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Venezuela : Les effets destructeurs du blocus sur la frange pétrolifère de l'Orénoque 

7 Avril 2021, 16:32pm

Publié par Bolivar Infos

A Mission Vérité, nous avons réalisé un suivi des effets négatifs des mesures coercitives unilatérales (MCU) sur le Venezuela et plus particulièrement sur la principale entreprise qui fournit au pays les revenus du pétrole : Petróleos de Venezuela, S.A. (PDVSA).

 

Tous les rapports réalisés par des organisations ou des acteurs qui ne sont pas liés entre eux mais ont le Venezuela au centre de leur attention ont la même conclusion concernant les effets du blocus étasunien sur l'économie locale : chaque agression contre PDVSA grâce aux ordres exécutifs du Gouvernement étasunien de service a frappé notablement la production de brut du pays et provoqué des dommages importants dans des domaines sensibles de toute l'économie vénézuélienne.

 

L'économiste anti-chaviste Francisco Rodríguez a fait un rapport sur les répercussions des mesures coercitives unilatérales sur la production de pétrole dans la frange de l'Orénoque 

 

Les données les plus importantes :

 

La production commence à baisser en 2016

 

en se basant sur des données de l' OPEP pour faire ses propres calculs, Rodríguez signale que la production de pétrole a été stable jusqu'en 2016 où, à cause de la baisse des prix du brut au niveau mondial, elle baisse légèrement.

 

Mais la baisse s'accélère à partir de 2017, quand est mise en œuvre la première escalade des mesures coercitives unilatérales grâce à l'ordre exécutif 13808 signé par Donald Trump en août 2017.

 

Cet ordre exécutif contient des « sanctions » par secteurs avec des opérations interdites aux Etasuniens et à des entités opérant aux Etats-Unis. Ces sanctions ont pour but essentiel d'attaquer les opérations financières impliquant PDVSA.

 

Dans son enquête, Rodríguez excepte qu'avant l'imposition de «  sanctions » PDVSA avait commencé à refinancer une part importante de ses arriérés avec les fournisseurs de services grâce à l'émission de billets à ordre de la loi de New York et conclut que l'ordre exécutif 13808 a mis fin à cette sorte d'accords en interdisant de payer la dette à tout créancier qualifié de « personne des Etats-Unis. »

 

Rodríguez note qu'à la mi-2017, PDVSA conservait au moins 3 200 000 000 de $ de billets à ordre avec General Electric, Halliburton et Schlumberger mais que ces mesures coercitives unilatérales l'ont empêché d'émettre de nouveaux billets à ordre et ont empêché leurs détenteurs de négocier ceux-ci.

 

Même s'il y a la possibilité d'obtenir des autorisations de l' OFAC, ce mécanisme alternatif a peu ou pas du tout d'efficacité comme c'est dit dans la révision du rapport du bureau de Reddition de Compte du Gouvernement des Etats-Unis (GAO) dont nous avons déjà parlé dans cette tribune. Ce mécanisme a causé, selon Rodríguez, de grosses pertes aux entreprises qui avaient accepté de renégocier la dette avec PDVSA.

 

Mais Chevron est la seule entreprise étasunienne en territoire vénézuélien à qui on a accordé des autorisations pour continuer à opérer au Venezuela avec d'autres entreprises étasuniennes dès le début de l'application des mesures coercitives unilatérales au secteur pétrolier. Cela n'a pas été le cas des entreprises européennes comme Repsol et ENI.

 

L'économiste mentionne aussi le fait que la production a subi sa plus forte baisse en 2019 avec l'application de sanctions secondaires à ce secteur. Cette donnée concernant les «  sanctions secondaires » est cruciale dans la recrudescence de ce mécanisme unilatéral envers PDVSA puisque dans l'argot « sanctionneur, » les secondaires étaient destinées à convaincre les personnes qui ne sont pas Etasuniennes de changer de position dans leurs actions commerciales et financières.

 

C'est à dire que cette sorte de sanctions agit essentiellement sur la restriction de l'accès d'uen personne non étasunienne au marché des capitaux ou au système bancaire des Etats-Unis si cette personne a des relations avecPDVSA. 

 

Là, nous sommes en train de parler du fait que dans la frange pétrolifère de l'Orénoque Hugo Chávez, des accords de coopération ont été signés avec une longue liste d'entreprises comme Rosneft, Repsol, ONGC, Oil India Limited, Indian Oil Corporation, Chevron, INPEX et Mitsubishi, pour n'en nommer que quelques-unes. A toutes, le fait de réaliser ou de continuer à faire des opérations pétrolières dans le pays a porté préjudice.

 

Rodríguez dit qu'il y a plusieurs raisons qui ont fait que les « sanctions » financières ont conduit le pays à une situation de l'industrie pétrolière bien pire que s'il n'y avait pas eu de sanctions. L'une d'elles est celel que j'expose dans leparagraphe suivant :

 

Les réserves de la frange pétrolifère de l'Orénoque 

 

La frange pétrolifère de l'Orénoque a été nationalisée en 2007 par le président de l'époque, Hugo Chávez. Elle est composée par 4 grands champs de pétrole dans lesquels sont impliquées commercialement et opérationnellement plus de 20 entreprises étrangères, ce qui en a fait le cœur géostratégique pétrolier du pays.

 

Dans le rapport de Rodríguez, on voit un graphique de la production de la frange sur lequel on constate une croissance de la production entre 2009 et 2015. Même en ces temps de chute de la production générale due à la chute des prix en 2016, la production de la frange était restée stable jusqu'en août 2017, où a commencé la baisse prononcée dans le domaine de l'exploitation pétrolière.

 

Ceci est lié avec ce que nous avons expliqué auparavant à propos des « sanctions secondaires ». Par exemple, en 2020 le Gouvernement de Donald Trump a imposé des mesures coercitives unilatérales à l’entreprise russe Rosneft Trading pour ses liens commerciaux avec le Gouvernement constitutionnel de Nicolás Maduro.

 

En définitive, la production de brut dans le pays a subi une grave baisse aussi bien dans les champs exploités dans leur totalité par PDVSA que dans ceux contrôlés par des entreprises mixtes avec des associés étrangers et privés.

 

Le président Hugo Chávez avait fait savoir que pour 2012, plus d'1 000 000 de barils par jour environ étaient produits dans la frange et qu'il espérait, au milieu de cette année, atteindre 1 500 000 car le plan, dans ce grand territoire d'extraction d'hydrocarbures était d'arriver à 4 000 000 de barils par jour en 2019. Les calculs, les investissements et le plan étaient clairs et fiables mais la coercition illégale des Etats-Unis dans ce secteur n'a fait que faire obstacle aux objectifs de développement immédiat au Venezuela.

 

Conclusion de l'enquête

 

Rodríguez et son équipe ont employé des calculs financiers et économiques pour corroborer leur hypothèse sur les effets des « sanctions » sur le secteur pétrolier du pays. En utilisant l'accès différentiel au crédit des entreprises pétrolières dans la frange pétrolifère de l'Orénoque, l'économiste vénézuélien note ce qui suit :

 

L'absence d'accès au marché des crédits provoqué par les « sanctions » peut expliquer entre 45,4% et 61,7% de la baisse de la production observée dans la région qui englobe la frange.

 

Leurs estimations suggèrent qu'en l'absence des mesures coercitives unilatérales appliquées au secteur pétrolier, les exportations de pétrole du Venezuela aurait pu être 3 ou 3 fois plus importantes environ que leur niveau actuel.

 

Les « sanctions » financières et pétrolières ont causé de grosses pertes à la production de pétrole des entreprises qui avaient des accords de financement spéciaux qui permettaient d'accéder au crédit par rapport aux entreprises qui n'en avaient pas. En bref, on a enregistré environ la moitié de la baisse de la production dans ces entreprises à partir de l'adoption des mesures étasuniennes.

 

Rodríguez explique qu'en empêchant les autres entreprises de pouvoir avoir accès à des accords similaires, les « sanctions » ont empêché l'adoption de politiques qui, si elles avaient ét émises en œuvre, auraient assuré la stabilité de la production dans la frange.

 

Les dispositions financières de Washington ont agi comme une attaque économique chirurgicale capable de multiplier les effets d'un embargo commercial dans toutes ses règles.

 

Il faut signaler que bien qu'en 2017, on ait imposé des « sanctions » aux entreprises des Etats-Unis qui établiraient ou maintiendraient des relations commerciales et financières avec PDVSA, cette manœuvre a eu des incidences sur d'autres acteurs internationaux parce que dans cette menace, il y avait la possibilité d'être inscrit sur uneliste noire et d'être victime d'une série de pénalités qui on violait ce « Décret Trump. »

 

On sait que cette sorte d'ordre exécutif est émis sous la protection de la Loi sur les Pouvoirs Economiques en cas d'Urgence Internationale (IEEPA). En outre, depuis 2014 la Loi sur la Défense des Droits de l'Homme et de la Société Civile du Venezuela a ouvert le voie à toutes les mesures coercitives unilatérales imposées au Venezuela.

 

Alors, si en violant la Loi sur les Pouvoirs Economiques en cas d'Urgence Internationale, on peut avoir des amendes pouvant aller jusqu'à 1 000 000 de $ par infraction, quelle entreprise internationale prendra cette sorte de risque dans une situation de coercition unilatérale comme celle-ci ? Même si une personne physique cherche à négocier avec PDVSA, elle pourrait être passible de 20 ans de prison, selon cette loi.

 

En tenant compte des résultats de l'analyse de Rodríguez, on ajoute une nouvelle preuve à la longue liste des gros impacts des mesures coercitives unilatérales surle secteur pétrolier. Un impact qui affecte indubitablement, comme nous l'avons dénoncé pendant des années, l'économie du pays. 

 

Rodríguez note que les accords de financement ont été une réussite pour PDVSA entre 2013 et 2017. Finalement, le coup le plus important était destiné au moyau attractif de la france : porter atteinte aux accords de financement et aux négociations qui, comme avec PETROCARIBE, étaient inégalables dans la sphère du négoce pétrolier.

 

La privation de l'accès aux marchés des capitaux et des finances du monde a ébréché notablement la production de pétrole du pays en brisant la capacité d'exportation du Venezuela vers ses différents partenaires dans le monde. 

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/04/06/venezuela-los-efectos-destructivos-del-bloqueo-en-la-franja-petrolifera-del-orinoco/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/04/venezuela-les-effets-destructeurs-du-blocus-sur-la-frange-petrolifere-de-l-orenoque.html