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Notre Amérique : l’oligarchie à l’assaut de la Bolivie et le Venezuela

12 Avril 2021, 16:37pm

Publié par Bolivar Infos

Par Geraldine Colotti

Voici un résumé de l’émission Brecce diffusée par la Radio Quarantena (www.spreaker.com) , sur l’air de la chanson “Abre brecha” du chanteur Ali Primera.

Aujourd’hui nous parlerons de la situation en Bolivie et au Venezuela, dans le contexte de la réorganisation des forces conservatrices qui se sont reconfigurées en fonction de la politique de la nouvelle administration Biden, et de la poursuite substantielle de la politique extérieure menée par l’ancien locataire de la Maison Blanche, que ce soit en Amérique Latine ou ailleurs dans le monde. Politique qui a laissé la voie libre à la répression criminelle du gouvernement d’Ivan Duque contre son peuple, la Colombie étant le principal cheval de Troie des Etats-Unis dans la région.

A la longue liste des assassinats d’ex-guérilleros qui sont pourtant passés à la politique légale et de leaders sociaux vient s’ajouter le meurtre de la Maire d’une communauté indigène du département de Putumayo, tuée avec son bébé de 5 mois. Une de ses filles et un petit-fils ont été blessés.

Des massacres sans fin qui, bien-sûr, ne provoqueront pas de demande de sanctions de la part des Etats-Unis, qui subventionnent l’industrie militaire de ce pays au nom de la sécurité et de la “lutte contre le terrorisme et du trafic de drogue”. Par contre, nous assistons à un tollé général de toutes les forces qui ont organisé et financé le Coup d’Etat contre Evo Morales de 2019 en Bolivie en réaction aux procédures judiciaires qui ont abouti à l’arrestation de la présidente intérimaire autoproclamée Janine Anez et de certains de ses collaborateurs les plus proches.

A protesté l’oligarchie de Santa Cruz, riche département qui se veut le miroir de Miami et dont les escadrons fascistes appelés Comités Civiques, se sont déchaînés à travers tout le pays pour y amplifier les allégations de fraude durant les dernières élections législatives.

A haussé le ton la Conférence Episcopale Bolivienne, qui s’est depuis toujours opposée à tout ce qui pouvait ressembler à du socialisme dans la région.

Ont dénoncé les “violations des droits de l’homme” les grandes organisations internationales qui avaient favorisé et financé le Coup d’Etat, comme l’ont récemment confirmé des sources provenant du Foreign Office au portail anglais Desclassifiel UK qui travaille sur le renseignement et la politique extérieure : selon ce site, l’Ambassade de Grande Bretagne à La Paz a rapidement pris position pour les putschistes, avec la CIA et la méphitique Organisation des Etats Américains dirigée par Luis Almagro, l’homme de Washington.

Et pour cause : dans la petite Bolivie est en jeu le contrôle d’une ressource stratégique pour le capitalisme, le lithium, les immenses réserves de lithium, les plus importantes de la planète, que les gouvernements d’Evo Morales auraient voulu transformer dans le pays avec l’aide de la Chine. Almagro a aussitôt dénoncé de prétendues violations des droits humains à l’encontre d’Anez qui, en raison de son hypertension, est constamment sous contrôle médical et surtout médiatique, puisque les médias privés ont été les principaux artisans du coup d’état dont ils nient aujourd’hui l’existence.

Leur prêtent main-forte les grandes organisations humanitaires de pair avec l’Union Européenne, toujours “préoccupée” par ce que font les gouvernements progressistes et socialistes mais jamais par les agissements menés contre ces gouvernements par les forces déstabilisatrices qui trouvent toujours refuge et appui dans les pays européens.

Comme vous devez vous en souvenir, le Coup d’Etat en Bolivie a été organisé longtemps à l’avance, quand les médias hégémoniques locaux et internationaux, CNN et El Pais notamment, ont commencé à faire courir le bruit que Morales préparait une énorme fraude électorale, remake qui a facilité les manœuvres d’Almagro et qui s’est ensuite révélé complètement faux, comme l’ont démontré plusieurs enquêtes ultérieures. Par conséquent, Almagro est tout autant responsable que Janine Anez de la mort de 36 personnes lors des massacres de Sacaba et Senkata et d’autres exactions sanglantes comme les centaines de blessés et les 1500 prisonniers politiques qui ont résulté de la chasse aux sorcières déclenchée par les putschistes et n’ont pas reçu l’audience internationale dont a joui l’auto-proclamée dès les premières heures de sa détention.

Les autorités boliviennes, avec le soutien d’organisations internationales d’orientation opposée à celles gérées par les Etats-Unis, comme l’ALBA, et celui des mouvements populaires, ont mis Almagro en accusation et exigent qu’il soit renvoyé devant la Cour Pénale Internationale.

La Bolivie exerce actuellement le leadership de l’Alliance Bolivarienne des Peuples de notre Amérique, l’ALBA, et joue également un rôle central dans la nouvelle organisation RUNASUR qui regroupe les organisations sociales et les mouvements indigénistes du Sud, laquelle s’est également prononcée contre Almagro.

Mais aux yeux de l’impérialisme, l’impunité de ses propres crimes doit prévaloir, en Amérique Latine avant tout, jusqu’à ce que le patron nord-américain décide de changer de pions au moyen de procès pour corruption (comme au Honduras, au Guatemala ou au Pérou) contre ceux qui ne sont plus au goût du jour.

Pendant ce temps, la bataille juridique pour sortir la putschiste Anez de prison a été engagée tandis qu’une lettre très pertinente lui rappelle : “Ne vous en faites pas, Mme Anez, vous ne serez pas traitée comme l’a été la députée indigène du MAS dont les sévices publics a fait le tour du monde pendant votre Coup d’Etat : dépouillée de sa tenue traditionnelle, la pollera, traînée dans la rue la tête rasée et couverte de peinture rouge. Nous ne te ressemblons pas”.

Mais pendant ce temps-là, la démolition de l’image publique de l’ancien Président Morales se poursuit avec l’accusation d’avoir entretenu une relation sentimentale avec une jeune fille mineure. Des dames de l’oligarchie ont manifesté devant la prison où est détenue Anez –qui est loin d’être une féministe progressiste mais plutôt une version féminine de Bolsonaro- et ont accueilli Evo Morales avec des pancartes le traitant de pédophile lors d’un acte de préparation du 2ème tour des élections régionales. La malencontreuse réaction machiste de quelques députés du MAS a bien entendu apporté sur un plateau d’argent l’opportunité aux médias de communication de multiplier leurs arguments contre le Gouvernement Bolivien, faisant tout pour intensifier les dissensions internes et empêcher qu’une alternative conforme à la réalité et non à la volonté du grand capital international soit trouvée.

Le niveau de machisme dans les sociétés latino-américaines n’est nullement négligeable et les avancées dans la lutte des femmes peuvent être considérés comme significatives, y compris en Bolivie.

Cependant, après Cuba, le Venezuela est le pays d’Amérique Latine où les acquis obtenus par les femmes sont les plus visibles, tant en termes d’autonomie économique que de pouvoir réel, c’est-à-dire par leur présence parfois majoritaire dans les organes du pouvoir exécutif et jusqu’à plus de 80% dans les organes décisionnels du pouvoir populaire.

La Constitution Bolivarienne, déclinée dans les deux genres, s’est enrichie d’un corpus législatif d’avant-garde en matière de lutte contre le patriarcat et la violence de genre. Mais selon les féministes vénézuéliennes réunies lors de la préparation du Congrès Bicentenaire des Peuples du Monde, un long chemin reste à parcourir.

Plus de 200 femmes, représentantes de diverses organisations de différents pays du monde y ont participé et partagé leur vision commune de la lutte anti patriarcale comme étant l’axe central de la lutte contre le capitalisme et l’impérialisme, réaffirmant le lien entre socialisme et féminisme. Ce lien qui s’est malheureusement rompu dans les pays capitalistes où, après la défaite du cycle de luttes des années 70, le thème de la libération des femmes s’est éloigné de la lutte pour la libération de tous et de toutes. Du point de vue du socialisme féministe vénézuélien, qui souligne la nécessité de combiner l’histoire des luttes insurrectionnelles des deux premières années de l’indépendance par rapport à l’impérialisme avec celle des luttes révolutionnaires, y compris armées, contre les démocraties bourgeoises de la IVe République, nous donne une indication sur la façon d’articuler différentes luttes et positions divergentes dans le cadre d’un agenda international commun.

Cette position parviendra à la connaissance des autres acteurs, hommes et femmes qui participent au socialisme bolivarien marqué par la lutte de genre, ce mois de mars au Venezuela étant entièrement consacré aux femmes au Venezuela. Du 22 au 26, tous ces secteurs de la population se rassembleront pour converger vers la Séance Plénière Internationale du Congrès dans laquelle la classe ouvrière développe une plateforme de lutte commune au niveau international, et dont le thème central est celui de la lutte contre les grandes entreprises médiatiques et le développement de réseaux de communication alternatifs pour combattre les mensonges médiatiques.

En effet, personne ne nous parlera des nombreuses usines occupées par les travailleurs après qu’elles leur aient été remises par le gouvernement bolivarien pour leur gestion directe, en application de la législation du travail d’avant-garde qui l’autorise. Personne ne nous expliquera l’importance de cette gestion, des conseils de production, organes d’autogestion des travailleurs, associée à la gestion des quartiers qui représente l’axe central du fonctionnement des communes. Personne ne fera de comparaison avec les gouvernements qui détruisent tous les acquis dans les pays capitalistes européens, en commençant par l’Italie où de gros industriels et de grands groupes sont aidés au détriment des intérêts et de la santé des secteurs populaires. Des sociétés qui, après avoir empoché les ressources publiques, ferment les usines pour les délocaliser dans des pays du sud où n’existent pas de lois sur la protection du travail comparable à celle qui a été votée il y a dix ans au Venezuela, pays où des ministres accompagnent les travailleurs pour occuper les usines gérées par le secteur privé.

Par ailleurs, les pages des grands journaux tout comme les cerveaux lavés de leurs lecteurs sont remplis de fausses nouvelles sur la “dictature” de Maduro et les entreprises inexistantes du “gouvernement-fake” également inexistant du “président par intérim” autoproclamé du Venezuela, Juan Guaido.

Une fiction très dangereuse comme on a pu le constater en Bolivie, alimentée par les constantes mesures criminelles prises par les Etats-Unis et l’Union Européenne et l’imposition de sanctions au peuple vénézuélien.

Nous vous recommandons de lire les deux nouvelles antagonistes : la première provient du groupe de journalistes d’investigation du portail Mision Verdad qui analyse une information de l’ Agence Crisis Groupfinancée par Soros. Afin d’attaquer le gouvernement bolivarien, Crisis Group analyse l’influence du discours et des agissements de soi-disant “exilés” Vénézuéliens sur les pays dans lesquels ils se trouvent et vivent dans le luxe. Cette influence existe aussi en Italie tout comme elle pèse fortement sur le Parlement Européen et l’Amérique du Nord, de la même manière que l’anti castrisme de Miami.

L’autre perle provient du journal quotidien d’extrême droite espagnol ABC bien connu pour ses faux scoops régulièrement niés puis repris dans une logique de fake news. Il s’agit en l’occurrence de chasseurs de primes organisés et financés par de grands groupes internationaux qui circulent au Venezuela pour tenter d’empocher la récompense multimillionnaire que Trump a promise pour les têtes de Maduro et des principaux leaders de la Révolution Bolivarienne. Tout récemment, le Vice-Président du Parti Socialiste Uni du Venezuela, Diosdado Cabello, a annoncé la découverte d’un de ces groupes.

Nous conclurons sur une nouvelle qui fait date : la création en Sicile du Collectif Internationaliste Vents du Sud.

Vents du Sud prend position contre les guerres économiques de l’OTAN et de ses vassaux, contre le capitalisme et le patriarcat, contre le blocus de Cuba et du Venezuela et contre le nouveau Far West des démocraties bourgeoises. Notre premier rendez-vous sera pour le 23 mars à 18 h 30 en Italie (1,30 pm au Venezuela) sur Facebook. Ne le ratez pas.

traduction Frédérique Buhl pour Bolivar Infos

Source en espagnol:

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/03/22/nuestraamerica-la-oligarquia-al-ataque-conra-bolivia-y-venezuela/

URL de cet article:

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/04/notre-amerique-l-oligarchie-a-l-assaut-de-la-bolivie-et-le-venezuela-par-geraldine-colotti-resume-latinoamericain-22-mars-2021-voici