Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Amérique Latine : Les objectifs de l'impérialisme yankee avec Biden

25 Avril 2021, 17:52pm

Publié par Bolivar Infos

Le Venezuela

 

Concernant l'Amérique Latine, la « stratégie prévisionnelle » de sécurité nationale récemment présentée est très claire en ce qui concerne l'utilisation des actions d'interventionnisme politique clandestin que les Nord-américains emploient dans la région depuis des décennies. Dans la plupart des pays de la région, leur action est identique à la formulation édulcorée du discours de Blinken: « Les Etats-Unis ne recourront pas à l'usage de la force militaire dans ses actions de changement de régime. » A ce niveau, l’intervention politique clandestine de la Centrale de Renseignement nord-américaine (CIA), de l'Agence anti-drogues (DEA), du Département d'Etat, du Département du Trésor, de l'Agence de Sécurité Nationale, de l'Agence pour le Développement et d'autres identiques comme les organisations façades NED, NDI et le NRI jouent un rôle beaucoup plus actif que la menace d'uen éventuelle utilisation de la force par la Quatrième Flotte du Commandement Sud mais il ne faut pas croire que le discours de Blinken s'applique à tous les pays de la région. Aujourd'hui, le Venezuela est le laboratoire de haute intensité de l'agression de l'Empire sous toutes ses ofrmes. On peut en tirer de nombreuses leçons pour comprendre les actions mises en place contre le Nicaragua ou la Bolivie, Cuba et l'Equateur, par exemple. Le Venezuela lui-même peut être victime à tout moment d'une intervention militaire de l'armée nord-américaine dans le style de celle qui a été réalisée contre l'île de la Grenade en 1983. La stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis est soumise à la stratégie du renseignement national et en définitive à l'action de la CIA et des autres agences de renseignement étasuniennes. La CIA a des plans d'action dans la région et travaille sur des objectifs stratégiques selon ses priorités concernant le contrôle du continent et l'hégémonie sur ce continent. De ce point de vue, le pire danger pour l'influence nord-américaine dans la région est la pénétration et l’installation du pouvoir commercial, technologique et financier de la Chine sur le continent, surtout dans des pays comme le Brésil et le Mexique et sa relation avec des pays du bloc latino-américain anti-hégémonique comme le Venezuela et Cuba. La menace, selon les Etats-Unis, augmente quand la Chine se joint à la Russie pour créer les BRICS.

 

La Chine et les partis politiques de la région

 

Une analyse géopolitique de la relation de la Chine avec des pays de la région montre une sérieuse inquiétude des Etats-Unis qui les oblige à se dépêcher de répondre : « entre 2002 et 2017, le Département International du Parti Communiste Chinois (DIP) a tenu près de 300 réunions avec 74 partis politiques différents dans 26 pays de l'Amérique Latine et des Caraïbes. » Ce qui inquiète le plus les yankees, ce sont les activités du Département International du Parti Communiste Chinois dans la région et la variété de partis politiques latino-américains avec laquelle il est en relations. Même avec des partis considérés comme de forts alliés des Etats-Unis comme le Parti de Centre Démocrate de Colombie. « Le rôle du DIP est de faciliter la construction de relations et de maintenir des liens forts entre les partis pour que la République Populaire de Chine atteigne un large ensemble d'objectifs stratégiques et géopolitiques. Ces objectifs vont de l'obtention de contrats pour des projets de développement au recueil de renseignements et au soutien absolu de régimes autoritaires de al région. » A cause de ses relations avec la Chine, le Venezuela est une menace prioritaire dans la stratégie de sécurité nationale yankee. Selon cette analyse, la Chine fait peur aux Nord-américains depuis plus d'une décennie : « Entre 2007 et 2017 la Chine a accordé quelques 64 000 000 000 de $ de prêts au Venezuela en échange de futurs envois de pétrole. Du point de vue de Pékin, le Venezuela est un partenaire idéal : doté d'innombrables minerais et riche en matières premières, il a les réserves de pétrole les plus importantes du monde. En plus de ses relations financières avec la Chine, le Venezuela a aussi été utilisé comme un autre marché pour exporter la technologie de surveillance chinoise des entreprises interdites par les Etats-Unis. » «  En 2018, le président vénézuélien, Nicolás Maduro s'est rendu à Pékin pour signer 28 accords bilatéraux et a reçu 5 000 000 000 de $ de prêts pour remettre en marche la production de pétrole. La Chine a soutenu diplomatiquement le Gouvernement vénézuélien en lui permettant de ne pas se transformer en Etat “paria”. Avec le soutien de la Chine, le Venezuela s'est assuré un siège au Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies en 2019, » ajoute l'analyse. 

 

La Russie et le Venezuela 

 

La Russie est une bouée de sauvetage cruciale pour le Venezuela qui brise les sanctions nord-américaines. Selon un document publié par un centre de réflexion nord-américain, des bombardiers nucléaires russes ont volé 6 200 milles pour atterrir à Caracas et on parle de l'éventuelle signature d'un accord qui permettrait aux bateaux de guerre russes d'utiliser les ports vénézuéliens même si on ne parle pas encore de l'installation éventuelle de missiles de croisière russes sur les côtes caribéennes du Venezuela. Ce pays possède déjà le système avancé S-300 de missiles terre-air de longue portée. Des centaines de soldats russes se sont déployés au Venezuela comme conseillers.

 

« Le soutien de Cuba au régime de Maduro par l'intermédiaire du service de renseignement cubain est également crucial. Sans le rôle du renseignement et du contre-espionnage cubains, les espoirs de la Chine et de la Russie dans le projet géopolitique vénézuélien se seraient déjà évanouis. » Par conséquent, avec une panique déguisée en analyse académique, les Etats-Unis affirment que «  le Venezuela représente une crise d'une envergure inimaginable pour toute la région. » L'analyse affirme, à cause de ce qui vient d'être dit, que « les Etats-Unis doivent renforcer leurs capacités de renseignement. Le nouveau directeur de la CIA doit réaliser une enquête exhaustive sur les failles du renseignement concernant la résistance du régime de Maduro et renforcer les actifs du renseignement nord-américain. Deux épisodes illustrent parfaitement le peu de fiabilité des sources étasuniennes : la soulèvement raté d'avril 2019 annoncé de la base aérienne (La Carlota) à Caracas et l'Opération (Gedeón), une invasion amphibie ratée en 2020 mise au point avec la Colombie voisine par un général vénézuélien sanctionné. » 

 

Les analyses sur le Venezuela cherchent à identifier ce pays avec le terrorisme comme ils l'ont fait avec l'Iraq. Selon les Nord-américains, « le Venezuela, en sa condition « d'Etat criminalisé » ou « mafieux ,» dont les institutions sont tellement pénétrées par la corruption et les intérêts criminel des entreprises transnationales, à cause de la participation du régime au crime organisé transnational et à cause du refuge qu'il fournit à des groupes qualifiés de terroristes, représente une combinaison de combustible de menaces pour la sécurité nationale des Etats-Unis. » C'est pourquoi, affirment-ils, le Centre National de Lutte contre le Terrorisme (NCTC) de la CIA doit avoir un rôle de belligérant et vaincre les terroristes et leurs plans : « Le Venezuela est un Etat en déliquescence, un refuge et un bouillon de culture pour l'extrémisme. »  Il y a entre 5 000 000 et 6 000 000 de réfugiés vénézuéliens répartis dans le monde et le FMI prédit que, fin 2023, 10 000 000 de Vénézuéliens auront fui, soit un tiers de la population. La communauté du renseignement étasunien se concentrera sur les dictatures traditionnelles et les « groupes ou les réseaux en sommeil. »

 

L'Europe se joint aux Yankees 

 

Une autre structure de pouvoir étranger possédant des ressources que mentionne Blinken dans son discours sur les priorités de la politique étrangère des USA est le Département du Trésor et ses systèmes de sanctions contre le Venezuela ou d'autres adversaires étrangers. Leur stratégie, en général, est de maintenir ou d’ajuster les sanctions au haut niveau de pression jusqu'à ce que les conditions minimales d'un certain type de négociations existent. Celles-ci doivent être le premier stimulant au lieu de les lever simplement. C'est pourquoi le Département d'Etat joindra ses plus gros efforts à ceux de l'Union Européenne et des organisations régionales pour provoquer plus de pression. Les Etats-Unis établiront des mécanismes de coordination des sanctions contre le Venezuela pour discuter de questions stratégiques (répartition des revenus du pétrole vénézuélien), ce qui garantira la cohérence de son action. « Le rôle de la collecte d'informations et du recrutement de plus d'agents à l'intérieur du régime de Maduro et des partenaires étrangers connexes seront des actions prioritaires pour que les actions du Département du Trésor et de sa structure de renseignement financier se développent bien, ainsi que la gestion du travail diplomatique du Département d'Etat dans le domaine multilatéral. » C'est pourquoi à la direction de la CIA ont été placés un diplomate de grande expérience, William Burns, comme directeur, et David S. Cohen, comme vice-directeur adjoint. Cohen, en son temps, a été sous-secrétaire du Département du Trésor pour le terrorisme et le renseignement financier. Delà, il a été nommé à la CIA et il a même été vice-chef de la CIA : « C'est pourquoi la CIA et le Département du Trésor travaillent pour éviter le transfert de capitaux et la certification des ressources vénézuéliennes à ses partenaires géopolitiques étrangers. » « D'autres agences de renseignement nord-américaines doivent contribuer à ce que le Gouvernement Biden emploie des instruments autres que les sanctions pour obtenir une pression réelle sur le régime de Maduro. Ces instruments incluent des renvois devant des tribunaux internationaux comme l'affaire ouverte actuellement contre le Venezuela à la Cor Pénale Internationale. » Augmenter la coopération entre les services de renseignement et les armées d'autres pays alliés est l'une des priorités de la stratégie prévisionnelle de sécurité nationale actuelle. D'autre part, les thèmes du COVID-19, de la migration, des réfugiés, du crime organisé, de la corruption, du blanchiment d'argent, de l'absence de démocratie, etc... sont les composantes nécessaires pour que se développent de nouveaux programmes comprenant d'autres composantes structurelles de chaque pays latino-américain comme le secteur financier, le secteur privé et la société civile qui permettraient l'interventionnisme politique clandestin. 

 

L'Amérique Centrale et le Nicaragua

 

Les problèmes de la migration, de la corruption, du crime organisé, de l'abus depouvoir, de la politique intérieure, des élections et du COVID-19 occupent une place importante dans l'ordre du jour de la politique étrangère des USA concernant l''Amérique Centrale et l'action de divers membres des agences de renseignement augmente, conformément à la stratégie de sécurité nationale mise en place par Trump en 2017. Il n'existe pratiquement aucune sphère de l'activité gouvernementale, sociale et économique de l'isthme dans laquelle les services de renseignement nord-américains n'opèrent pas. Le plan à long terme est destiné à renforcer les structures des organisations sociales, politiques, religieuses et économiques qui génèrent un nouveau groupe de dirigeants interconnectés et orientés par l'ordre du jour de Washington. La pénétration, le recrutement et la direction d'une armée d'agents dans toutes sortes d'organisations qui vont des organisations LGBTQ+ aux organisations environnementalistes et chrétiennes évangéliques sans exclure les objectifs traditionnels comme les syndicats, les mouvements paysans, de jeunes et maintenant, avec beaucoup plus de force, les minorités ethniques, sont d'une grande importance. Les escadrons de jeunes des corps de paix, les activistes chrétiens évangéliques, les mormons, les témoins de Jéhovah, les anthropologues, les sociologues, les communicants pullulent dans toute l'Amérique Centrale. Ils créent et renforcent les réseaux de soutien à la déstabilisation permanente, une chose qui n'est pas perçue rapidement dans la guerre politique. Avec un soi-disant plan d'aide pour affronter la pandémie de COVID-19, les services nord-américains ont une large marge d'action. Un autre grand domaine de pénétration est l'ouverture au financement des grands négoces qui soi-disant stimulent le commerce et donnent une fausse image de rétablissement. D'autre part, le commerce transfrontalier régional et le financement clandestin de petits commerçants et producteurs dans des villes éloignées de la capitale, dans les zones frontalières et de production est une façon d'agir clandestinement plus efficace non seulement pour les services de renseignements mais aussi pour le crime orgnaisé. Actuellement, le Gouvernement Biden affirme qu'il destinera 4 000 000 000 d e$ au Triangle du Nord (Guatemala, Salvador et Honduras) pendant les 4 prochaines années comme force de gravité destinée à retenir ces 3 pays dans l'orbite de Washington. Dans le cadre de ses relations avec l'Amérique Centrale, le Nicaragua occupe une place différente non à cause de sa proximité avec la Chine continentale (comme c'es le cas du Venezuela) mais à cause de ses relations stratégiques avec la Russie et Cuba qui sont scrutées à la loupe par les Etats-Unis qui ont déjà préparé un livre blanc sur la menace que ces relations représentent également pour la sécurité nationale nord-américaine. L'activisme des services nord-américain se concentre sur le changement de régime dans l'isthme avec un certain succès au Honduras et au Guatemala mais beaucoup moins au Nicaragua. C'est pourquoi leur objectif principal est de créer et renforcer une opposition politique qui puisse défier constamment le Gouvernement sandiniste, créer plus de rapprochement entre le secteur privé et la société civile en réduisant la capacité de certains partis politiques, organiser la déstabilisation du Gouvernement sandiniste surtout pendant cette année électorale grâce à un coup d'Etat doux (avant ou après les résultats des élections) qui finalement couperait l'accès à la Russie et à Cuba dans des termes géopolitiques qui menacent la sécurité nationale des USA, affaiblir le bloc régional anti-hégémonique. Pour atteindre cet objectif, il existe tout un enchevêtrement d'expériences accumulées qui ont été mises en place publiquement et clandestinement. Continuer à faire au Gouvernement sandiniste des propositions économiques et financières, commerciales et d'investissement qui provoquent le départ du Nicaragua du bloc régional anti-hégémonique et le placent dans l'orbite de l'ordre du jour de Washington. Dans le cas contraire, augmenter la guerre de sanctions jointe à la pression internationale sur le Nicaragua de façon permanente jusqu'à obtenir son isolement et son affaiblissement comme pour le Venezuela.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/04/19/pensamiento-critico-los-objetivos-del-imperialismo-yanqui-con-el-nuevo-titere-presidente/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/04/amerique-latine-les-objectifs-de-l-imperialisme-yankee-avec-biden.html