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Bolivie : 8 faits qui prouvent le coup d'Etat 

31 Mars 2021, 17:56pm

Publié par Bolivar Infos

Par Carlos Echazú Cortéz

L'arrestation de la présidente autoproclamée Jeanine Añez a ravivé le débat sur le coup d'Etat en Bolivie. Ce sujet est d'une grande importance dans les différends politiques car il peut déboucher sur un jugement contre les putschistes tel qu'ils ne tenteraient pas de nouvelles actions dans un avenir immédiat. Le problème de la justice est de moindre importance.

 

Dans le débat, évidemment, les putschistes refusent d'admettre qu'e ce qu'ils ont fait est un coup d'Etat et cherchent à installer dans l'opinion publique bolivienne et internationale l'idée que ce qui s'est passé en octobre et en novembre 2019 était « un soulèvement populaire face à une fraude électorale qui a provoqué la démission du dictateur et que face à la vacance du pouvoir laissée par celui-ci et ses collaborateurs, on a mis en place une succession constitutionnelle. »

 

Ce qui est révélateur dans tout cela, c'est que les putschistes, dans leur tentative pour déformer les événements, ne parlent pas des circonstances et des faits déterminants qui ont été exposés comme preuves du coup d'Etat. Il y a 8 faits qui,n en eux-mêmes, démontrent que ce qui s'est passé en octobre et en novembre 2019 était effectivement un coup d'Etat. C'est à dire que chacun de ces faits n'a pas besoin d'être relié aux autres pour constituer une preuve du coup d'Etat. Et la somme de tous ces faits constitue une preuve accablante.

 

1.L'incendie des locaux des tribunaux électoraux départementaux pendant qu'ils effectuaient le décompte des voix non seulement sous le regard complaisant et tolérant de lapolice mais même avec sa complicité car on a dénoncé le fait que des policiers avaient pris part à ces attaques vêtus en civils. Cela implique une très grave altération du processus électoral car cela a empêché que ladite fraude soit démontrée grâce au corps du délit présumé, c'est à dire grâce aux procès-verbaux. L'annulation des élections après cela, sans qu'elle ait été décidée par aucune autorité compétente, en soi, est un coup d’État. Il n'y apas besoin de plus de preuves. N'importe où dans le monde, ce seul fait serait qualifié de coup contre la démocratie.

 

2.L'auto-proclamation dans des locaux du Parlement vides d'une personne que sa charge à l'Assemblée ne place pas dans la liste de succession constitutionnelle. Le fait que la succession passe du président du sénat directement au président de la chambre des députés exclut de la liste de succession les vice-présidents des 2 chambres. De plus, l'auto-proclamation dans une enceinte dans laquelle ne se trouve pas le groupe majoritaire est uen autre aberration qui ne serait acceptée dans aucun système politique au monde si après cela, on persistait à l'appeler démocratie. 

 

3.Les massacres de Sacaba et Senkata (bien que ce soit le plus important). Aucun Gouvernement arrivé légitimement au pouvoir, encore moins s'il fait une révolution contre un dictateur, ne pourrait commettre un massacre de la population civile. Il n'y a aucune explication rationnelle à cela. Le fait est que la population a résisté au coup d'Etat et que, pour consolider ce coup d'Etat, ils ont dû massacrer la population. Pensez-y un peu : un Gouvernement démocratique pourrait-il, n'importe où dans le monde, juste après être arrivé au pouvoir, commettre un massacre de cette ampleur ? Comment expliquer cela ? La seule explication est que les massacres font partie du coup d'Etat car ce sont les Gouvernements putschistes qui s'installent en commettant des massacres, les Gouvernements démocratiques ne le font pas. C'est clair comme de l'eau de roche.

 

4.Les attaques contre les familles et les logements de ceux qui étaient en réalité sur la liste de succession constitutionnelle et de ceux qui, bien qu'ils ne soient pas sur cette liste, étaient d'un rang supérieur à celui d'Añez. Le premier a été Víctor Borda, alorsprésident de la Chambre des Déutés dont le frère a été enlevé par des paramilitaires et dont le logement a été brûlé en le prévenant qu'il devait démissionner de sa charge. Rubén Medinaceli, premier-vice président du Sénat a subi des attaques similaires. Alors, bon, demandez-vous dans quel autre pays où il y aurait eu une crise politique sous la pression de l'opposition on aurait exigé la démission du Président et ont aurait attaqué les membres des familles et leurs logements de ceux qui étaient sur la liste de succession en les menaçant s'ils ne démissionnaient pas. Comment appelle-t-on cela ? Ca s'appelle coup d'Etat contre les institutions partout dans le monde. Ce seul fait est un coup d’État en soi, ici, en Bolivie et dans n'importe quel autre pays. 

 

5. « L'arrangement » auquel est arrivé le père du putschiste Camacho avec la direction de l'armée et de la police. Cet « arrangement » a été de notoriété publique quand un enregistrement audio sur lequel Camacho évoque le fait que les militaires et lespoliciers se sont engagés à ne pas réprimer les manifestations de l'opposition a tourné en boucle sur les réseaux sociaux. Il prétend qu'il n'y avait « que » cet « engagement » et pas, comme on pouvait l'imaginer, d'engagements encore plus graves. Mais même ainsi, l'engagement des forces qui sont osus l'autorité du président et qui en viennent à tourner le dos à son autorité au moment d'une crise politique dans laquelle l'opposition exige la démission du Président est un acte de sédition et, par conséquent, un coup d'Etat. C'est une chose très grave qui représente en soi un coup d'Etat, ici, en Bolivie et dans n'importe quel autre pays du monde.

 

6.Le conciliabule qui a eu lieu à l'université catholique. En pleine crise politique, en secret, sans que l'opinion publique ne le sache, les putschistes se sont réunis pour déterminer qui va être investi comme nouveau président après la démission du Président. Maintenant, ils prétendent que la présence de représentants de l'Union Européenne à cette réunion, serait uen garantie de sa transparence alors que la seule chose qui est mise en évidence, c'est l'intervention de puissances étrangères dans nos affaires intérieures. Par conséquent, cela non seulement prouve le coup d'Etat mais aussi la trahison envers la Patrie. Bien sûr, des membres du MAS étaient également présents mais ce n'était pas pour négocier quoi que ce soit mais pour entendre l'extorsion la plus abjecte qu'on puisse imaginer car le départ (et par conséquent la vie) d'Evo Morales était en jeu. Le fait que Tuto Quiroga était un agente de la CIA a également été mis en évidence à ce moment-là ca ril pouvait donner des ordres au commandant de l'armée de l'Air pour qu'il sorte un avion à un moment où officiellement, il n'y avait pas de Gouvernement dans le pays car Evo avait déjà démissionné et Añez ne s'était pas encore autoproclamée. Par conséquent, ce conciliabule prouve aussi en soi un coup d'Etat.

 

7.La mal nommée « émeute policière. » Voyons, une émeute de produit quand la troupe se soulève contre un officier supérieur. Par contre, dans ce cas, c'est l'officier supérieur qui a décidé que la troupe se retirerait dans ses quartiers au moment où il y avait des troubles dans le pays. Evidemment, c'est une très grave situation dans laquelle on a abandonné le contrôle de la situation aux bandes paramilitaires qui peu à peu se sont concentrées à La Paz pour donner l'estocade finale. Cette fois encore, cela prouve en soi le coup d'Etat.

 

8.Enfin, la « suggestion » de démissionner faite par le commandement de l'Armée au Président. Il l'a fait à un moment où le pays était gravement divisé sur 2 positions résolument opposées. Si on intègre cette « suggestion » dans la disposition constitutionnelle qui interdit aux forces armées de discuter, alors, elles ont manqué à leur devoir leplus important au moment où la pire crise politique qu'ait connu le pays en 10 ans. Comme on peut le voir, même si on interprète cette « suggestion » de la façon la plus naïve, c'est tout de même un coup d'Etat. On peut, d'autre part, l’interpréter de façon moins naïve et dire qu'en réalité cette « suggestion » était une menace. S'il en est ainsi, c'est la même chose que la lettre de démission que García Mesa a déposée sur le bureau de Lidia Gueiler pour qu'il la signe, en juillet 1980. encore une fois, en soi, c'est un coup d'Etat. 

 

Si nous disons que chacun de ces faits constitue en soi un coup d'Etat, alors, si nous les considérons tous ensemble, la preuve est irréfutable. 

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/03/26/bolivia-son-8-sucesos-que-por-si-solos-demuestran-el-golpe-de-estado/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/03/bolivie-8-faits-qui-prouvent-le-coup-d-etat.html