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Pérou : Chronique d'un coup d'Etat annoncé 

16 Juin 2021, 17:03pm

Publié par Bolivar Infos

Jusqu'à il y a quelques jours, il n'était pas évident que a droite cherchait à utiliser la rhétorique de la négation jusqu'au non-sens (nier pour nier) alors que ni l'arithmétique (le nombre de voix) ni les institutions en charge de la procédure électorale ni les pays étrangers ni la presse internationale ni même l'OEA (d'Almagro!) ne lui donnaient raison dans son recours pour fraude sans preuve réelle.

 

Maintenant, c'est évident et cela confirme la mauvaise intention de faire un coup d'Etat de n'importe quelle façon et à tout prix.

 

En fait, peu leur importe ce qui peut arriver même si c'est tragique, à condition d'empêcher Pedro Castillo d'êdtre proclamé président de la République avec la seule légitimité possible : celle de la volonté de la majorité des électeurs et du vote du peuple.

 

La première chose que nous devons comprendre, c'est que nous ne sommes pas sur le terrain de la dispute politique avec les règles démocratiques.

 

On s'est disepnsé de cette phase et bien que certaines de ses formes soient encore conservées à la télévision avec l’organisation de groupes de citoyens qui revendiquent les symboles fascistes et commencent à opérer sous la logique de groupes de choc avec chasses aux sorcières virtuelles (« sors ton caviar ») et protestatiosn au domicile de fonctionnaires publics, nous passons de la logique du débat au terrain du harcèlement violent envers toute personne qui pense différemment et n'accepte pas le récit de droite « ils nous ont volé nos voix. »

 

C'est ce qui se passe en ce moment et avec l'aide de la presse concentrée qui met une couche de vernis sur ce qui est illégal. C'est sur cela que la droite va insister pour arriver, au moins, jusqu'au 28 juillet sans président.

 

Quelle est l'idée force ? Il y en a plusieurs mais toutes vont dans le même sens : Pedro Castillo ne doit pas être proclamé comme cela se fait dans un pays démocratique. C'est à dire que peu importe à la droite que ce chaos se prolonge pendant plus d'un mois et à Mario Vargas Llosa, à ce qu'il semble, non plus.

 

Bon, voyons ce qu'on pense être la stratégie putschiste :

 

Keiko Fujimori n'est plus une personnalité importante pour eux parce qu'il est évident que les Péruviens ne la veulent pas et ne vont pas accepter que les résultats des élections soient renversés pour lui donner la présidence. Ils ne la veulent pas parce qu'elle ne leur sert déjà plus à rien. Ou mieux, ils en ont besoin, oui, mais parce qu'elle ser de façade à leur splans de prolonger judiciairement ce processus électoral. C'est pourquoi Keiko n'apparaît plus dans le nouv eau récit du nvol des voix. Maintenant, ils disent : « le communisme nous a volé nos voix. »

 

C'est pourquoi, quand Vargas Llosa dit qu'il soutient « madame Fujimori pour qu'il n'y a it pas de corruption dans le nouveau Gouvernement, » il fait rire ou on pense que ce monsieur se paie la tête du peuple péruvien ou qu'il est d'un cynisme absolu ou qu'il est vieux et qu'il dit des idioties d'un racisme inacceptable. Ou tout à la fois. Quelque chose de plus ? « Pedro Castillo veut changer la Constitution pour élimine rle Sénat. »

 

Mais Vargas Llosa, malgrél'interveiw laplus honteuse qu'il ait donnée dans sa vie, conna$it très bien son rôle dans cette stratégie. Le Président Sagasti a fait une gaffe tonitrunate en l'appelant pour lui demander de l'aider à calmer le jeu. Il a rendu une validité à un homme aussi discrédité qu avait préféré utiliser son fils de secrétaire porte-parole pour qu'il vienne à Lima danser avec Keiko. Que vaut la parole de Vargas Llosa ? Très peu. Quand tu as même des memes sur ce que tu affirmes sérieusement, c'est qu'on en te prend déjà )plus au sérieux. Mais l’intervention de Vargas Llosa sert à la droite à maquiller le processus de coup d'Etat en gestation. A la différence de Keiko, Vargas Llosa leur est toujours utile pour continuer à avoir les médias en leur faveur. 

 

Comment renverser cette situation ? En invalidant le message de l'émetteur. Et assez de « le Nobel» ou de « il fut un grand écrivain » et de tout cela qui ne sert qu'à donner encore un peu de respectabilité à celui qui collabore avec la droite la plus réactionnaire et violente. S'indigner et rire, ça suffit ! Il faut le chasser du centre du débat. S'il n'est pas valable, il n'existe pas. Si l'intellectuel fijimoriste-qui-fut-anti-fujimoriste contineu à provoquer l'indignation bien qu'il parle de choses qu'il montre ne pas savoir et ne pas comprendre, ils gagnent. Qu'il parle seulement, lui ou son fils, et que El Comercio le repousse. Qu'il dise ce qu'il dit, c'est pareil.

 

En ce qui concerne le coup d'Etat, quelle est alors la stratégie générale ? Regarde, ils ne font pas un groupe mais un ensemble de stratèges et d’avocats qui coordonnent P2 L11 le discours comme le marketing politique « que le communisme ne me vole pas ma voix ») et les marches de petites mobilisations et groupes de choc.

 

La stratégie se divise en 2 : la première, c'est le coup d'Etat « légal » ou procédural qui a échoué quand le JNE est revenu sur la prolongation illégale du délai de contestation grâce à un col blanc infiltré dans le JNE. Cet artifice a échoué mais pas toute la stratégie. Et en fait, elle n'a pas échoué parce qu'elle a obtenu ce qu'elle voulait : gagner du temps. A travers les actions d'avocats appartenant à des cabinets très chers (« qu'ils disent dne pas payer ») la droite cherche à faire durer la procédure jusqu'au 28 juillet.

 

Comment ? En étourdissant grâce à de multiples appels qu'ils vont présenter chaque fois que le JNE décidera de proclamer Castillo vainqueur. Ils vont faire appel jusqu'au pire ridicule pour gagner des jours. Tandis que dans les rues, ils cherchent à ce que la mèche s'enflamme, dans le domaine de la procédure, ils cherchent à affaiblir les fonctionnaires (pour cela, ils ont balancé Salas du JNE et Corvetto de l'ONPE) et à bloquer toute avancée. Si l'appel échoue, ils demandent des mesures de protection, toutes celles qui sont nécessaires. Enfin, si le JNE se renforce et décide de déclarer Castillo vainqueur, ils refuseront de la reconnaître en arguant que les mesures légales présentées par Force Populaire pour « se protéger de la fraude » n'ont pas été traitées.

 

Et pourquoi veulent-ils arriver au 28 juillet ? C'est là que le montoyisme, représenté par l'ex-militaire Jorge Montoya, arrivé second au premier tour1. Le montoyisme est la phase laplus radicale du fujimorisme affaibli par Keiko. L'idée : « si cette dame ne sait pas gagner avec tout ce qui a été fait en sa faveur, elle ne sert à rien et elle ne va jamais gagner : nous avons besoin de quelqu'un de fort qui ait la main dure et des relations avec l'Armée qui sert toujours de menace. »

 

Montoya est-il le présidentiable qui réussira à tordre la main de la démocratie ? Non, pas nécessairement. Mais en étant arrivé second aux élection pour le Congrès avec Vizcarra destitué, il pourrait gagner la présidence du Congrès tandis que le chaos résultant du fait de ne pas avoir de président deviendrait insoutenable pour les citoyens. Montoya arrive et appelle à des élections et probablement, se présente. Il n'intéresse pas réellement la droite parce qu'il présenterait, comme au premier tour, 18 des 20 candidats possibles et ne serait prêt à perdre d'aucune manière.

 

La stratégie putschiste de la droite est-elle vraiment réalisable ? Cela dépend entièrement des institutions de l'Etat, des partis qui s'opposent au coup d'Etat, des acteurs publics, des institutions privées opposées à cette manœuvre, de la communauté internationale et aussi du Président. Mais surtout des citoyens. Comme quand Merino a fait un coup d'Etat au Congrès, ce osnt les citoyens qui ont finalement le pouvoir de l'empêcher si tout s epasse mal.

 

Alors, bon : D'aucun point de vue, n ne peut laisser traîner le scénario du retard que la droite cherche à mettre en plac epour annuler les élections légitimes. Le permettre serait participer, volontairement ou non, à une manœuvre putschiste destinée à voler les voix de millions de Péruviens qui ont joué leur rôle démocratique et ont élu à la majorité Pedro Castillo Président de la République. 

 

Pour arrêter cette marée qui menace de traîner devant es tribunaux l'action du JNE et d’utiliser des arguties pour l'immobiliser et utiliser la stratégie du coup d'Etat « légal » aussi bien le Gouvernement que les institutions de l'Etat, les diverses organisations et les citoyens doivent se renforcer et faire valoir politiquement le processus électoral avec le soutien des organisations internationales et de la pression de l'étranger.

 

Ne pas oublier que les Forces Armées se sont exprimées publiquement en disant que quelque chose comme un coup d'Etat ne les intéresse pas du tout. Et sans cela, pour plus menaçants qu'ils soient, 3 ou 4 dinosaures de la politique sans charge veulent se prononcer aujourd'hui, il n'y a rien que la droite puisse faire pour faire tomber la démocratie. 

 

Les citoyens ont plus de pouvoirs qu'ils ne pensent

 

Cela a été démontré quand le coup d'Etat de Merino est tombé en 5 jours et alors, nous sommes partis de zéro.

 

Ne pas oublier cela. Ni qu'il n'y a pas eu dans les élections de véritables irrégularités selon Transparencia, les observateurs internationaux, l'OEA et la presse étrangère.

NOTE de la traductrice: