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Venezuela : Abrams, ton président est parti parce qu'il n'a pas pu faire partir le mien

22 Janvier 2021, 18:17pm

Publié par Bolivar Infos

Par Sergio Rodriguez Gelfenstein

 

Devant le Comité des Relations Extérieures du Sénat des Etats-Unis, le 4 août dernier, le représentant de al Maison Blanche pour les affaires concernant le Venezuela, Elliott Abrams, a déclaré que ceux-ci « travaillaient dur » pour que Nicolás Maduro quitte la présidence du Venezuela avant la fin de l'année.

 

Abrams, que son CV permet que qualifier de ce que les Etats-Unis appellent “looser”, c'est à dire de « perdant, » a échoué une fois de plus au Venezuela. Aujourd'hui, 20 janvier, Nicolás Maduro est toujours à Miraflores et celui qui s'en va, c'est Donald Trump, le chef d'Abrams. 

 

Lors de l'audience en question, intitulée « Le Venezuela entre les griffes de Maduro: évaluer la détérioration de la sécurité et la crise humanitaire, » Abrams a affirmé qu'il s'attendait à ce que Maduro « ne survive pas à cette année » et il a ajouté qu'ils « travaillaient dur pour que cela arrive. » Mais il semble qu'ou bien il n'a pas travaillé dur et il s'est conformé aux fictions que lui décrivait l'opposition vénézuélienne périmée ou bien qu'il ait travaillé très dur, le peuple vénézuélien, son Gouvernement et ses forces armées ont gagné la partie. 

 

Lors de cette même comparution, ce délinquant condamné dans le scandale de “l’Iran–Contras” alors qu'il servait le Gouvernement de Ronald Reagan, a indiqué que la chute de Maduro dépendait du rejet des résultats des élections législatives qui ont eu lieu en décembre dernier par les Vénézuéliens. Ce qui est sûr c'est qu'au Venezuela, il y a eu des élections, on a élu une nouvelle Assemblée Nationale et que Nicolás Maduro s'y est déjà rendu pour lui remettre son mémoire et ses comptes de gestion de l'année 2020,une chose que Trump ne pourra pas faire.

 

Dans une interview accordée le 22 avril à la journaliste Elizabeth Fuentes et publiée sur le site El Cooperante, Abrams avait indiqué quelques lignes de son plan pour le Venezuela. Comprenant qu'un avenir pour le pays n'est pas possible sans la Force Armée Nationale Bolivarienne (FANB) et malgré toutes les défaites que celle-ci a infligé à la stratégie de l'Empire, Abrams a fait appel à ses bas instincts en affirmant : « Un Venezuela avec le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale, les Etats-Unis et l'Union Européenne sera aussi un pays plus riche pour [la FANB]. » Il est évident qu'à Harvard et à la London School of Economics où ce sioniste récalcitrant a fait ses études, on ne lui a pas appris l'histoire du Venezuela.

 

Ensuite, la journaliste a demandé : « Si ces militaires faisaient un coup d'Etat, les Etats-Unis les soutiendraient ? » Sa réponse a été négative parce que, selon lui, les Etats-Unis sont contre tout les coups d'Etat militaires : « Selon la loi des Etats-Unis, nous n'avons pas le droit de donner un centime d'aide économique à un pays où il y a un coup d'Etat militaire. »

 

Maintenant, la chose est devenue plus grave parce que c'est une chose de ne pas connaître l'histoire du Venezuela et une autre de ne pas connaître celle de son propre pays. Cet article ne suffirait pas à nommer tous les coups d'Etat que les Etats-Unis ont organisés et financés au cours de l'histoire dans le monde entier pour ensuite soutenir militairement, politiquement et économiquement les Gouvernements qui en sont sortis. Rappelons seulement les plus récents pendant ce siècle : Haïti 2004, Honduras 2009, Paraguay 2012, Brésil 2016 et Bolivie 2019, sans parler de ceux qui ont échoué au Venezuela en 2002, en Equateur en 2010 et au Nicaragua en 2018, où ils n'ont pas pu atteindre leurs objectifs.

 

Ensuite, il a clarifié la position des Etats-Unis pour faire croire aux rêveurs que Biden est différent de Trump. A ce sujet, Abrams a dit qu'il avait l'impression que les démocrates et les républicains partageaient la même position concernant le Venezuela. Pour qu'il n'y ait aucun doute, il a déclaré : « Quand je parle avec les dirigeants du parti démocrate au Sénat ou à la Chambre, il n'y pas de différences dans notre politique envers le Venezuela. » 

 

Il pensait qu'il était très difficile qu'il y ait des élections législatives au Venezuela en décembre mais que si elles se réalisaient réellement, il rendait public son rêve le plus cher :... «Juan Guaidó pourrait facilement être réélu... »

 

Enfin, comme si ça ne suffisait pas et pour mettre en évidence son talent agressif et impérialiste, il a fait appel à la menace bien connue contenue dans toute déclaration d'un fonctionnaire de l'empire. A une question de la journaliste sur une éventuelle invasion militaire du Venezuela, il a dit : « toutes les options existent et il ne s'agit pas d'une de nos politiques. C'est un fait que dans le monde réel, nous avons les forces militaires le splus puissantes et efficaces du monde... »

 

Qu'elles soient les plus puissantes, personne n'en doute, mais les plus efficaces ?... C'est à voir... Il faudrait rappeler, par exemple, le bricolage du débarquement en Normandie en 1944 qu'Hollywood a voulu transformer en super succès, la résistance et la victoire de la Corée en 1953, la défaite qu'elles ont subie au Vietnam en 1975 et à Playa Girón ,Cuba en 1961, le ridicule des “super SEALS”, des forces spéciales de l'Armée sur la petite île de la Grenade en 1983 qui se sont noyées parce qu'elle sont sauté en parachute sur lamer alors qu'elles pensaient le faire sur la terre ferme, la chute des hélicoptères Black Hawk en Somalia en 1993.

 

Et plus récemment, la défaite d'Israël au Liban en 2006, l'échec de leur intervention militaire et leur enlisement en Afghanistan depuis 2001, la demande unanime du Parlement de l'Irak gouverné par une majorité alliée de l'Iran, de leur départ du pays en 2019, leur incapacité à renverser le Gouvernement de Bashar el Assad en Syrie, le désastre de l'intervention militaire saoudite au Yemen, l'impossibilité s’intimider militairement la Chine ou la Russie et évidemment, la permanence du Gouvernement bolivarien à la tête des destinées du Venezuela bien que les Etats-Unis continuent à faire chanter les Gouvernements de Colombie en gardant secrets les dossiers qu'ils ont sur tous les présidents, dossiers qui prouvent leurs liens avec le trafic de drogues et/ou le para-militarisme pour les obliger à installer des bases militaires destinées à encercler le Venezuela de la même façon qu'ils ont employé des bateaux de l'OTAN dans les Caraïbes pour empêcher l'arrivée d'aliments, de médicaments et de combustible dans le pays.

 

De quelle efficacité parle Abrams? Je veux bien qu'il parle du pouvoir basé sur les grosses ressources qu'il possède et qui font que le pays a toujours un énorme déficit budgétaire qui, avec le temps, deviendra ingérable et provoquera la chute de l'Empire comme toujours dans l'histoire.

 

Dans le cas d' Abrams, on ne peut parler que d'un discours qui vient da profonde et maladive haine des peuples qui aujourd'hui n'ont plus peur et l'envoient, une fois de plus, dans les poubelles de l'histoire d'où il n'aurait jamais dû sortir et il n'a évitées que grâce à la grâce que lui a accordée George H. W. Bush. Là, il pourrait rencontrer Macri, Peña Nieto, Kuzcinski, Vizcarra, Cartes, Temer, Varela et d'autres en attendant que les rejoignent rapidement Uribe, Duque, Santos, Bachelet, Piñera, Bolsonaro et Juan Orlando Hernández pour continuer à rêver à la destruction du Venezuela. 

 

Je ne sais pas si la politique bipartiste qu'évoque Abrams le laissera à son poste. Dans le cas contraire, il aura suffisamment de temps pour être avec ses petits-enfants et les caresser avec ses mains pleines de sang. Mais si les démocrates ne veulent pas assumer sa suite de défaites et d'échecs, nous pouvons dire que la seule bonne chose de ce changement de Gouvernement aux Etats-Unis est de nous libérer de l'obligation de nous battre contre le fascisme extrême qu'incarne cet individu ainsi que Pence, Pompeo, Mnuchin et d'autres qui osnt forcés de partir.

 

D'autres viendront qui seront même peut-être pires mais personne de doute qu'au moins pour une journée, pendant qu'ils prendront possession de leur charge, le monde pourra respirer un air plus sain et meilleur. Pour notre part, nous sommes ici et nous y resterons.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/01/20/pensamiento-critico-abrams-despide-a-tu-presidente-porque-no-pudiste-despedir-al-mio/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/01/venezuela-abrams-ton-president-est-parti-parce-qu-il-n-a-pas-pu-faire-partir-le-mien.html