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Paraguay : Les crimes contre l'humanité du Gouvernement de Mario Abdo Benítez

4 Janvier 2021, 18:55pm

Publié par Bolivar Infos

Par Stella Calloni

 

Crimes contre l'humanité : les fillettes du Paraguay

 

Le silence saisissant du Gouvernement paraguayen sur la disparition de la fillette de 14 ans Carmen Elizabeth Oviedo Villalba, fille des prisonniers politiques Carmen Villaba et Alcides Oviedo, après que les Forces de Tâches Conjointes (FTC) de l'armée du pays aient assassiné, en septembre, Lilian Mariana et María Carmen Villalba, âgées toutes 2 de 11 ans et appartenant à la même famille, qui vivaient à Misiones, Argentine et s'étaient rendues au Paraguay pour voir leurs parents a provoqué une vague d'indignation et des plaintes urgentes des organismes de droits de l'homme.

 

Le Gouvernement d'Abdo Benítez a rendu hommage, le 2 septembre dernier, à l'opération « de renseignement » réalisé par la FTC dans une zone de forêts dans le district d'Iby Yaú sur la frontière des départements de Concepción et d'Amambay en disant que 2 guérilleras avaient été abattues « dans un affrontement dontle résultat a été une réussite. »

 

Les fillettes avaient été vêtues avec des habits soi-disant utilisés par les guérilleras dans une opération semblable à celles réalisées par les militaires colombiens qu'on appelle « faux positifs » qui amènent des jeunes et des adolescents engagés pour travailler avec eux et en les assassinent pour les présenter comme des guérilleros et obtenir des prix : l'un des actes les plus aberrants parmi les violations et les crimes contre l'humanité qui sont commis quotidiennement en Colombie.

 

En fait, l'armée colombienne conseille, avec les Israéliens et les troupes étasuniennes, les militaires et les policiers du Paraguay. Le plus grave est qu'on ne sait pas combien des cas d'assassinats dans des mises en scène de soi-disant combats et « entrainements » anti-insurrection il y a dans le pays et qu'on ne sait rien des paysans qui en sont victimes.

 

La fillette de 14 ans a disparu le 30 novembre dernier quand elle a perdu le contact avec sa tante Laura Villalba arrêtée cette semaine-là et conduite dans une caserne militaire, qui a obtenu des témoignages de communautés paysannes disant que Carmen Oviedo Villalba a été emmenée par la violence par un groupe de personnes en uniformes. D'autres témoins parlent de civils.

 

Cármen Elizabeth vivait, comme ses deux cousines assassinées, en Argentine dpeuis 10 ans et s'était aussi rendue au Paraguay comme elles et leur tante Laura mais elles n'ont pas pu rentrer à cause de la fermeture des frontières à cause de la pandémie de coronavirus.

 

Cela a été dénoncé lors d’une conférence de presse virtuelle réalisée à Buenos Aires avec des transmissions du Paraguay et de la province de Misiones, par leur tante Miriam Villalba, Nora Cortiñas, Mère de Place de Mai Ligne Fondatrice, des membres du Syndicat des Avocats d'Argentine et d'autres organisations de droits de l'homme argentines et paraguayennes comme la Ligue Argentine pour les droits de l'homme.

 

« Ce qui se passe aujourd'hui au Paraguay est la suite d'un plan conçu au temps de la dictature d'Alfredo Stroessner avec le soutien des Etats-Unis de la Colombie et d'Israël, » déclare Pablo Pimentel, de l'Assemblée Permanente pour les droits de l'homme de La Matanza, la municipalité la plus peuplée de la périphérie de Buenos Aires.

 

Dans un communiqué, le Syndicat des Avocats d'Argentine dénonce le fait que « la stratégie du renseignement militaire du Gouvernement paraguayen » soutenu par les Etats-Unis, Israël et la Colombie « a détecté que pendant l'été dernier, plusieurs enfants résidant en Argentine ont passé la frontière pour rendre visite à leurs parents – qu'ils soient dans la montagne ou en prison – et ont cherché à obtenir la suprématie dans la lutte contre l'Armée du Peuple (EPP) en frappant « où ça fait mal ,» c'est à dire en s'en prenant aux enfants. Cela obligeait lesparents à agir d'une autre façon et leur faisai perdre l'avantage parce qu'ils considéraient le danger que couraient leurs enfants. » Ils soulignent que fac e à cette situation, la fillette Carmen Oviedo Villalba et sa tante Laura se cachaient.

 

Ils dénoncent aussi le fait que c'est un cas « typique de disparition forcée de la part de l'Etat paraguayen. » Face à cette situation, une campagne nationale et internationale a été proposée pour en finir avec l'impunité qui entoure ces crimes, demander la réapparition de la fillette disparue et la libération de Laura Villalba.

 

D'autre part, les organisateurs de cette véritable tragédie humaine avaient d'autres intentions. En septembre dernier, grâce à l'assassinat des 2 fillettes, on a essayé d'imposer l'idée, depuis le Paraguay, que l'Argentine était un refuge de « guérilléros » paraguayens, ce qui a contraint la chancellerie argentine à faire une réponse sévère.

 

A cette occasion, alors qu'on a annoncé un effort particulier destiné à rétablir le Marché Commun du Sud et une éventuelle rencontre entre le président du Paraguay et celui de l'Argentine, Alberto Fernández, malgré les différences existantes, cet événement est un nouvel élément diviseur puisque personne ne peut ignorer que les 3 fillettes, les 2 assassinées et la disparue, vivaient à Misiones, dans une province argentine limitrophe avec le Paraguay.

 

Traditionnellement, à Misiones, Formosa ou Chaco sont venus se réfugier des milliers de Paraguayens qui à cette époque fuyaient la dictature d'Alfredo Stroessner (1954-1989) ainsi que ceux qui étaient des victimes économiques du déplacement de milliers de paysans paraguayens dépouillés de leurs terres par les grandes compagnies du soja qui ont leurs propres escadrons de la mort qui ont fait dans le pays voisin des centaines de victimes pour lesquelles justice n'a jamais été faite.

 

On ne peut oublier que c'est sur la frontière de Misiones avec le Paraguay qu'ont été remises à ce pays les victimes de l'Opération Condor, la coordination de la mort mise en place par les dictatures du Cône Sud dans les années 70. Des documents à ce sujet ont été trouvés le 22 décembre 1992 dans les archives des dictateurs dans la capitale paraguayenne, Asunción, grâce aux dénonciations du survivant de la dictature Martín Almada et aux membres des familles de disparus comme le médecin Agustín Goiburú, enlevé par des militaires argentins et remis aux mainbs du régime criminel de Stroessner qui l'a fait disparaître.

 

De la même façon, des Argentins ont été remis à la dictature argentine et des opérations conjointes de chasse aux militants politiques qui dénonçaient ces dictatures ont été réalisées. Pour toutes ces raisons, il est plus qu'urgent que les organismes internationaux agissent pour arrêter l'escalade terroriste qui cherche à se érinstaller dans la région.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/12/29/paraguay-los-crimenes-de-lesa-humanidad-del-gobierno-de-mario-abdo-benitez/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/01/paraguay-les-crimes-contre-l-humanite-du-gouvernement-de-mario-abdo-benitez.html