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Venezuela : Biden soutiendra Guaidó d'une autre façon

16 Janvier 2021, 18:27pm

Publié par Bolivar Infos

Certains médias indiquent que, selon des sources proches du prétendu Gouvernement parallèle de Juan Guaidó, le Gouvernement entrant des Etats-Unis aurait invité « l'ambassadeur » Carlos Vecchio à l'investiture de Joe Biden.

 

Cette invitation n'a été confirmée ni par des porte-parole « officiels » du prétendu Gouvernement ni par l'ancienne Assemblée Nationale (AN) qui avait pour président Juan Guaidó mais plusieurs médias et ces journalistes qui soutenu l'ex-député disent que cette invitation est un fait et qu'elle implique que le Gouvernement Biden « poursuivra » la stratégie de Trump contra Venezuela.

 

La position du parti démocrate envers le Venezuela

 

Si Carlos Vecchio assiste effectivement à l'investiture de Biden, la cohérence avec la position des dirigeants démocrates, en particulier au Congrès, concernant la reconnaissance du prétendu Gouvernement au Venezuela sera claire.

 

En effet, début 2019, les démocrates ont donné leur aval au Congrès à la reconnaissance de Juan Guaidó et ont soutenu les mesures coercitives unilatérales que Washington a mises en place pour, grâce à la « plus forte pression » démanteler le chavisme et les institutions vénézuéliennes.

 

Dans le cadre de la diatribe politique des Etats-Unis et en prélude aux élections présidentielles, certains démocrates, au Congrès, ont pointé la stratégie de Trump en la qualifiant d'échec. La situation politique au Venezuela, caractérisée par la permanence du chavisme au pouvoir et par l'épuisement du prétendu Gouvernement même et l'incapacité de ceux qui l'ont organisé à atteindre leurs objectifs auraient favorisé le fait que les démocrates se démarquent de cette position.

 

Ainsi, on pourrait considérer qu'il est possible que si le discours des démocrates s'est éloigné de la politique de Trump, ce ne soit qu'occasionnel, et que cela ne serve qu'à remettre en question l'efficacité de sa politique étrangère. Uniquement ça et rien de plus.

 

Pour les démocrates, il n'y a pas de changement essentiel de position concernant le cadre des agressions contre le Venezuela. 

 

En effet, le dernier Gouvernement démocrate, celui de Barack Obama, pourrait être considéré comme le plus agressif et leplus rapide dans l'application de ce qu'on appelle les « sanctions » en tant que mécanisme destiné à « tordre le bras » de Gouvernements du monde entier car il est l'auteur de mesures de cette sorte contre des pays comme al Russie, la Syrie et la Chine. En fait, la cadre légal essentiel qui a été mis en place de cette façon sale pour légitimer des mesures contre le Venezuela est né sous le Gouvernement d'Obama avec le soutien des 2 partis fin 2014 et en 2015 grâce à la déclaration du Venezuela comme « menace inhabituelle et extraordinaire » pour la sécurité des Etats-Unis.

 

Il faut ajouter que le nouveau secrétaire d'Etat Antony Blinken ainsi que le conseiller à la Sécurité Nationale Jacob Sullivan ont défendu à plusieurs occasions dans le passé l'utilité des mesures coercitives contre le Venezuela, ce qui signifie que la logique des démocrates au gouvernement ne diffère pas de celle de leurs prédécesseurs cat ils considèrent comme positives des actions de pouvoir douces et la guerre non conventionnelle.

 

De plus, le sénateur démocrate Dick Durbin a rencontré Tony Blinken. Lors de cette rencontre, ils ont parlé du « soutien au président vénézuélien par intérim Juan Guaidó et de la démocratie au Venezuela, » a fait savoir le sénateur en personne.

 

Tony Blinken est un familier de l'attaque du Venezuela. Fin novembre 2014, il faisait fonction de conseiller d'Obama et était candidat au sous-secrétariat d'Etat. Il a déclaré devant le Sénat qu'il travaillerait avec les 2 chambres au développement des mesures coercitives contre le Venezuela dirigées contre des fonctionnaires vénézuéliens naissantes à ce moment-là.

 

Ces faits indiquent que la cadre de l'attaque contre le Venezuela est coordonné grâce à un échafaudage intelligent et structuré qui est essentiellement l'appareil de pouvoir étasunien cont la Gouvernement Trump n'a été qu'un moment.

 

Elliot Abrams, consulté par Andrés Oppenheimer sur la possibilité que Biden soutienne Guaidó, a répondu : « Oui, je crois que oui. » « Je ne pense pas que nous voyions de grands changements dans la politique ( des Etats-Unis envers le Venezuela ). Je pense qu'ils comprennent que le visage de l'opposition, le dirigeant de l'opposition, c'est Juan Guaidó. »

 

Abrams a souligné qu'il existe un soutien important des 2 partis pour Guaidó au Congrès des Etats-Unis. Cela comprend des démocrates comme le sénateur Bob Menendez, un agent important contre le Venezuela qui espère être nommé président du Comité des Relations Extérieures du Sénat après le 20 janvier. Abrams dit que Menéndez a été « un grand partisan de notre politique envers le Venezuela » et il ajoute que « le président élu Biden a dit que (le président du Venezuela, Nicolás Maduro, est un dictateur. »

 

Reconnaissance mais changement de stratégie

 

Si la reconnaissance de Guaidó par Biden se confirme, il est également très probable qu'elle s'accompagne de conditions et d'un ton différents de ceux du Gouvernement Trump. Ces différences pourraient venir grâce à l'application d'une autre stratégie de Washington envers Caracas.

 

Les dernières déclarations d'Abrams selon Oppenheimer disent que Biden pourrait chercher du soutien à l'Union européenne et parmi les pays qui ont soutenu le Gouvernement parallèle pour « faire pression » sur le Venezuela pour « des élections libres. »

 

Il semblerait que ce changement de stratégie impliquerait de cesser de ne plus parler de « fin de l'usurpation » au Venezuela mais de « Gouvernement de transition, » ce qui était effectivement l'objectif essentiel de la création du prétendu Gouvernement. Des élections au Venezuela avec le chavisme au pouvoir ôtent tout son sens au Gouvernement parallèle qui avait été créé.

 

Par conséquent, la reconnaissance de Guaidó resterait une formalité politique. Pendantg ce temps, les actions du Gouvernement Biden pourraient même inclure la possibilité d'établir un dialogue avec Miraflores pour mettre en marche une feuille de route de pressions et aussi pour essayer de dégager le cadre à partir d'une soi-disant solution électorale. 

 

Le président élu des Etats-Unis a précisé à plusieurs occasions qu'il continuerait à faire pression sur le Gouvernement légitime du Venezuela mais l'aide qu'il apportera à une opposition vénézuélienne divisée, plongée dans des accusations de corruption et plus proche du président sortant Donald Trump.

 

La fracture des consensus concernant la permanence du soutien frontal au soi-disant Gouvernement de Guaidó qu'on a vues dans plusieurs pays et la fin de la période parlementaire de l'ancienne AN sont des éléments évidents qui seront certainement pris en considération par le nouveau Gouvernement étasunien.

 

On ne connaît pas encore le niveau de confiance que le Gouvernement Biden pourrait avoir envers le « président par intérim » et ses acolytes à l'intérieur du Venezuela et à l'étranger quand il aura enregistré la suite de coups d'Etat ratés et les menaces sans effet qu'ils ont accumulés.

 

D'où de fortes possibilités de prise de distance du Gouvernement de Biden envers l'opposition vénézuélienne pas publiquement mais dans les coulisses, entendu que Guaidó est incapable d'agir dans le cadre intérieur du Venezuela et que hors du pays, tout ce qu'il a « réussi » n'est arrivé que grâce aux Etats-Unis.

 

Cela confirme les possibilités que l'opposition vénézuélienne alignée sur Guaidó et Guaidó lui-même soient dans une position subalterne, au second rang dans la feuille de route d'une éventuelle détente entre Caracas et Washington et que cela ouvre la voie à ces canaux de dialogue indirect entre Maduro et Biden sans trop d'obstacles et sans devoir conserver des choses comme « la fin de l'usurpation » et le « Gouvernement de transition. »

 

A moins que Biden passe les lignes rouges que Trump n'a pas passées dans l'utilisation de al force, nécessairement, il devra considérer le président Nicolás Maduro comme le responsable du pouvoir au Venezuela et ne pas prétendre refuser de le reconnaître comme l'ont fait les faucons du Gouvernement Trump qui ont soutenu Guaidó pour téléguider le Venezuela en ne pariant que sur la chute du Gouvernement chaviste grâce aux pressions et au blocus.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/01/15/venezuela-el-apoyo-de-biden-a-guaido-vendria-con-un-cambio-de-estrategia-contra-caracas/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/01/venezuela-biden-soutiendra-guaido-d-une-autre-facon.html