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Pérou : Ántero Flores-Aráoz, un premier ministre de la pire droite

13 Novembre 2020, 18:14pm

Publié par Bolivar Infos

Par Lucero Ascarza

 

Ántero Flores-Aráoz est le nouveau président du Conseil des Ministres après la coup d’Etat du Congrès. Wayka revient ici sur la constante opposition de l’ex-ministre du Gouvernement apriste à la réforme universitaire.

 

« Une régulation ou un contrôle et une entité extra-universitaire sont évidemment anticonstitutionnels » disait l’avocat Ántero Flores-Aráoz lors d’une interview télévisée en 2014, l’année pendant laquelle a été promulguée la nouvelle loi sur l’université.

 

Depuis, l’ex-ministre de al Défense du Gouvernement d’ Alan García actuellement premier ministre n’a pas cessé d’exprimer son opposition à la réforme universitaire et au travail de l’Inspection Nationale de l’Education supérieure Universitaire (SUNEDU).

 

Surtout, sur la liste des 17 institutions dont la licence a été refusée par la SUNEDU figurent des institutions qui lui ont accordé le titre honorifique de docteur Honoris Causa. L’une d’elles est même représentée par son étude d’avocats.

 

Liens avec Telesup et Ailes Péruviennes

 

Récemment, le premier ministre Ántero Flores-Aráoz est redevenu avocat pour « la deuxième fois » pour les universités dont la licence a été refusée par la SUNEDU. Une position discutable étant donné sa proximité avec l’un de ces centres d’études.

 

La Université Privée Telesup, de José Luna Gálvez, a accordé le titre de docteur Honoris Causa à Ántero Flores-Aráoz en 2019. en plus, elle est cliente de son étude. En effet, cette étude représente Telesup dans la procédure de protection qui a été ouverte pour éviter sa fermeture.

 

Selon Flores-Aráoz, il n’a rien à voir avec un procès ou une défense de Telesup mais il est évident que les propositions du nouveau premier ministre bénéficieront principalement à cette institution sans licence.

 

D’autre part, l’Université Ailes Péruviennes (UAP), une autre institution à laquelle on a ordonné de fermer ses portes, a accordé le titre de docteur Honoris Causa à Ántero Flores-Aráoz en 2005, quand il était président du Congrès. Et il faut souligner que le recteur de l’UAP, Fidel Ramírez, a reçu la décoration «Francisco Bolognesi» de l’Armée péruvienne quand Ántero Flores-Aráoz était ministre de la Défense.

 

La défense des institutions sans licence

 

En août 2019, pendant la cérémonie d’ouverture d’un nouveau cycle à l’Université Particulière de Chiclayo (UDCH), Ántero Flores-Aráoz s’est adressé aux étudiants :

 

« La SUNEDU n’est pas simplement destinée à être le fossoyeur des universités. Ce n’est pas un fossoyeur, ce doit être un facilitateur (…) Enfin, les décisions ne sont pas toujours justes, alors, il faut lutter pour qu’on revienne sur  les décisions injustes, » a déclaré l’avocat au milieu des applaudissements. « Et je pense que si nous avons raison devant la justice, alors, nous y arriverons. Cette université a tous les mérites pour pouvoir le faire. »

 

A peine 1 mois auparavant, la SUNEDU avait émis une résolution refusant la licence à l’UDCH. « On peut estimer que l’université présente des faiblesses dans sa gestion institutionnelle et dans son enseignement étant donné qu’elle n’a pas d’objectifs institutionnels définis ni de proposition éducative consistante et claire, » indique le document. L’absence de laboratoires spécialisés, d’ateliers, de promotion de la recherche et un enseignement plat en permanence ont été d’autres facteurs.

 

Flores-Aráoz n’a rien mentionné de tout cela dans sa soi-disant institution que, comme il l’a dit, il patronne depuis des années. Ce n’est pas la seule institution à laquelle on a refusé sa licence dont il a été proche. Des photos trouvées par Wayka révèlent la participation d’Ántero Flores-Aráoz à des événements et des cérémonies de l’Université Péruvienne Las Américas et de l’Université Péruvienne Simón Bolívar.

 

Flores-Aráoz a aussi reçu la reconnaissance de l’association des Universités du Pérou (ASUP), qui s’est formée en 2014 en tant qu’entité critique de la loi sur les universités. Sur une photo, on voit l’actuel président de l’ASUP, Iván Rodríguez, ex-président de la défunte Assemblée Nationale des Recteurs (ANR), lui remettre un diplôme. Comme on le sait, Ántero Flores-Aráoz a été le représentant légal de l’ ANR,l’entité qui a été remplacée par la SUNEDU.

 

source : Wayka.pe

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/11/12/peru-antero-flores-araoz-recibio-doctorado-honoris-causa-de-telesup-y-alas-peruanas/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/11/perou-antero-flores-araoz-un-premier-ministre-de-la-pire-droite.html