a demandé de nouvelles. Les chaînes de la « no reconnaissance » reviennent d'année en année : impuissance ? Stratégie ? Orgueil ?

 

Et maintenant ?

 

Les motifs sont différents maintenant et passent par l'illégalité de l'Assemblée Nationale actuelle. Comme ce conclave n'est pas habilité à les organiser, c'est la Cour Constitutionnelle du Tribunal Suprême de Justice qui a élu le nouveau Conseil National Electoral (CNE).

 

Celui-ci, comme c'est son rôle, a lancé la convocation aux élections. La cible des critiques de l'opposition est, maintenant, la composition du CNE et sa légitimité pour organiser les élections.

 

Est-ce que le renouvellement du CNE n'était pas l'un des accords obtenus par le dialogue entre le Gouvernement et les secteurs de l’opposition qui y ont participé ?

 

La décision d'augmenter le nombre de députés au aussi été rejetée par l'opposition mais le Gouvernement précise que cette décision est destinée à rendre l'Assemblée Nationale plus représentative. Le nombre de sièges est passé de 167 à 227. Ainsi, dit-il, le pouvoir qui sortira des urnes sera moins homogène.

 

Que se passe-t-il réellement ?

 

La BBC intitule l'un de ses articles : « Elections au Venezuela: « le CNE convoque les élections législatives controversées pour le 6 décembre et l'opposition dit qu'elle n'y participera pas. » Le même titre passe d'un média à l'autre mais en vérité, « l'opposition » n'y participera pas ?

 

Selon le Conseil National Electoral, plus de 105 partis politiques sont autorisés à participer aux élections sur lesquels 28 sont des partis nationaux, 53 des partis régionaux, 6 des organisations indigènes nationales et 18 des organisations indigènes régionales, ce qui rend compte de l'amplitude sociale et pas seulement politique de l'assemblée qui sera élue.

 

Parmi les partis autorisés se trouvent : Avancée Progressiste (AP), Action Démocratique (AD), le Comité d'Organisation Politique Electoral Indépendant (COPEI), la force du Changement (FDC), le Mouvement Vers le Socialisme (MAS), le Mouvement Ecologique du Venezuela (Movev), le Mouvement Electoral du Peuple (MEP), le Mouvement Politique Alliance pour le Changement (MPAPC), Pour la Démocratie Sociale (Podemos), le Mouvement Citoyen (CMC), Un Nouveau Temps avec Toi (UNTC), le Parti Union et Compréhension (Puente), Génération Indépendante (Gente), Espoir de Changement (El Cambio) et d'autres.

 

Malgré la position de certains groupes d'opposition contre le processus électoral, des représentants de partis comme AD et COPEI ont déjà dit qu'ils participeraient aux élections.

 

Le secrétaire général d'AD, Bernabé Gutiérrez, a affirmé que son organisation politique participera aux élections législatives du 6 décembre.

 

De même, le représentant du COPEI, Miguel Salazar, a déclaré être prêt à briguer un siège et a affirmé que « le nouveau Conseil National Electoral a montré des signes d'inviolabilité grâce à plusieurs processus d'audit. »

 

Les 2 dirigeants politiques critiquent la minorité qui appelle à ne pas participer aux élections. Le dirigeant d'Avancée Progressiste Henri Falcón a déclaré qu'appeler à l'abstention est « le chemin vers le rien » et « crée des attentes non crédibles » parmi leurs partisans eux-mêmes.

 

La délégation norvégienne

 

Le 24 juillet, le ministre des Affaires Etrangères de Norvège, Dag Halvor, a annoncé que des diplomates scandinaves se trouvaient à Caracas pour « se mettre à jour sur la situation sanitaire et politique du pays. »

 

Le président vénézuélien a également déclaré que Jorge Rodríguez est en train de discuter, il les a reçus et maintenant il coordonne ce qui était resté en suspens concernant les Norvégiens. »

 

Ceux d'alors sont-ils encore les mêmes ?

 

Il y a plus de 105 groupes politiques autorisés à participer aux élections. Guaidó continue à réclamer plus de sanctions internationales et le président Maduro, qui prévient que les États-Unis sont derrière ces faits, affirme que « le Venezuela ne sera une colonie de personne, ni de l'empire yankee ni d'aucun empire européen. »

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.telesurtv.net/telesuragenda/venezuela-elecciones-parlamentarias-partidos-oposicion-cne-20200805-0061.html

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/08/venezuela-elections-legislatives.html