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Equateur : Emeutes dans 3 prisons

24 Février 2021, 18:50pm

Publié par Bolivar Infos

3 émeutes se sont déroulées dans des prisons dans la matinée de ce mardi 23 février : au pénitencier du Litoral, à Guayaquil et dans les centres de rééducation de Turi, à Cuenca; et de Cotopaxi, à Latacunga.

 

La police fait état de 8 morts lors de l'émeute au pénitencier de Guayaquil. A 13:39, la police a donné le premier nombre de morts et a indiqué que le groupe d'enquêtes criminelles a déjà enregistré plus de 50 morts pendant les émeutes mais au cours de la journée le nombre de morts a augmenté.

 

Lors d'une conférence de presse donnée à 16:45 au palais de Carondelet, le directeur du SNAI, Edmundo Moncayo, a parlé de 67 morts mais à 17:15, avant de terminer son intervention, il a rectifié et a dit que la mort de 62 prisonniers dans les 3 prisons avait été confirmée.

 

Selon Moncayo, ces émeutes ont été coordonnées et organisées par des groupes délictueux qui opèrent dans les prisons et qui cherchent à prendre la suprématie derrière les barreaux à ‘Los Choneros’. D'après lui, les victimes n'appartiennent pas aux divers groupes qui s'opposent. Le Parquet et la police criminelle ont enlevé les cadavres et ont donné des détails : Guayas: 21 morts et 2 blessés graves au pénitencier du Litoral, Azuay: 33 morts dans le pavillon de très haute sécurité de la prison de Turi. Cotopaxi: 8 cadavres ont été enlevés dans la prison de Latacunga, dans la province de Cotopaxi où est incarcéré l'ex-vice-président de Rafael Correa, Jorge Glas, pour l'affaire Odebrecht. 

 

Le directeur de la prison a confirmé que des policiers avaient été blessés mais que les fonctionnaires pénitentiaires avaient réussi à sortir à temps. Le ministre de l'Intérieur Patricio Carrillo, a indiqué que parmi les mutins se trouvaient des criminels « à haut risque. »

 

Le poste de commandement unifié, formé de policiers et de militaires, a alors été convoqué pour reprendre le contrôle des prisons. Comme explication, le service national d'assistance intégrale aux personnes incarcérées, le SNAI, qui est l'entité qui dirige les prisons, a indiqué que le détonateur avait été une inspection réalisée dans la soirée précédente : « On a fait une perquisition à la prison N °4 de Guayas – celle de Guayaquil – C'est pourquoi on suppose que ces faits sont un signal de résistance et de rejet des actions de contrôle par les prisonniers, » a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

 

Des membres de la famille de certains prisonniers ont dit à lapresse que c'est la police et les gardiens de prison qui ont fait leplus d emorts en vouant « rétablir l'ordre. »

 

Pour sa part, le président Lenín Moreno a soutenu qu'il s'agissait d'une bagarre entre mafias organisées et il a demandé qu'on fasse un usage progressif de la force pour garantir la sécurité des détenus. La police nationale a déployé des unités dans toutes les prisons du pays pour prévenir de nouveaux incidents et collaborer avec le service de réinsertion sociale. Il est réelleme,nt peu crédible qu'on veuille assurer la sécurité des prisonniers quand justement les forces de police entrent dans les prisons, dans ces cas, avec des balles.

 

 

Moreno, en plus d'avoir trahi la Révolution Citoyenne et le mouvement populaire, s'est toujours fait remarquer pour ses phrases provocatrices. Ce qu'il fait en ce moment en profitant d'un événement tragique lors duquel 62 prisonniers ont été assassinés dans des circonstances mal définies est extrêmement irresponsable.Moreno a insisté sur le fait que ces émeutes dans les centres pénitentiaires lui semblent « bizarres : » « En octobre (2019), le corréisme a engagé des criminels qui étaient hors des prisons pour provoquer les troubles et déformer la légitime aspiration des indigènes. Il ne nous étonnerait pas que leur main soit présente là. Total, ils sont assez connus, » a affirmé le président. 

 

Ce qui semble plus que bizarre, c'est que ces faits soient survenus juste quand le Gouvernement lui-même vient créer un voile d'incertitude sur la réalisation du second tour des élections. Juste à ce moment-là apparaissent ces massacres comme pour montrer un climat de totale insécurité dans le pays qui pourrait servir de prétexte à ceux qui essaient d'empêcher la victoire d'Andrés Arauz.

 

Ce n'est pas la première fois que les autorités attribuent les émeutes dans les prisons à des guerres entre bandes criminelles. Pendant ces 2 dernières années, le Gouvernement a décrété 2 fois l'état d'exception pour rétablir l'ordre dans les prisons. En mai 2019, 3 émeutes en 1 mois et demi ont fait 10 morts parmi les prisonniers et on a vu des images très dures de corps brûlés et un décapité. L'état d'urgence a duré 90 jours. Juste 1 an plus tard, en août 2020, en pleine pandémie, une autre flambée de violence a motivé un nouvel état d'urgence de 90 jours après l'assassinat dans une prison d'un témoin clef dans une affaire de corruption à l'hôpital. Alors, le directeur du système pénitentiaire avait reconnu qu'il y avait des problèmes récurrents parmi lesquels la surpopulation de prisonniers.

 

Face à cette situation, le directeur des prisons a demandé « un cadre légal suffisamment fort contre ces personnes qui ne donnent aucune valeur à la vie des êtres humains. » 

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/02/23/ecuador-masacre-en-tres-carceles-62-muertos-por-la-pelea-entre-presos-y-la-dura-intervencion-policial-en-el-colmo-de-la-irresponsabilidad-el-presidente-moreno-culpa-al-correismo/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/02/equateur-emeutes-dans-3-prisons.html