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Cuba : Le mouvement San Isidro et une tentative de coup d’Etat pas si doux que ça

14 Décembre 2020, 18:00pm

Publié par Bolivar Infos

Les tactiques du Gouvernement des Etats-Unis pour attaquer les Gouvernements qui n’agissent pas selon les règles qu’il impose sont multiples. En particulier, il a développé une forte capacité à capter le mécontentement de certains secteurs de la société et à miner la paix sociale avec des révolutions de couleur ou des méthodes identiques qui finissent en « coups d’Etat doux » quand on le leur permet.

 

Dans la cas  de Cuba, il semblerait qu’il existe quelque chose de plus qu’une révolte d’artistes et d’intellectuels. Voici les faits :

 

Explosions contrôlées de loin

 

Pendant la nuit du jeudi 26 novembre, la police de Cuba a délogé 14 jeunes dont 6 réalisaient une grève de la faim et un sit-in depuis une semaine pour exiger que le Gouvernement libère le rappeur Denis Solís González, l’un des membres de ce qu’on appelle le mouvement San Isidro (MSI).

 

Selon les médias hégémoniques, les services de réseaux sociaux, qui sont le principal canal d’information utilisé par ces groupes,  ont été suspendus temporairement sur l’île pendant l’opération de police. ensuite le site Raisons de Cuba a indiqué qu’il s’agissait d’une action des autorités sanitaires cubaines destinée à confirmer la violation du protocole sanitaire dû à la pandémie par les voyageurs étrangers.

 

C’est un citoyen cubain résidant au  Mexique du nom de Carlos Manuel Álvarez Rodríguez qui a violé ce protocole en décidant d’aller dans ce logement  après être entré à Cuba par l’Aéroport Internacional José Martí et avoir déclaré une autre adresse de destination.

 

Face à son refus de respecter les mesures préventives qui s’appliquent aux personnes en provenance de l’étranger, la police nationale révolutionnaire a expulsé les personnes qui se trouvaient sur place.

 

Depuis le 18  novembre, un groupe de Cubains qui se consacraient à des activités artistiques faisaient une grève de la faim (au début, certains faisaient aussi la grève de la soif)  dans un appartement à moitié effondré dans la vieille Havane.

 

Solís González, arrêté le 9 novembre et condamné le 11 à 8 mois de prison pour le délit de désobéissance, est le membre du mouvement San Isidro qu’on voit sur une vidéo en train d’insulter un policier qui lui avait donné rendez-vous personnellement à sa résidence après qu’il ait refusé de se rendre à une convocation de la police.

 

Il avait déjà reçu plusieurs amendes administratives pour troubles à l’ordre public et 2 avertissements officiels pour harcèlement du tourisme. Le délit de désobéissance est prévu dans l’article 144.1 du Code Pénal. L’activiste, qui a crié que Trump était son président et qu’il était devenu « dissident », a accepté les charges et n’a pas fait appel.

 

La protestation des artistes du vendredi 27 a été considérée comme la plus importante contre la Révolution cubaine enregistrée sur l’île depuis 1959. Un groupe disparate d’environ 300 personnes, des   jeunes pour la plupart, dont une partie, au début,  s’est solidarisée avec le mouvement, s’est réuni devant le ministère de la Culture pour protester contre l’expulsion forcée des membres du  mouvement San Isidro.

 

Des représentants des manifestants ont été reçus par les autorités et ils ont obtenu une série d’accords parmi lesquels l’ouverture d’un canal de dialogue qui comprendrait une réunion avec Alpidio Alonso Grau, ministre de la Culture, la semaine suivante.

 

Réactions face au reality show

 

Ce samedi, Timothy Zúñiga-Brown, chef de la mission diplomatique des Etats-Unis à  La Havane a été convoqué par le Gouvernement cubain qui lui a signifié sa désapprobation du soutien qu’il a apporté au mouvement San Isidro.

 

Dans une note publiée sur la page officielle de la chancellerie cubaine, on a appris qu’il s’était rendu personnellement dans le logement du quartier historique de  San Isidro, à La Havane « où se déroulait une provocation politique et sociale » et qu’il avait fait monter dans sa voiture plusieurs activistes et que tout cela représente « de graves violations » de ses fonctions en tant que diplomate et chef de mission.

 

Le communiqué ajoute qu’il s’agit d’une « ingérence flagrante dans les affaires intérieures de Cuba, d’une provocation et de violations incontestables de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. » Le chancelier cubain a demandé au diplomate étasunien de transmettre à son Gouvernement sa désapprobation. Il a aussi déclaré : « Cuba ne permet pas aux Etats-Unis ni à aucun Etat, de s’ingérer dans les affaires intérieures du pays. »

 

Le chancelier cubain ne s’est pas limité à remettre une plainte officielle à Washington, il a également accusé le Gouvernent étasunien de financer, d’orienter et d’inciter des groupes d’opposants sur l’île à défier l’autorité du Gouvernement aussi bien pacifiquement que par la violence. »

 

Le président de Cuba, Miguel Díaz-Canel Bermúdez, a dénoncé le dimanche 29 la manipulation de ce qu’on appelle le mouvement San Isidro qu’il a qualifié de « farce » par les médias  et a ajouté que Cuba n’admet « ni ingérences, ni provocations ni manipulations. »

 

« Ceux qui ont conçu la farce  de San Isidro se sont trompés de pays, se sont trompés d’histoire et se sont trompés de forces armées, » a-t-il affirmé sur Twitter tout en condamnant dans un autre message la participation du Gouvernement des Etats-Unis à ces faits:

 

« La farce  de San Isidro. Les liens et l’accord de ce qu’on appelle le mouvement San Isidro avec des fonctionnaires du Gouvernement des Etats-Unis chargés de s’occuper et de ravitailler sa base opérationnelle à Cuba n’est pas du tout une invention. » Et il ajoute  que « notre peuple a tout le courage et le moral pour soutenir une bataille pourle cœur de Cuba, » en évoquant un « groupe occupé à blesser le pays. »

« San Isidro, un reality show de l’Empire. Le spectacle de l’Empire destiné à détruire notre identité et à nous soumettre à nouveau. Tous ces plans ont échoué, » a-t-il souligné.

 

Le vendredi 4 décembre, le Gouvernement de Cuba a annoncé qu’il considérait le dialogue avec les artistes qui avaient organisé la protestation en soutien au mouvement San Isidro comme rompu. « Ceux qui ont demandé le dialogue ont rompu le dialogue, » indique un communiqué officiel qui dit : « Le ministre de la Culture ne rencontrera pas des gens qui ont un contact direct et reçoivent un financement, un soutien  logistique et un soutien publicitaire du Gouvernement des Etats-Unis et de ses fonctionnaires. »

 

Pièces clefs pour un coup d’Etat doux ?

 

Alors que depuis plus d’un demi-siècle, la Révolution cubaine affronte des mesures imposées par les Etats-Unis qui menacent la santé et l’alimentation de la population, le plus remarquable, dans la concentration de 300 personnes, c’est qu’elles manifestaient de l’inquiétude pour la santé des « grévistes de la faim. »

 

Le fait que ce groupe dissident porte le nom d’un quartier de la Vieille Havane qui a été transformé en « zone de tolérance » où, selon ce qu’écrivait Raúl Antonio Capote dans le journal Granma, les marins étasuniens allaient « chercher le divertissement et le sexe bon marché avant la Révolution cubaine » mais qui, aujourd’hui, possède 14 centres médicaux, une clinique de médecine traditionnelle, une clinique vétérinaire, 3 crèches, 1 jardin d’enfants et 4 écoles est symbolique.

 

Ce sont des pièces clef dans un casse-tête de sanctions et de sabotage avec de hauts niveaux de financement dans lesquels les dirigeants empochent des millions tandis que les acteurs reçoivent des miettes. Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Solís González en personne reconnaît avoir des liens avec Jorge Luis Fernández Figueras, accusé par la justice cubaine d’appartenir aux Loups solitaires, un groupe terroriste situé à  Miami. Celui-ci aurait promis de lui envoyer 200 $ s’il suivait ses instructions. « Ce qui m’intéressait, c’était l’argent, » affirme Solís.

 

Le dirigeant du mouvement San Isidro Luis Manuel Otero Alcántara a été accusé de provocations et d’actes insultants envers le drapeau cubain sous la protection de Mara Tekach, la précédente chargée d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis à La Havane . De plus, il sympathise ouvertement avec des membres du Congrès étasunien qui ont demandé plus de blocus contre le peuple de Cuba. Il a été arrêté à des occasions précédentes, ce qui a suscité des réactions même du chanteur Silvio Rodríguez.

 

L’un des membres du mouvement San Isidro a salué lors d’une émission en direct William González Cabrera, responsable du financement des tentatives d’incendie d’une cafétéria, d’un magasin de coiffure et d’une cave, et un autre membre du groupe qui a posé des questions sur des actions qui devaient se réaliser avec des cocktails Molotov.  Il se consacre, ainsi que d’autres groupes de Miami, à engager des mercenaires sur les réseaux sociaux.

 

Le  mouvement San Isidro a reçu le soutien de Michael Kozak, sous-secrétaire par intérim du bureau des affaires de l’hémisphère occidental du département d’Etat des Etats-Unis et fervent partisan du blocus et de l’interdiction des envois d’argent et du sénateur de la Floride, Marco Rubio, bien connu pour son passé anti-cubain.

 

De même, l’ineffable Luis Almagro, secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains (OEA), n’a pas tardé à manifester son soutien à cette nouvelle campagne suprématiste et extrémiste de la droite de l’hémisphère.

 

Le journaliste Iroel Sánchez rapporte qu’en février 2005, alors qu’il attendait d’être reçu par le président  des Etats-Unis de l’époque, George W. Bush, le dirigeant d’OTPOR, Ivan Markovik, avait manifesté son intention d’organiser à Cuba une révolution de couleur.

 

 

Sánchez rappelle aussi qu’ en 2011, Wikileaks avait révélé 2 câbles secrets de la Section des Intérêts Nord-américains à La Havane qui prouvaient les intentions du Gouvernement des Etats-Unis de provoquer une révolution de couleur à Cuba en manipulant de jeunes artistes et des étudiants.

 

Un câble, daté de novembre 2006 fait référence à des groupes de jeunes qu’elle a réunis pour parler du « rôle des jeunes du groupe OTPOR (« résistance ») pour précipiter le changement grâce à des réunions, des mobilisations et au sarcasme.

 

Un autre, daté  d’avril 2015, parlait des tensions entre « les organisations de dissidents historiques » et les générations de jeunes composées « de blogueurs, de musiciens, d’acteurs et d’artistes appartenant aux arts plastiques n’appartenant pas à des organisations identifiables. »

 

Sanctions, désinformation et sabotage pour semer la terreur

 

Une autre des « revendications » énoncées par le  mouvement San Isidro est la suppression des magasins en monnaie librement convertible. Ce sont des établissements commerciaux dont le but est de capter les devises qui circulent parmi la population à cause des difficultés économiques créées par le coronavirus et plus encore à cause de l’intensification depuis  2019 des mesures coercitives unilatérales mises en place par les  Etats-Unis : en particulier des mesures qui ont conduit à la fermeture de plus de 400 agences qui recevaient les envois d’argent en devises.

 

Bizarrement, ceux qui font cette revendication ont acheté des aliments en provenance de l’étranger dans ces magasins grâce à une plate-forme en ligne alors qu’ils étaient soi-disant en grève de la faim et de la soif…

 

Les attaques contre ces magasins sont encouragées et mises en avant comme des trophées par la presse de Miami  dont l’intérêt est d’augmenter le mal-être provoqué par le blocus qu’ils ont mis en place. D’autre part, isl ont qualifié les magasins en devises « d’apartheid économique » ou d nouvelle période spéciale.

 

Cuba et les  Etats-Unis ont à nouveau des relations compliquées depuis l’élection de  Donald Trump. Nous sommes dans l’une des étapes les plus tendues depuis la détente mise en place par les ex-présidents Barack Obama et Raúl Castro entre 2014 et 2016, une étape connue sous le nom de « dégel » qui avait provoqué la réouverture des ambassades.

 

Dès 2019, le Gouvernement Trump a durci l’embargo que les Etats-Unis  maintiennent depuis 1962 et a augmenté les pressions sur La Havane avec de nouvelles sanctions à cause de la coopération du Gouvernement cubain avec le président vénézuélien Nicolás Maduro.

 

Trump a décidé de fermer son consulat à Cuba et a ordonné le départ de la plupart de son personnel à l’ambassade à cause des rumeurs concernant de soi-disant « attaques biologiques » contre son siège à La Havane. Aujourd’hui, cette ambassade est placée sous le commandement d’un chargé d’affaires étant donné que le Congrès des Etats-Unis n’a toujours pas désigné d’ambassadeur alors que Cuba a toujours un ambassadeur à Washington.

 

Le Gouvernement Trump a aussi expulsé des diplomates cubains de son territoire et a émis des alertes disant que se rendre à Cuba est dangereux. Il a également interdit aux bateaux étasuniens de mouiller sur les côtes cubaines et a limité les vols en provenance des Etats-Unis  au seul aéroport de La Havane.

 

Les Etats-Unis ont encore plus durci le blocus imposé à Cuba pendant le second trimestre de 2019 en appliquant, par exemple, le titre III de la Loi Helms Burton, une persécution financière des banques et a imposé des mesures pour empêcher le combustible d’entrer dans le pays, il a suspendu les voyages aériens et maritimes en provenance des Etats-Unis  et a attaqué les missions médicales cubaines.

 

En septembre dernier, le président sortant des Etats-Unis a annoncé des sanctions qui portent préjudice  à Cuba comme l’interdiction pour les Etasuniens de descendre dans plus de 400 hôtels appartenant au Gouvernement cubain. A ce moment-là, il a annoncé aussi qu’il essaierait de restreindre encore plus les importations d’alcool et de tabac cubain.

 

Le  président de Cuba, Miguel Díaz-Canel, a condamné l’usage de la violence et le terrorisme contre son pays financé depuis le territoire des Etats-Unis à propos d’un reportage télévisé qui montrait des preuves filmées de l’incitation à accomplir des actes de sabotage et de subversion à Cuba depuis le territoire des Etats-Unis contre de l’argent et des promesses d’accueil aux Etats-Unis.

 

Le film montrait plusieurs citoyens cubains qui. déclaraient recevoir des instructions et des ressources financières de personnes et d’organisations situées au sud de la Floride (Etats-Unis) pour provoquer des incendies dans des installations commerciales et de services de La Havane.

 

Des véhicules, des centres médicaux, des centres éducatifs et des locaux d’informatique  faisaient partie de ces actes de vandalisme. L’un des auteurs recueillait des informations sur le Système Electrique National  (SEN) qu’il transmettait ensuite à ceux qui l’avaient engagé. Ces informations permettaient d’organiser plus tard des attaques contre le Système Electrique National  tout en diffusant de fausses informations destinées à créer du mécontentement et de l’irritation.

 

L’une des attaques terroristes qui ont réussi à se matérialiser a été le déraillement d’un train de marchandises en provenance du terminal de conteneurs de Mariel, la zone d’investissement la plus importante du pays. L’enquête, qui a eu lieu en mai 2019, a permis d’arrêter les 4 auteurs de cet acte qui ont confirmé qu’ils y avaient été incités, et que l’organisation et le financement de cet acte venaient de Floride.

 

En mai dernier, un train de marchandises qui faisait le trajet La Havane -  Mariel a déraillé, ce qui causé de nombreux dégâts matériels. On a appris que ce déraillement avait été organisé sur ordre express de l’organisation paramilitaire Alfa 66 installée et soutenue par  les Etats-Unis .

 

Quel combat ? Etre le 51ème état ?

 

On sait que l’obstination de Trump à imposer des sanctions à Cuba vient de son intérêt à capter le p)lus possible de voix de la « diaspora » cubaine installée dans l’état de Floride. Une enquête de NBC News a révélé qu’environ 55% du vote cubano-américain de cet état est allé à Trump alors que seulement 30% des Portoricains et  48% des « autres Latinos » l’ont soutenu.

 

Le soutien qu’il  a dans le comté de Miami-Dade est passé de 333 999 voix en 2016 à quelques 529 000 voix cette année. Une telle augmentation a pu aussi influer sur les votes comme sur ceux concernant  2 démocrates de la Chambre des Représentants du sud de la Floride qui ont perdu contre les républicains : le représentante Debbie Mucarsel-Powell, la première élue au Congrès à être née en Amérique du Sud derrière Carlos Giménez, précédemment maire du comté de Miami-Dade et la représentante Donna Shalala, battue par la présentatrice de télévision María Elvira Salazar.

 

La communauté cubaine est la plus importante parmi les électeurs latinos à Miami-Dade et son taux de participation aux élections est de 58%, un taux élevé par rapport à celui d’autres groupes. Obama a obtenu le vote cubain en 2012 mais cette année, il était clair que le vent avait tourné  quand le gouverneur républicain Ron DeSantis, un allié de Trump, a obtenu  66% du vote cubano-étasunien.

 

Mais jusqu’à présent, on ne sait pas qui est le vainqueur des élections étasuniennes. Selon les projections, Trump est le perdant virtuel : agresser Cuba n’a pas été suffisant même si son parti a avancé dans la communauté cubano-américiane dont les dirigeants n’hésiteraient pas à annexer Cuba à l’Union Américaine s’ils arrivaient à prendre le pouvoir comme le montre une camionnette symbolique photographiée à Miami sur laquelle il est écrit : « Trump président de Cuba. Cuba est le 51ème état des USA.

 

Le terrorisme, les sanctions asphyxiantes, la désinformation permanente et le fait que le Gouvernement Biden pourrait avoir  beaucoup de mal à revenir sur de nombreuses mesures contre Cuba posent des questions : Ces tentatives de révolution de couleur viennent-elles des derniers râles de Trump attaquant Cuba ? S’agit-il d’un coup d’Etat (pas si doux que ça) dans un processus qu’il laisse à Biden pour lui faire perdre de la popularité s’il décide de ralentir ?

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/12/13/pensamiento-critico-el-llamado-movimiento-san-isidro-y-un-intento-de-golpe-no-tan-blando-contra-cuba/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/12/cuba-le-mouvement-san-isidro-et-une-tentative-de-coup-d-etat-pas-si-doux-que-ca.html