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Bolivie : L'église catholique affirme qu'Áñez est arrivée au pouvoir « par consensus »

22 Mars 2021, 19:02pm

Publié par Bolivar Infos

Dans un communiqué dans lequel elle donne sa version des faits survenus lors des négociations dans les locaux de l'université catholique en novembre 2019, l'église catholique défend l'action de l'ex-président Jorge Quiroga et dénonce une « persécution politique. »

 

L'église catholique a donné sa version des événements survenus lors des négociations après la démission de l'ex-président Evo Morales en 2019. Elle précise que lors de ces négociations, on est arrivé au « consensus » disant que Jeanine Áñez devait prendre le pouvoir et que l'ex-président Jorge Quiroga a été son contact avec les militaires en tant que serviteur et non en tant « qu'autorité qui donne un ordre » pour que Morales quitte la Bolivie.

 

Elle a aussi écarté l'idée que lors de ces réunions « un coup d'Etat ait été perpétré. » « Interpréter ces faits comme un « coup d'Etat » est un cirque qui ne correspond pas à la réalité, c'est pourquoi nous affirmons que les arrestations basées sur cette interprétation sont tout à fait injustes et que les détenus, pour cette raison, le sont en vertu d'une persécution politique. »

 

Le récit des événements montre une complicité ouverte de la hiérarchie ecclésiastique avec les putschistes et c'est ce qui est contenu dans le communiqué « Le mensonge engendre l'injustice » qui a été émis après que Teresa Morales, ex-ministre du Développement de la production, dans sa déclaration dans l'affaire « coup d'Etat » ait révélé que Quiroga avait donné des instructions pour que l'avions dans lequel se trouvait Morales, Álvaro García et Gabriela Montaño aille à Lima (Pérou).

 

Selon la version de l'église catholique, le 11 novembre, le lendemain de la démission de Morales, « on n'a pu traiter aucun sujet sauf le départ sûr du pays de l'ex-président Evo Morales pour le Mexique, c'est pourquoi j'ai demandé qu'on communique cette demande aux autorités militaires, un service qu'a rendu l'ex-président Tuto Quiroga, non en tant qu'autorité qui donne un ordre mais en tant que serviteur qui communique la demande du MAS aux autorités pour faciliter ainsi e départ en paix de l'ex-président Evo Morales. »

 

Ce communiqué affirme que des représentants de la conférence épiscopale bolivienne, de l'Union Européenne et de l'ambassade d'Espagne qui ont précisément soutenu le coup d'Etat avec l'OEA ont participé à ces négociations en tant que médiateurs. 

 

Avec un culot et en se moquant du sens commun, l'église dit qu'il fallait chercher un consensus face au « vide du pouvoir » laissé par la décision de l'ex-président Evo Morales et des autres autorités dans l'ordre de succession. 

 

Elle révèle aussi que lors de ce rendez-vous dans les locaux de l'université catholique bolivienne, « des représentants de tous les partis politiques qui avaient des représentants au Parlement, des partis élus aux élections d’octobre 2019, des comités civiques et du CONADE » étaient présents. 

 

Une fois que Morales a eu quitté la Bolivie, le 12 novembre, des négociations ont été engagées avec l'ex-sénatrice Adriana Salvatierra en tant que membre du MAS. Elle a reconnu que le MAS, au début, avait envisagé sans résultat que tous les législateurs puissent être candidats à la présidence, en pensant au Sénat. 

 

« Peu à peu, on a ouvert la voie à la solution la plus constitutionnelle, » dit le communiqué en se référant à Áñez, seconde vice-présidente du Sénat, comme présidente, sur la base de la déclaration constitutionnelle N° 003/2001 de 2001. Il dit aussi qu'il n'y a eu aucune avancée dans les négociations qui « n'aient pas été consultées et autorisées de l'étranger » par le MAS.

 

« A aucun moment, le groupe de dialogue n'a pris les décisions mais il est arrivé à un consensus unanime à propos de la succession constitutionnelle de la sénatrice Jeanine Añez et les représentants des partis ont communiqué cette solution éventuelle à l'Assemblée Plurinationale. »

 

La plainte de l'ex-députée Lidia Patty destinée à établir les responsabilités dans tous les faits qui ont découlé de la démission de Morales a provoqué l'emprisonnement d'Áñez, de 2 de ses ex-ministres et de 2 ex-hauts gradés de l'armée.

 

« Appeler ces faits « coup d'Etat » est un cirque qui ne correspond pas à la réalité, c'est pourquoi nous affirmons que les arrestations basées sur cette interprétation sont tout à fait injustes et que les détenus, pour cette raison, le sont en vertu d'une persécution politique qui ne correspond pas à la vérité  de ce qui s'est passé. C'est pourquoi nous continuons à demander pour eux un traitement humain et leur libération, » dit l'église catholique.

 

Une ex-ministre révèle que Tuto Quiroga donnait des instructions aux militaires pendant la crise de 2019

 

C'est lui, en outre, a autorisé Álvaro García et Gabriela Montaño, en plus d'Evo Morales, à voyager, raconte Teresa Morales.

 

Teresa Morales, ministre du développement de la production sous le Gouvernement d'Evo Morales, a révélé que Jorge Tuto Quiroga, qui n'occupait aucune charge publique lors de la crise post-électorale de 2019, a donné des instructions lors des négociations préalables à la proclamation de Jeanine Áñez comme présidente pour que l'avion dans lequel se trouvaient Morales, Álvaro García Linera et Gabriela Montaño se rende à Lima (Pérou).

 

Dans sa déclaration devant le procureur en tant que témoin dans l'affaire « coup d'Etat, » samedi 13 de mars, Teresa Morales a raconté que ceux qui assistaient à la réunion à l'université catholique « ont acquiescé de la tête et ont dit à Tuto: « oui, fais-le, dépêche-toi... nous le laisserons décoller... et nous commencerons à discuter avec Adriana (Salvatierra). »

 

En tant que représentants du Gouvernement de l'époque, raconte Teresa Morales, à cette réunion, il n'y avait qu'elle et la présidente du Sénat de l'époque. 

 

« Tuto parle avec le commandant de l'Armée de l'Air et lui donne pour instruction de donner l'autorisation de décoller à l'avion ans lequel se trouvaient Evo Morales, Álvaro García Linera et Gabriela Montaño. Le commandant a alors demandé si seul Evo Morales devait décoller ou aussi ceux qui l'accompagnaient : Álvaro García Linera et Gabriela Montaño. A quoi Tuto Quiroga a répondu : « Non, il n'y a pas d eproblème, les 3 ont l'autorisation, » raconte l'ex-ministre dans sa déclaration.

 

« La question que je me suis posée à ce moment-là est : Qui est Tuto Quiroga pour donner des isntructiona au commandant de l'Armée de l'Air de l'Etat s'il n'est ni député ni ministre ni une autorité d'aucune sorte ? Il n'avait que le consentement de Carlos Mesa, (Samuel) Doria Medina, (Rolando) Villena et Jerjes Justiniano”.

 

Tuto a pris le téléphone et a dit : «  Adriana est déjà là… Evo Morales va décoller... alors, nous commencerons la réunion, » poursuit Teresa Morales et elle raconte que les 2 représentants du Gouvernement de l'époque ont dit aux présents qu'il n'y aurait pas de réunion tant qu'on ne serait pas sûr qu'Evo Morales est sain et dsauf à l'étranger.

 

Alors Quiroga a insisté que le fait « qu'il ya 2 heures de vol pour Lima, nous allons avancer. » Salvatierra lui a répété que non, que d'abord, il atterrissait dans un autre pays et elles ont quitté la réunion.

 

Comme on le sait, Evo Morales et ceux qui l'accompagner ont pu se rendre au Paraguay le lendemain après plusieurs contretemps dûs à l'absence d'autorisations d'atterrissage à certains endroits. Sachant tout cela, la réunion a repris à l'université catholique de La Paz, à l'invitation de l'église catholique, en la personne de monseigneur Eugenio Scarpellini, et de l’Union Européenne, en la personne de l'ambassadeur León de la Torre.

 

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/03/19/bolivia-en-un-clara-muestra-de-su-complicidad-iglesia-catolica-niega-golpe-de-estado-y-asegura-que-anez-asumio-el-poder-por-consenso-politico/

URL de cet article:

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/03/bolivie-l-eglise-catholique-affirme-qu-anez-est-arrivee-au-pouvoir-par-consensus.html