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Venezuela : Les médias privés financés par l'étranger depuis 20 ans

9 Janvier 2021, 18:20pm

Publié par Bolivar Infos

Des médias comme El Universal, Globovisión, Contexto Diario, entre autres, ont révéél cette semaine une étude publiée à l'origine dans la section Declassified-UK du journal britannique Daily Maverick qui parle d'un contrat de plusieurs millions signé entre le Royaume Uni et certaines entreprises de communication nationales comme le site vénézuélien Efecto Cocuyo et l'Institut Radiophonique Foi et Joie ou le syndicat National des Travailleurs de la Presse (SNTP). Selon cette étude, le Gouvernement britannique a financé illégalement ces institutions sous prétexte d'un nouveau projet de promotion du « journalisme d'investigation » en Amérique Latine qui couvre « clandestinement le Venezuela. »

 

Ce projet est destiné, selon les sites d'information, à « influer sur l'ordre du jour des médias dans le pays » et fait partie de la liste de programmes qui utilisent le journalisme des « médias indépendants » comme instrument de domination sociale.

 

« L'objectif de ce nouveau projet de journalisme de fond est de créer une nouvelle plate-forme qui renforce l’organisation des médias dans toute la région et fournisse aux journalistes une plate-forme sur laquelle ils puissent collaborer et construire des histoires concernant la région, » affirme El Universal, citant un document de la Fondation Westminster pour la Démocratie (WFD) qui a dépensé « plus 750 000 livres sterling » ( 1 020 750 $) pour déstabiliser la démocratie au Venezuela depuis 2016. 

 

Cette nouvelle découverte pourrait grossir la liste des ingérences de Gouvernements étrangers dans la politique intérieure du Venezuela et faire partie du dossier dénonciations concernant les médias qui ont reçu un financement pendant les 20 dernières années pour organiser des opérations de conspiration et de désinformation. 

 

C'est le Département d'Etat des Etats-Unis qui est à la tête du financement de la situation de guerre non conventionnelle contre le Venezuela. Il cherche à renforcer l'une des armes les plus puissantes contre le chavisme. Les noms des orgnaisations étrangères qui reçoivent ces fonds ne sont déjà plus des secrets d'Etat.

 

En mai 2014, un rapport publié par un think-tank européen de centre-droite intitulé Fride a révélé que le journalisme vénézuélien était financé par les Etats-Unis depuis 2002. Ces documents déclassifiés et ensuite éliminés des sites internet ont révélé que les Etats-Unis avaient investi entre 3 000 000 et 6 000 000 de $ par an dans des « petits projets d'ONG » qui encouragent la communication.

 

Il faut rappeler les révélations de l'année 2010-2011 sur les documents déclassifiés de WikiLeaks et les dénonciations de la journaliste Eva Golinger concernant 150 journalistes entraînés par des agences étasuniennes et les 25 sites financés au Venezuela par de l'argent étranger.

 

Espace Public y l'Institut Presse et Société (IPYS) ont été les principaux exécuteurs du projet qui comprenait l'attribution de prix de 25 000 $ à différents communicants sociaux et de ressources de l'ordre de 4 000 000 de $ à des plate-formes de médias par la Fondation Panaméricaine pour le Développement (PADF), Freedom House et l'Agence de Développement International des Etats-Unis (USAID).

 

En 2007, le programme de la PADF a reçu du Département d'Etat des millions de dollars destinés au « développement des médias indépendants au Venezuela » et du journalisme par « les voies technologiques innovantes. »

 

Selon des données apportées par une enquête publiée par le site Mission Vérité, l'un des objectifs indiqués dans la Justification Budgétaire du Congrès (CBJ) était de financer « des médias indépendants, libres et professionnels plus puissants et plus nombreux » qui, pendant 15 ans, ont reçu un financement de l'ordre de 14 000 000 en 2009 et de 51.000 000 de $ en 2016.

 

« De nouveaux médias digitaux apparaissent et d'autres qui existaient déjà se renforcent et se déploient de plus en plus sur les réseaux sociaux comme El Pitazo, Caraota Digital, Efecto Cocuyo et El Estímulo mais tous utilisent plus ou moins l'alibi d'être des médias indépendants » disait Mission Vérité en 2017.

 

Les dollars de l'USAID pour la conspiration

 

L'USAID elle-même a publié sur son site que, depuis 2017, elle a destiné 656 000 000 de $ à la « crise causée par Maduro. » sur ce montant, 128 000 000 de $ étaient destinés à soutenir « les défenseurs des droits de l'homme, les orgnaisations dela société civile, les médias indépendants. »

 

L'USAID et la Banque Inter-américaine de Développement (BID), entre 2019 et 2020, a remis des fonds supplémentaires au programme Ensemble, c'est Mieux (BetterTogether).

 

En juillet 2020, ce programme a organisé un premier concours d'innovation pour la République Bolivarienne du Venezuela. A cette occasion, la Premise Data, une compagnie qui a son siège aux Etats-Unis, utilisera une plate-forme digitale pour collaborer ouvertement et analyser directement des données de Vénézuéliens destinées à améliorer l'attribution de service sociaux de base comme la santé pour diagnostiquer le coronavirus.

 

«Premise équipera des organisations non gouvernementales locales pour qu'elles utilisent en temps réel  des données destinées à évaluer la couverture des services, à identifier des insuffisances et à planifier et contrôler leurs activités dans au moisn 6 des 23 états du Venezuela. »

 

Autres participants à la conspiration

 

Julián Macías Tovar, enquêteur sur les réseaux et activiste contre la conspiration digitale a publié le 2 septembre 2020 un fil d'information sur Twitter concernant la découverte par Facebook d'un réseau de désinformation lié à CLS Strategies, elle-même liée à Atlantic Council (Aznar), à l'OEA, à l'USAID et à Atlas Network qui a dépensé 3 600 000 $ pour attaquer le Gouvernement du Venezuela.

 

Sur ce fil, Macías a écrit : «  Facebook aussi pointe l'action de CLS au Venezuela, il ne faut pas s'étonner de la façon dont les choses se répètent, pas seulement sur twitter miis aussi sur Facebook où nous avons montré comment toutes les pages de médias et de personnalités politiques d'opposition étaient gérées depuis les Etats-Unis. »

 

En janvier, Macías avait dénoncé avec précision la guerre digitale entreprise par les Etats-Unis contre le Gouvernement de Nicolás Maduro et il citait les médias qui critiquaient le plus le chef de l'Etat : Maduradas, La Patilla, Caraota Digital, El Chigüire bipolar, et DolarToday qui a plus de 3 500 000 abonnés, également géré depuis les Etats-Unis, et plus précisément de Delaware, célèbre paradis fiscal.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://albaciudad.org/2021/01/durante-dos-decadas-medios-privados-venezolanos-han-recibido-financiamiento-desde-el-exterior/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/01/venezuela-les-medias-prives-finances-par-l-etranger-depuis-20-ans.html