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Amérique Latine : Connaître son ennemi : William Burns, le nouveau chef de la CIA

15 Janvier 2021, 18:36pm

Publié par Bolivar Infos

Par une vidéo promotionnelle, au début de la semaine, le président élu des Etats-Unis, Joe Biden, a annoncé sur son compte twitter la nomination du diplomate de carrière William Burns comme directeur de l'Agence Centrale de Renseignement (CIA).

 

Après l'annonce des résultats des élections, Biden a annoncé progressivement le nom des membres de l'équipe qui l'accompagnera pendant son mandat. Plusieurs d'entre eux sont des gens qui sont restés dans les coulisses pendant l'ère de Barack Obama. A présent, ils sont à la tête de charges gouvernementales.

 

La carrière de Burns, un ami proche rde Bill Gates, a débuté avant la présidence de Bill Clinton, dans des postes de moyenne importance au Département d'Etat et ensuite, sous le mandat de George W. Bush, il a été ambassadeur en Jordanie et ambassadeur en Russie de 2005 à 2008. Il a joué un rôle crucial dans presque toutes les principales initiatives prises par Bush en politique étrangère.

 

Il a été sous-secrétaire d'Etat sous Barack Obama jusqu'en 2014, a participé aux négociations secondaires qui ont préparé l'accord de 2015 destiné à limiter les capacités nucléaires de l'Iran et a été le négociateur principal d'un accord nucléaire avec l'Inde et la Russie.

 

A l'entrée en scène de Donald Trump, il a pris sa retraite du Gouvernement et est dfevenu président du think tank Carnegie Endowment for International Peace. De là, il a écrit de multiples critiques contre Trump et en particulier, en 2019, il a condamné le licenciement de l'ambassadrice en Ukraine Marie Yovanovitch, disant que c'était « une forme dangereuse de mauvaise pratique diplomatique. »

 

Malgré ses critiques, lors d’une interview accordée à Moisés Naím, il a déclaré que la façon dont Trump abordait le problème du Venezuela était correcte et il avait souligné l'importance des pressions politiques, c'est à dire qu'il approuvait la recrudescence des mesures coercitives pour venir à bout du chavisme.

 

William Burns dans les câbles de WikiLeaks

 

Il est habituel que les services diplomatiques s'appuient sur les services de renseignement et les instances étasuniennes ne s'y refusent pas. Sur la vidéo de l'annonce de sa nomination, Burns déclare qu'il a un énorme respect pour les agents du renseignement car « il a travaillé avec eux dans des endroits difficiles autour du monde. » Et l'ex-directeur de la CIA, John Brennan le confirme : «Bill a une excellente réputation. Il a travaillé pendant des années avec des agents à l'étranger comme chef de mission. »

 

Si Trump a eu quelques heurts avec la CIA, Burns saura manoeuvrer à l'agence et s'appuiera sur les cellules de renseignement pour mettre en œuvre les plans fixés. Sa nomination n'est pas éloignée de la façon d'agir de la nouvelle administration à Washington.

 

Quelques documents révélés par WikiLeaks :

 

Visite du président Hugo Chávez en Russie en 2007: Burns informe que cette année-là, les fonctionnaires du Gouvernement russe ont eu des négociations avec le Gouvernement du Venezuela pour la vente de matériel militaire malgré les pressions étasuniennes et dans cette situation, il considère que « certains voient l'activisme russe dans l'arrière-cour comme une contrattaque de l'ingérence des Etats-Unis. »

 

Visite en Colombie du sous-secrétaire Burns en 2008: Ils ont fait savoir que les relations entre le Venezuela et la Colombie s'étaient améliorées mais insinuaient que la Colombie devait promouvoir « sa démocratie » (par rapport au Venezuela) et signalaient que la Colombie cherchait à jouer un rôle plus important dans l'architecture de la sécurité internationale et montrait sa volonté de contribuer avec des troupes à l'effort de l'OTAN.

 

Visite au Brésil du sous-secrétaire Burns en 2008: Il exprime son inquiétude à cause de la vente d'armes par la Russie à des pays qui intéressent les Etats-Unis et signale que l'imposition de sanctions par les Etats-Unis n'a pas réussi à faire changer le comportement des Russes.

 

On connaît la tactique de l'establishment étasunien pour imposer sa position dans le panorama international en jouant la carte des « inquiétudes. » Ainsi, Burn est un pion de la diplomatie coercitive silencieuse, cette façon prudente de négocier en faisant pression sur plusieurs fronts jusqu'à obtenir ce qu'on veut. Rien de nouveau.

 

A la différence des conflits du Gouvernement Trump avec l’appareil de sécurité et du renseignement et de ses conflits avec des éléments de la structure de l'Etat, la nomination de Burns implique le retour de al légalité dans ces instances. Sa relation avec Biden est cruciale pour la survie de l'agence. C'est pourquoi le Département d'Etat et la CIA seront étroitement liés car Anthony Blinken et William Burns sont camarades depuis le mandat d'Obama. 

 

En prenant ses distances par rapport à la « politique ouvertement agressive » du Gouvernement Trump, bien qu'il ait engagé les Etats-Unis dans une autre guerre comme l'a fait Barack Obama, le Gouvernement étasunien pourrait reprendre son habitude de faire des coups d'Etat politiques, des révolutions de couleur, d'envoyer des missions de mercenaires ou de paramilitaires, d’organiser des opérations de faux drapeau en plus des complots silencieux et retentissants « modérés » par l'ordre du jour du parti démocrate. C e sera une autre période pendant laquelle la la CIA reprendra son rôle dans une autre arrière-boutique géopolitique à venir.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/01/14/pensamiento-critico-conociendo-al-enemigo-perfil-de-william-burns-nuevo-jefe-de-la-cia/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/01/amerique-latine-connaitre-son-ennemi-william-burns-le-nouveau-chef-de-la-cia.html