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Venezuela : La Colombie a rendu impossible un dialogue sur le conflit frontalier

17 Mai 2021, 17:16pm

Publié par Bolivar Infos

Par Nathali Gómez

 

Le chancelier vénézuélien Jorge Arreaza va demander au Mexique qui occupe le présidence tournante de la CELAC de jouer le rôle de médiateur.

 

La tentative de rapprochement entre le Venezuela et la Colombie pour aborder conjointement les mesures à prendre après les affrontements entre l'Armée vénézuélienne et les groupes armés colombiens dans l'état vénézuélien d'Apure, frontalier avec le département colombien d'Arauca a subi un nouveau revers.

 

Ce conflit « tertiarisé » comme l'appelle le gouvernement vénézuélien, s'est déroulé pendant 2 semaines et a fait 8 morts et 30 blessés parmi la Force Armée Nationale Bolivarienne (FANB). Il y a eu des attaques avec des mines anti-personnelles et il a provoqué l'angoisse de la population.

 

Après que cette semaine, le chancelier Jorge Arreaza, ait pris la décision de demander au Mexique qui occupe le présidence tournante de la Communauté des Etats Latino-américains et Caribéens (CELAC) de jouer le rôle de médiateur pour discuter avec Bogotá et s'occuper de la situation sur la frontière, son homologue colombienne, Claudia Blum, a claqué la porte à la possibilité d'un rapprochement dans un message officiel publié sur les réseaux sociaux de la Chancellerie colombienne qui a été rejeté par Caracas.

 

Qu'a dit la Colombie après les attaques ?

 

La ministre des Affaires Etrangères colombienne a dit sur une vidéo d'un peu plus d'une minute que le Gouvernement de Nicolás Maduro est une «dictature» et elle l'a accusé d'être « complice » des groupes « de trafiquants de drogues et de terroristes » qui soi-disant sont reçus dans le pays voisin sans que la Colombie en ait jamais montré de preuves.

 

Jusqu'à présent, la seule preuve donnée par Duque pour soutenir ses affirmations a été présentée en 2019 lors de son intervention à la 74 ème session de l'Assemblée Générale de l'ONU et s'est révélée fausse. Le président avait montré un ensemble de photos qui montraient des camps de guérilléros soi-disant en territoire vénézuélien et qui avaient été prises en Colombie.

 

La chancelière, sans s'étendre sur les mesures prises par le Gouvernement face à la situation sur cette frontière poreuse où on a dénoncé, en outre, la présence d’organisations de trafic de drogues et de paramilitaires en provenance de Colombie, a rejeté les actions de Caracas pour repousser ces groupes qui se trouvent sur son territoire.

 

« Récemment, cette dictature a cherché à montrer une image fictive de lutte contre la crime mais le monde sait que le régime de Maduro ne respecte aucun cadre légal, » a déclaré Blum.

 

Pour elle, le combat de l'Armée vénézuélienne contre les groupes illégaux est un recours de Maduro destiné à « détourner l'attention internationale » de sa « relation complice » avec l'Armée de Libération Nationale (ELN) et la dissidence des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) « qui, pendant des années, ont trouvé refuge au Venezuela. »

 

Elle a aussi ratifié la position du Gouvernement de Duque sur « la pression diplomatique internationale pour ramener la démocratie » dans le pays voisin. Bogotá reconnaît encore l'ex-député Juan Guaidó, qui s'est autoproclamé « président par intérim » et soutient les mesures destinées à déposer Maduro.

 

Face à ces déclarations qui semblent briser à nouveau toute possibilité de rétablissement des conversations entre les 2 pays dans une situation de conflit, le chancelier vénézuélien, Jorge Arreaza, a qualifié « d'insolite » l'attitude du Gouvernement du président Iván Duque dans un twitt dans lequel il répondait à son homologue colombienne : « Bien que les groupes armés liés au trafic de drogues soient colombiens et agressent le Venezuela, » celui-ci a envoyé un message à sa chancelière pour « trouver des canaux de dialogue » et elle a répondu par un scénario primitif, irresponsable et idéologisé. »

 

Cette ligne dure de la Colombie sur le traitement des problèmes communs a aussi été suivie cette semaine par le ministre de la Défense, Diego Molano, dans un débat de contrôle politique à la chambre des Représentants mercredi dernier.

 

Lors de sa comparution sur les problèmes intérieurs, Molano a déclaré qu'il y a « 5 grands symboles du mal » : dont la Force Publqiue colombienne a hérité de l'accord de paix et il a cité les dissidents des FARC qui « aujourd'hui, se cachent au Venezuela, diffusent des vidéos avec des menaces et cherchent à contrôler les affaires de la frontière. »

 

Quelles mesures a pris le Venezuela? 

 

2 semaines après ces affrontements qui ont tenu en haleine les populations frontalières des 2 pays, le Commandement Stratégique Opérationnel (CEOFANB) a fait savoir qu'il avait déployé des troupes d'action rapide dans tout l'état d'Apure pour « combattre les groupes terroristes armés illégaux. »

 

Le lendemain, le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, a annoncé la mise en place de la « zone d'opération de défense intégrale temporaire spéciale » dans 3 municipalités de l'état (José Antonio Páez, Muñoz et Rómulo Gallegos). Cette mesure s'étend sur les 710 kilomètres carrés de frontière sud d'Apure où se trouvent les villages vénézuéliens d'El Nula, Guasdualito et La Victoria, frontaliers avec les départmeents colombiens d'Arauca et de Vichada.

 

A propos des mesures de sécurité qui ont été prises dans cette zone, les routes de transport terrestre, aérien et fluvial sont contrôlées dans les 3 municipalités d'Apure et des restrictions d'horaires ont été imposées pour les déplacements par n'importe quelle voie ainsi que pour le fonctionnement des lieux de loisirs.

 

Sur cette même ligne, e Service Adminsitratif d'Identification, de Migration et pour les Etrangers (SAIME) sera chargé d'effectuer des contrôles migratoires dans les municipalités frontalières, ce qui exige qu'on fasse connaître son changmeent de domicile ou de résidence dans la zone indiquée et le registre digital des empreintes de ceux qui entrent dans la zone ou sortent du Venezuela reste en vigueur. 

 

Le Venezuela rapporte 8 morts et 34 blessés parmi les membres de la FANB, lors de ces actions, et des attaques avec des mines anti-personnelles bien qu'en 2013, le pays ait été déclaré territoire libre de mines anti-personnelles. C'est pourquoi Caracas a envoyé une lettre à l' ONU pour demander de l'aide pour les éliminer.

 

Ces combats ont fait aussi 9 morts parmi les membres des groupes armés colombiens, 6 camps illégaux ont été dissouts et 33 personnes présumées liées à ces organisations ont été arrêtées. 

 

L'impossibilité d'un dialogue entre les 2 pays qui ont une frontière de plus de 2 000 kilomètres avec une grosse activité malgré les restrictions causées par le coronavirus et la rupture des relations diplomatiques en 2019, s'accompagne de dénonciations mutuelles. Caracas accuse Bogotá de ne pas s'occuper de la sécurité de son territoire, ce qui a favorisé l'action de ces organisations armées au Venezuela et les récentes attaques.

Et pour sa part, la Maison de Nariño accuse Miraflores d'héberger et de permettre aux membres de la guérilla destinés à mettre au point des plans contre le Venezuela de rester sur son territoire. 

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/04/09/nuestramerica-como-colombia-cerro-la-posibilidad-de-establecer-un-dialogo-con-venezuela-para-resolver-el-conflicto-fronterizo/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/05/venezuela-la-colombie-a-rendu-impossible-un-dialogue-sur-le-conflit-frontalier.html