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Honduras : Le recul en marche

7 Février 2021, 10:04am

Publié par Bolivar Infos

A l'époque des avancées technologiques, le processus électoral au Honduras semble remonter aux années 80 du siècle dernier, où les urnes étaient amenées à dos de mulet dans les centres de collecte de la capitale pour commencer le décompte des voix. 

 

Au moins cela est conforme aux décisions prises par le Conseil National Electoral (CNE) en session plénière pour la transmission des résultats des élections primaires du 14 mars prochain destinées à choisir les candidats qui représenteront les 3 principales forces politiques aux élections générales de novembre prochain.

 

La décision de l'orgnae électoral a été de n'accréditer aucune entreprise pour la transmission des résultats des élections préliminaires (TREP). Il faudra attendre l'arrivée des urnes pour faire le décompte des voix et divulguer les résultats à la population. Ce processus pourrait prendre plusieurs semaines.

 

A 44 jours des élections primaires, il n'y a pas encore de bulletins de vote et il manque aussi d'autres éléments qui font partie des mallettes électorales. A ces élections participeront le Parti National, Libéral et Libre mais on ne connaît pas les bulletins de vote et du coup, la population ignore qui va se présenter.

 

La conseillère du Conseil National Electoral (CNE) Rixi Moncada a révélé que laprocédure d'accréditation des entreprises proposée par la TREP ayant échoué, « nous déclarons la mort de cette transmission de résultats qui n'a servi qu'à donner une légalité aux 2 derniers processus. »

 

Cet orgnae électoral, composé par Rixi Moncada (Libre), Ana Paola Hall (Liberal) et Kelvin Aguirre (Nacional), est chargé de préparer et de diriger les élections ainsi que de déclarer les vainqueurs de celles-ci et de proclamer les candidats de cespartis aux électiosn générales de novembre prochain.

 

Rixi Moncada

Moncada a expliqué qu'aux prochaines élections, ils recueilleront les données grâce à des lectures de procès-verbaux et ainsi obtiendront les résultats qui donneront le vainqueur dans chaque groupe. 

 

Elle a rappelé que la loi donne 30 pour donner les résultats des primaires et lele a dénoncé une conspiration contre les élections mais Aguirre a indiqué qu'il y a toujours des tentatives de boycott des élections.

 

L'un des acteurs de ce processus, le député Antonio Rivera, s'est dit « très préoccupé par ce qui se passe au Conseil National Electoral à 44 jours des élections. Il n'est paspossible qu'il y ait tant de désorganisation et tant de confusion. »

 

Rivera a déclaré qu'aucun des conseillers n'a d'expérience dans les processus électoraux et il a indiqué qu'il « n'est pas possible qu'il n'y aot pas de façon pour lepeuple hondurien de se rendre compte des résultats. »

 

Pendant ce temps, le président du Conseil Central Exécutif du Parti Libéral (CCEPL) a déclaré que ce qui se passe au sein de l'entité électorale n'apporte que plus d'incertitude.

 

« nous revenons en arrière de 30 ans dans la démocratie, nous revenons à devoir attendre les procès-verbaux des élections, » a déclaré le pré-candidat à la présidence pour le mouvement Récupérer le Honduras du Parti Libéral.

 

Un député propose de suspendre les primaires

 

Jeudi, le député Alberto Chedrani a proposé de suspendre les élections primaires du 14 mars. Ses arguments vont d'une « mesure destinée à aider ceux qui sont sans protection après le passage des ouragans » à la proposition d'investir les ressources qui devaient être employées pour les élections primaires dans le système de santé public qui s'est effondré à cause de la pandémie.

 

Dans une conversation avec Proceso Digital, le parlementaire de la zone nord a déclaré qu'il n'est pas possible qu'on dépense des milliers de millions de lempiras dans les élections alors que le pays traverse l'une des pires crises de son histoire à cause du passage des ouragans Eta et Iota.

 

Chedrani, qui cherche à être réélu député pour le mouvement Unité et Espoir que dirige l'actuel maire de la capitale Nasry Asfura, s'est dit prêt à retirer sa candidature si besoin est mais qu'il maintient sa position disant qu'il ne doit pas y avoir d'élections. Ce membre du Congrès a même avancé que les candidats qui devraient être les candidats à la présidence sont Nasry Asfura pour le parti National, Yanni Rosenthal pour le parti Libéral et Xiomara Castro pour Libre.

 

Selon Chedrani, on ne perdrait absolument rien s'il n'y avait pas d'élections internes, par contre, il y aurait plus de ressources à investir dans les secteurs ne crise comme celui de la santé et du logement mais il ne prend pas en compte l'affaiblissement de la démocratie que représenterait l'absence de consultation de l'électorat dans les urnes.

 

Les primaires d'avril 

 

De son côté, le secrétaire du Conseil Central Exécutif du Parti Libéral (CCEPL), Octavio Pineda, a dénoncé les tentatives pour ajourner les élections primaires d'avril de la part du Parti National au pouvoir.

 

« Tout cela est visible, on n'a pas approuvé de loi au Congrès bien que le parti au Gouvernement ait la majorité, le calendrier du Conseil National Electoral qu'ils ont élaboré eux-mêmes a pris du retard et il y a 2 ou 3 choses autour de la situation politique qui nous indiquent que ceux qui exercent le pouvoir au Gouvernement cooptent des gens aux pouvoirs de l'Etat pour rester au pouvir à cause de situations personnelles. »

 

Octavio Pineda a plaidé pour la réalisation d'élections transparentes contrôlées par la loi.

 

Il a remarqué que « nous allons vers un processus électoral dansubne grande incertitude, avec des suspicions, et je suis s^)ur que nous allons avoir les mêmes problèmes qu'en 2017. »

 

Il a regretté qu'à 45 jours des primaires, il n'y ait pas de bulletins de vote, de cahiers d'émargement et d'autres fournitures. On a aussi annulé la dette politique et l'organe électoral n'a pas un TREP qui garantisse la transmission des résultats.

 

L'actuel CNE porte les erreurs du passé

 

Pour l'ex-président de l'ancien Tribunal National d'Elections, Augusto Aguilar, le CNE porte les irrégularités commises pendant les 2 derniers processus électoraux.

 

Il a regretté que la classe politique n'ait pas appris les leçons qui ont été à l'origine des crises des élections de 2013 et 2017. 

 

Il a expliqué que le problème actuel réside dans le fait qu'on va à des élections avec la loi électorale précédente, alors qu'il y en a une qui est bloquée au Congrès national de la République.

 

« Dans tous les pays, quand on va modifier ou créer uneloi électorale, on le fait au début d'une période de gouvernement mais ici, nous avons beaucoup tardé. »

 

Pour Augusto Aguilar, l'ex-fonctionnaire de l'organe électoral, le parti au Gouvernement n'a pas approuvé le loi électorale plus tôt pour que l'opposition n'ait pas deprétexte pour insister sur un second tour parce que pour eux, il faut une rétification pendant le prochaine législature.

 

Il a minimisé le coût des conséquences que cette impasse aura pour les élections primaires mais il a manifesté de l'inquiétude pour ce que cela pourraitprovoquer pour les élections générales de novembre. 

 

Aguilar a affirmé que le pays vit des moments complexes provoqués par le comportmeent collectif de la classe politique.

 

« L'un des plus gros problèmes de notre système électoral est qu'il y a eu beaucoup d'impunité, on a commis des fraudes après fraudes et jamais personne n'est allé en prison, » a-t-il noté.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/01/30/honduras-retroceso-en-marcha/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/02/honduras-le-recul-en-marche.html