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Amérique Latine : Notre Amérique et Pompeo : Les rapports sur les droits de l’homme et la tournée

27 Septembre 2020, 17:20pm

Publié par Bolivar Infos

Par Pablo Jofre Leal

 

Le rôle tenu par une grande partie des Gouvernements latino-américains qui, sans faire aucune critique, sont témoins d’une tournée du secrétaire d’Etat nord-américain Mike Pompeo, destiné à menacer le Suriname, à préparer des coups d’Etat contre le Venezuela tout en donnant leur aval à un rapport sur les droits de l’homme élaboré par des groupes pro-putschistes qui le condamne est honteux mais pas surprenant.

 

Cette conduite des gouvernements, en particulier des Gouvernements sud-américains, sans exception, est un aval au périple de Pompeo, mandaté par Donald Trump, à quelques semaines des élections présidentielles aux Etats-Unis, qui exprime ainsi l’idée qu’il peut provoquer des effets politiques et communicationnels qui lui permettraient de réduire l’écart qu’il a dans les sondages avec son rival démocrate Joe Biden. A l’idée de valider cet objectif s’ajoute l’idée de favoriser le rapprochement entre les monarchies arables et le sionisme, de poursuivre sa guerre commerciale avec la Chine, de faire pression sur ses partenaires européens et en particulier sur l’Allemagne, pour qu’elle mette un frein à ses projets énergétiques avec la Russie. Tout cela fait partie de cette stratégie mondiale de l’impérialisme dans laquelle la déstabilisation du Venezuela a une importance particulière dans la politique mis en place envers l’Amérique Latine pour tenter de provoquer une renaissance trumpienne de de la Doctrina Monroe.

 

Le rafistolage appelé rapport

 

Avant le voyage de Pompeo, a été révélé un rapport sur les droits de l’homme au Venezuela. Un document élaboré sous le couvert de soi-disant « experts » liés au Groupe de Lima et aux Etats-Unis qui ôte de la crédibilité à des démonstrations qui requièrent un haut degré de professionnalisme ainsi qu’un regard large, une information générale et pas qu’on élabore, comme on l’a fait ici, un écrit sans aucune rigueur. Le sujet des droits de l’homme mérite tout cela et aussi qu’un travail sur le terrain soit effectué, un élément absent de ce travail qui fait partie de l’ordre du jour de déstabilisation de Washington.

 

Cette situation a réveillé, non seulement l’indignation logique du Gouvernement présidé par Nicolás Maduro, mais aussi celle des organisations de défense du processus révolutionnaire vénézuélien et des institutions qui se consacrent à la promotion des droits de l’homme qui considèrent que ce rapport cause de très graves dommages au système multilatéral.

 

Un rapport sans professionnalisme dont la véracité est discutable du début à la fin qui n’applique pas les principes de base : objectivité, impartialité et non sélectivité. Selon les déclarations de l’un des membres du groupe qui a élaboré le rapport, Paul Seils, le groupe « d’experts » ne s’est pas rendu au Venezuela, n’a pas eu d’entrevues avec les autorités, n’ont pas fait ce qu’on appelle un travail de terrain.

 

L’association vénézuélienne des juristes présidée par l’avocate et activiste des droits de l’homme des femmes Gisela Jiménez Aranguren qui représente aussi l’organisation « genre et classe » a critiqué la partialité de ce rapport et de ses membres ainsi que le fait qu’il fait double usage car la haute commissaire aux droits de l’homme de l’ONU travaille parallèlement. Ces derniers jours, elle a publié une « actualisation orale sur la situation des droits de l’homme en République Bolivarienne du Venezuela » dans laquelle elle a salué et validé les avancées dans la collaboration, le dialogue et la médiation concernant la situation du pays.

 

Les conclusions du groupe de « voyants » parmi lesquels se trouve Francisco Cox Vial  ont été élaborées à partir de 200 interviews faites à l’étranger et de l’utilisation de documents remis par les groupes, les mouvements et les partis qui se sont consacrés à essayer de renverser le Gouvernement vénézuélien. Qu’espéraient-ils que diraient ces interviews ? Cette conduite, peu professionnelle et provocatrice, met en doute la méthode utilisée et nous alerte sur la nécessité d’être rigoureux avec ce qui doit être rendu public ensuite et sert d’aval à la condamnation du Venezuela.

 

Ce document, émanant d’une mission internationale soi-disant indépendante dans lequel on accuse le Gouvernement vénézuélien de « crimes contre l’humanité » met en évidence une tendance marquée. Un biais avec des intentions de déstabilisation évidentes qui n’est mis en œuvre contre aucun des pays qui sont accusent habituellement le Venezuela comme la Colombie. Un pays où les crimes contre les dirigeants syndicaux, les indigènes, les paysans, les combattants qui respectent le plan de paix, entre autres, font des centaines de morts chaque année de la main du narco-Etat colombien qui, étant un allié inconditionnel et soumis des Etats-Unis, est sûr de jouir de l’impunité (ce n’est pas un hasard s’il y a 7 bases militaires étasuniennes en territoire colombien qui servent à la guerre hybride contre la Révolution Bolivarienne.)

 

Ajoutons le cas du Chili, plongé dans une grave crise politique, sociale et économique, sur lequel il existe des rapports concernant les droits de l’homme qui pointent la responsabilité du multimillionnaire président Sebastián Piñera, non seulement dans la répression des peuples originaires mais aussi dans les morts, les blessures aux yeux de centaines de Chiliens dont beaucoup ont perdu totalement la vue à cause de l’utilisation sans distinction de plombs de chasse, de balles et de bombes lacrymogènes contre les manifestants qui, depuis le 18 octobre 2019, se révoltent pour exiger des changements essentiels : sociaux, politiques et économiques dans le pays. Tous ces rapports ont été discrédités par la droite chilienne, le silence d’une grande partie des partis d’opposition et n’ont suscité aucune discussion au sein de l’OEA ou dans les médias mais quand il s’agit du Venezuela, ils le mettent au menu des analyses et ils le dissèquent tous les jours. C’est de la chair fraîche pour les programmes télévisés et cela permet aux Caton de la politique d’envoyer au coin tous ceux qui se présentent comme progressiste. Pure hypocrisie, double critère inacceptable.

 

Le rapport de l’ONU sur le Chili, 2 mois après l’explosion sociale, dit, par exemple, que la police militaire chilienne (les Carabiniers) a agi avec brutalité et qu’elle doit être réformée. Ce rapport a été réalisé après une visite de 2 semaines d’une délégation officielle, pas d’un groupe qualifié d’indépendant qui a interrogé des fonctionnaires du Gouvernement, des institutions de l’Etat et également l’opposition. Le 13 décembre 2019, le bureau de la haute commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a remis son rapport. 2 autres avaient été réalisés par le mouvement des droits de l’homme, l’un par Amnesty International, l’autre par Human Rights Watch et le Comité Interaméricain des droits de l’homme (CIDH) en avait aussi réalisé un. Cet organisme avait qualifié les violations des droits de l’homme de la population chilienne de « violations graves, massives et répétées dans le temps. » Mais le Gouvernement chilien et ses chantres continuent à regarder la paille dans l’œil du Venezuela.

 

Il est évident que le rapport sur le Venezuela répond à la politique d’ingérence des Etats-Unis, du Groupe de Lima et de l’Organisation des Etats américains dont le secrétaire général, ancien militant du Front Large uruguayen, Luis Almagro, est devenu maintenant le plus grand activiste anti-vénézuélien. Toute une pléiade d’acteurs qualifiés de putschistes se consacrent à essayer de mettre en place une possibilité pour l’opposition après l’échec de l’auto-proclamation de Juan Guaidó. Un rapport qui fait partie de la stratégie de déstabilisation mise en place par Washington. Une manœuvre qui, en utilisant les médias de désinformation sur lesquels comptent les ennemis du Venezuela, ont même réussi à faire assumer entièrement ce rapport  à des secteurs habituellement considérés comme « progressistes » sans remettre en question si peu que ce soit la forme et le fond de ce bricolage. Ce n’est pas un rapport issu du bureau de la haute commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

 

C’est une commande pour le Conseil des Droits de l’Homme faite à 3 avocats de pacotille qui, à. Leur tour, ont délégué à des sous-traitants panaméens la tâche d’enquêter, d’examiner et de prouver les accusations contre le Venezuela de l’étranger. La particularité de ce travail est rapportée dans ce rapport où on signale que « le 2 décembre 2019, le président du Conseil des Droits de l’Homme a nommé Marta Valiñas du Portugal, Paul Seils du Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord et Francisco Cox du Chili, membres de la mission de détermination des faits. Mme Valiñas a été désignée pour en être la présidente. La mission de détermination des faits était aidée par un secrétariat de 13 fonctionnaires qui avait son siège dans la ville de Panamá et était composé d’un coordinateur, des enquêteurs en droits de l’homme, des conseillers juridiques et de genre, des experts militaires, des experts en technologie digitale et des fonctionnaires de la sécurité, de l’administration et de présentation des rapports. »

 

Cox et sa confrérie ont affirmé qu’ils avaient dû faire leur travail en télétravail – plus confortable dans des bureaux climatisés avec du café en grains et sans présence non souhaitée. Une décision prise parce que, soi-disant, le Gouvernement vénézuélien n’avait pas répondu à leurs demandes d’entrée alors que nous savons bien qu’il y a des mois que les aéroports internationaux sont fermés au trafic aérien avec une grande partie de la planète et qu’une grande partie du monde n’autorise pas l’entrée pour parcourir le pays à cause de la pandémie. Que cherchaient Cox et les siens ? Entrer au Venezuela en pleine pandémie et faire leurs interviews avec la distance sociale et une quarantaine à la suite quand ils seraient rentrés dans leurs pays d’origine ? Le toupet de Cox transformé en rock star des droits de l’homme, est destiné à justifier son télétravail en soutenant que le Venezuela ne leur a jamais répondu ou proposé aucune autre solution. La question est : Qui allait y entrer, eux ou les sous-traitants bien rémunérés qui se consacraient au copier/coller ?

 

Mais les médias de désinformation et de manipulation répètent les arguments hégémoniques sans même rougir. Qui a payé les salaires des sous-traitants panaméens ?   Qui a écrit le scénario pour mener à bien les interviews virtuelles, y compris celle de l’ex-général Cristopher Figuera, impliqué dans la tentative de coup d’Etat avec les dirigeants d’extrême-droite Leopoldo López et Juan Guaidó. Un général qui a fui et a été accueilli cordialement par le Gouvernement des Etats-Unis ? Une déclaration qui, n’a pas valeur de preuve dans n’importe quelle partie du monde.

 

Si on peut reconnaître quelque chose ç l’extrême-droite latino-américaine, c’est que ses campagnes de terreur, soutenues par 99% des médias de désinformation et de manipulation, parviennent à faire se joindre à elles même les voix accommodantes et lâches de ceux qui se disent progressistes et qui parfois ont levé les drapeaux de la lutte sociale et de la défense de l’autodétermination des peuples, de la non-ingérence dans les affaires internes des Etat et du respect de la souveraineté. Un secteur de pseudo-progressistes incapables d’élever la voix en faveur d’un pays et d’une société agressés comme le Venezuela par des sanctions, des embargos, des blocus, le vol de ses richesses, entouré de bases militaires, agressé par des actes militaires venant de Colombie, par un blocus naval face à ses côtes.

 

Au Chili, ces individus néfastes, cette alliance entre droite et gauche dont souvent nous qualifions les premiers de fascistes de la pire espèce et les seconds de privilégiés, ont l’habitude de vociférer à propos du rapport sue le  Venezuela mais se sont tus abominablement à propos des 5 rapports de l’ONU sur les droits de l’homme (Amnesty International, Human Rights Watch et le bureau même de la haute commissaire de l’ONU aux droits de l’homme) qui reconnaissent des violations systématiques du Gouvernement de Piñera et des agents de l’Etat de la population chilienne.

 

Les rapports qui condamnent sont là et cette caste politique pourrie ne dit rien et n’exige pas que l’ex-ministre de l’Intérieur, Andrés Chadwick, les hauts gradés de la police militaire soient traduits devant un tribunal international pour qu’ils répondent de leurs crimes et des violations des droits de l’homme qualifiées de « graves, massives et répétées dans le temps. » Il est symptomatique que l’avocat chilien Francisco Cox qui remet un rapport qui condamne le Venezuela, quand il s’agit du Chili, déclare : « Je ne crois pas qu’il y ait une responsabilité internationale du l’Etat du Chili dans les violations des droits de l’homme survenues dans le cadre de l’explosion sociale qui a débuté le 18 octobre dernier. » Dans son rapport sur le Venezuela, Cox et les siens accusent le Gouvernement vénézuélien de nombreux actes de torture comme des  passages à tabac, des asphyxies à l’aide d’eau ou de produits toxiques, des violences sexuelles, des mutilations, des décharges électriques et différentes tortures psychologiques. Peut-être Cox devrait-il préciser si c’est un copié/collé de l’un des 5 rapports sur les événements du Chili ou simplement si cela fait partie d’un double critère professionnel.

 

Source Telesur

 

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/09/22/nuestramerica-mike-pompeo-sobre-informes-de-dd-hh-y-gira-imperial-parte-i/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/09/amerique-latine-notre-amerique-et-pompeo-les-rapports-sur-les-droits-de-l-homme-et-la-tournee.html