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Venezuela: De la République Dominicaine, à la Norvège et à la  Barbade, la table de dialogue

19 Septembre 2020, 16:31pm

Publié par Bolivar Infos

Ce serait une erreur de penser que nous sommes arrivés à cette étape de recomposition et de remise en ordre politique de façon spontanée et tout d’un coup comme si les mesures qui tranchent l’imbroglio des institutions dont le Venezuela souffre en ce moment n’avaient pas été mises sur les différentes tables de dialogue les années précédentes.

 

Ces rondes de négociations ont été, pour la plupart, directement sabotées par le Gouvernement étasunien qui a l’habitude de traiter l’opposition vénézuélienne comme un commissionnaire sans autonomie. Mais, nous le savons, seule une partie des dirigeants anti chavistes est disposée à suivre les desseins de la politique étrangère de la Maison Blanche, quel qu’en soit le locataire.

 

En revenant succinctement sur les différentes occasions où le Gouvernement chaviste et les dirigeants de l’opposition vénézuélienne ont pris le chemin du dialogue pour tenter de résoudre les conflits qui semblaient insolubles, nous pouvons voir que la grâce accordée par le Président à plus de 100 personnalités politiques en prison ou en fuite à l’étranger en plus de la mise en place de certaines garanties électorales négociées entre les 2 secteurs, se trouve déjà dans l’ordre du jour destiné à lever les obstacles mis au point dans d’autres instances antérieurement.

 

Le dialogue 

 

Il a suffi d’un coup de téléphone du Département d’État, à ce moment-là dirigé par Rex Tillerson pour que l’opposition quitte début 2018 la table de négociations en République Dominicaine à laquelle on était arrivé à un accord de principe sur des sujets qui seraient élaborés ensuite.

 

Cela comprend la libération de nombreuses personnalités politiques arrêtées pour avoir participé à des actions de déstabilisation de la République lors des troubles de 2014 et de 2017, libération annoncée en décembre comme preuve de bonne foi par le Gouvernement de Nicolás Maduro pour que le dialogue puisse continuer.

 

Mais les Etats-Unis avaient d’autres plans qui n’avaient rien à voir avec la stabilité du   Venezuela.  Bon, les actions du Gouvernement Trump n’ont fait qu’aggraver la situation non seulement politique et institutionnelle de la République Bolivarienne mais aussi sa situation économique, sociale et la mobilité de la population.

 

Il faut souligner que cette ronde de dialogues en République Dominicaine, sous les auspices du président Danilo Medina et avec la médiation de l’ex-premier ministre espagnol  José Luis Rodríguez Zapatero  a été l’endroit où la période  de guarimbas de 2017  s’est achevée.  Cette table de négociations avait pour but de diriger les agents qui s’affrontaient vers la politique.

 

  Les fruits du dialogue en République Dominicaine seront récoltés par la suite comme nous allons le voir.

 

 Oslo et les Barbades   

 

L’auto-proclamation de Juan Guaidó comme « président par intérim » du Venezuela en janvier 2019, sa reconnaissance par les Etats-Unis et quelques dizaines de pays dont les Gouvernements tournent autour des intérêts géopolitiques et économiques de Washington a accéléré le conflit entre les parties, l’une réclamant le droit légitime à gouverner avec al légitimité que donne le vote du peuple, l’autre cherchant à mettre en place un « changement de régime » qui a été un échec retentissant.

 

Avec Guaidó (et Leopoldo López comme principal mentor), la guerre économique, financière et commerciale s’est renforcée envers le pays grâce à des mesures coercitives unilatérales mises en place par le Gouvernement de Donald Trump. Den plus, son image largement médiatisée et par conséquent capable de bl          nchir et de justifier la politique étasunienne envers la République Bolivarienne a servi de rideau de fumée aux plans de déstabilisation, aux tentatives de coup d’Etat et aux incursions armées (ratées) sous prétexte de remplacer le Gouvernement chaviste par le faux intérimaire.

 

Le casse-tête institutionnel causé par la prérogative anti chaviste de miner le Gouvernement  de Nicolás Maduro a été créé pour qu’une fois de plus, les 2 parties s’assoient à une table de dialogue pour êter les obstacles politiques.

 

C’est dans ce contexte qu’a été créé le Groupe de contact Internatioanl, héritier de ce qu’on appelle le mécanisme de Montevideo grâce auquel plusieurs Gouvernements d’Amérique Latine et d’Europe ont facilité un rapprochement entre Gouvernement et opposition. Mais il n’a pas réussi à avoir vraiment du souffle bien que surtout le Gouvernement du Mexique présidé par Andrés Manuel López Obrador ait encouragé haut et fort le dialogue entre Vénézuéliens.

 

Enfin, ils  se sont assis à Oslo, la capitale de la Norvège dont le Gouvernement a favorisé le rapprochement  entre janvier et mai 2019 sans donner de détails sur les réunions à la demande des 2 parties.

 

Les rondes se sont poursuivies sur l’île caribéennes de la Venezuela de la Barbade entre juillet et septembre jusqu’à ce que Juan Guaidó ait décidé (ou plutôt ait été obligé de décider) de quitter la table en septembre 2019 en alléguant que ce mécanisme était « arrivé à épuisement. »

 

Un peu plus tôt, en août 2019, les négociateurs chavistes ne s’étaient pas présentés à la Barbade à cause du renforcement par le Gouvernement Trump de la guerre économique grâce à l’embargo total sur l’économie vénézuélien n e et à ce qu’on appelle les « sanctions secondaires » dont il menaçait les compagnies étrangères qui faisaient des affaires avec le Gouvernement vénézuélien.

 

L’opposition n’étant pas de « bonne foi » et n’ayant pas l’intention de soutenir la suppression des mesures coercitives unilatérales, le Gouvernement de Maduro a ainsi manifesté son mécontentement.

 

Une fois de plus, aussi bien pour l’aile extrémiste de l’anti chavisme que pour le Gouvernement étasunien, la pression sur Guaidó a été plus efficace que les tentatives de déstabilisation politique et de déstabilisation des institutions du Venezuela.

 

 

Tout cela a poussé l’anti chavisme à chercher, alors, à se tourner vers d’autres acteurs qui étaient éloignés ou s’étaient ouvertement éloignés de la stratégie étasunienne. C’est là qu’ils sont entrés à la table de dialogue national. Nous en voyons les conséquences aujourd’hui.

 

Signature d’accords et conséquences du dialogue

 

Alors que l’ordre du jour anti chaviste était centré sur la rhétorique et les actions  de Guaidó et de son équipe en plus des embrouilles étasuniennes contre le Gouvernement Bolivarien, ce dernier signait des accords destinés à démêler la situation problématique au sein de l’Etat vénézuélien.

 

C’est ainsi qu’a été installée publiquement la table de dialogue national toujours en vigueur.

 

Le 16 septembre 2019, lors d’une session télévisée, les représentants du chavisme Delcy et Jorge Rodríguez, Aristóbulo Istúriz, Jorge Arreaza et les représentants de l’opposition Timoteo Zambrano, Claudio Fermín, Luis Augusto Romero, Felipe Mujica et Leopoldo Puchi ont signé conjointement un document dans lequel ils indiquaient 6 décisions :

 

- Libération des personnalités politiques emprisonnées sur recommandation de la commission de la vérité

- Election d’une nouvelle direction du Conseil National Electoral

- Défense de l’Esequibo en tant que territoire vénézuélien

- Retour des députés du Grand Pôle Patriotique à l’Assemblée Nationale

- Dénonciation et levée des mesures coercitives unilatérales

- Application du programme pétrole contre nourriture et médicaments sous les mécanismes établis par les Nations Unies

 

Le président Maduro a expliqué que le dialogue entre les 2 parties a réussi grâce aux bons offices du Gouvernement norvégien qui a été un acteur très important pour l’obtention de cet accord.

 

Parmi les autres acteurs internationaux importants, il y a le Vatican qui a traditionnellement fait fonction de médiateur et de facilitateur des dialogues et au Venezuela, Stalin González a été un coordinateur important surtout pendant que les dialogues se déroulaient en Norvège et à la Barbade et a fini par démissionner du parti « Un nouveau temps » ainsi que l’ancien candidat à la présidence Henrique Capriles Radosnki.

 

Les 6 points décidés il y a presque 1 an ont été mis en application et ont stimulé le calendrier électoral des prochaines élections législatives qui ont été annoncées en mars de cette année.

 

C’est ce qui a provoqué la décision d’accorder une grâce présidentielle massive  et d’activer les mécanismes qui garantissent les agranties électorales négociées pendant des mois et des années pour en arriver à cette situation dans laquelle on commence à voir venir, enfin, un rapide rétablissement des institutions et de la politique comme outil destiné à résoudre le conflit vénézuélien.

 

Pendant ce temps, les Etats-Unis et leur dauphin  Juan Guaidó cherchent à saboter les élections législatives du 6 décembre en alléguant que « les conditions ne sont pas réunies » pour les mener à bien alors même que l’ordre du jour du dialogue dit qu’on est en train de construire un scénario dans lequel il sera possible d’élire une nouvelle Assemblée Nationale qui représente les véritables intérêts de la population vénézuélienne et non les intérêts du Nord.

 

Source Mission Vérité

 

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/09/04/venezuela-de-republica-dominicana-noruega-y-barbados-a-la-mesa-de-dialogo-nacional-un-repaso/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/09/venezuela-de-la-republique-dominicaine-a-la-norvege-et-a-la-barbade-la-table-de-dialogue.html