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Venezuela : Chávez entre Marx et Bolivar

28 Février 2021, 17:39pm

Publié par Bolivar Infos

Par Geraldina Colotti

 

La Révolution Bolivarienne, en plus d'avoir le mérite de redonner vie au rêve du Libérateur en faisant entrevoir une seconde indépendance pour la Grande Patrie, a aussi eu le mérité d'avoir mis en discussion la pensée de Simón Bolívar et la pensée socialiste . Un projet qu'il n'a pas été facile d'accepter en Europe même dans les secteurs de gauche qui avaient décidé de soutenir Chávez en dépassant leurs réticences suscitées par sa qualité de militaire.

 

Le souvenir de la tentative de Mussolini et des historiens fascistes de manipuler la sens du serment de Monte Sacro, prêté par le Libérateur en 1805 sur le lieu de la première sécession de la plèbe dans la Rome antique est resté, en particulier en Italie. En ce lieu symbolique, Bolívar, accompagné de son maître Simón Rodríguez, a juré de lutter pour la liberté et l'indépendance de l'Amérique.

 

Des concepts opposés à ceux du dictateur italien qui considérait l'impérialisme comme « une loi de la vie, éternelle et immuable, » utile au désir d'expansion d'une race supérieure. A son époque, une partie de l'extrême-droite a aussi cherché à manipuler l'image de Chávez, jusqu'à sa mort. Le Libérateur, cependant, n'a jamais fait partie du panthéon du socialisme européen, surtout à cause du célèbre portrait qu'en a fait Karl Marx dans la New American Cyclopaedia au début de 1858, 30 ans après la mort de Bolívar.

 

A la base, Marx faisait référence à la question coloniale dans la conception matérialiste du développement des forces de production encore immatures dans la société américaine de l'époque et en l'absence d'une bourgeoisie que le prolétariat industriel puisse engloutir. Concrètement, se sont les forces sur lesquelles s'est basé l'auteur du Capital pour écrire l’article de l'encyclopédie, l'un des nombreux travaux qu'il a réalisés pour survivre.

 

Il semblerait aussi qu'il ait lu les mémoires du général anglais John Miller dans lesquelles

Bolívar est montré de façon positive mais dont les principales sources proviennent de témoignages de certains camarades de Bolívar pendant la guerre d'indépendance qui ensuite se sont opposés à lui comme le général d'origine suisse Ducoudray-Holstein dont l'Histoire de Bolivar complétée par Alphonse Viollet a été publiée à Paris en 1831. Le portrait de Bolivar, parsemé d'erreurs biographiques et qualifié de « peu rigoureux » par l’éditeur Charles Dana, représente le Libérateur aussi despotique que bonapartiste.

 

En tant que membre de l'aristocratie, ses actions semblent à Marx provoquées par l'oppression de classe, loin des principes indépendantistes et libertaires qu'il célèbrera dans l'article sur la bataille d'Ayacucho, écrit pour la même encyclopédie avec Engels. Un épisode qualifié de « triomphe des forces révolutionnaires » et de « destruction définitive de l'empire espagnol. » Les mêmes principes réaffirmés par Marx dans d'autres articles contre l'intervention de la France au Mexique et dans des réflexions sur Cuba, Haïti et l’Amérique Centrale et en général sur les sociétés pré-capitalistes.

 

Le texte de Marx sur Bolívar a été redécouvert par le communiste argentin Aníbal Ponce dans les archives de l'Institut Marx-Engels-Lenin de Moscou et publié pour la première fois en castillan à Buenos Aires en 1936, dans la revue Dialéctica. En 1959, la seconde édition en russe provoque une critique à cause de la partialité des sources. 

 

Une thèse reprise et analysée dans différents essais latino-américains (parmi les plus récents, celui de Vladimir Acosta). Le 31 juillet 1967, quelques mois avant la mort du Che en Bolivie, a eu lieu à La Havane la conférence de l'Organisation Latino-américaine de Solidarité (OLAS) sur les thèmes de la Grande Patrie, inaugurée par Fidel Castro sous le gigantesque portrait de Bolívar.

 

Comme nous le dit María León dont le père était un militaire bolivarien qui a combattu avec Cipriano Castro, après un long débat au PCV de l'époque sur lequel a pesé la discussion sur les sources exploitées par certains communistes d'Europe de l'Est, en 1983, le Parti inclut Bolívar dans son statut. « Notre parti a été le premier à soutenir la candidature de Chávez, » nous dit María, se souvenant avec émotion d'une photo d'elle sur la place où elle soutenait la rébellion civique et militaire du 4 février 1992.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/02/27/venezuela-chavez-entre-marx-y-bolivar/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/02/venezuela-chavez-entre-marx-et-bolivar.html