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Pérou : Une démission illégale

25 Juin 2021, 17:13pm

Publié par Bolivar Infos

Par Antonio Castillo

 

Il est évident pour tout le monde que la démission de Luis Arce Córdova du Jury National des Elections (JNE) fait partie d'une offensive mafieuse de l'accusée Keiko Fujimori contre les institutions démocratiques qui laisse la plus haute autorité électorale sans quorum et cherche à retarder indéfiniment la proclamation du vainqueur du second tour pour provoquer des troubles sociaux aux conséquences imprévisibles et soumettre le pays à une regrettable confrontation, à l’anarchie et à la violence dont elle serait la seule responsable.

 

Etant donné qu'il est interdit de démissionner de cette charge, Arce Córdova a opté pour appeler « déclinaison » sa démission illégale pour éluder la responsabilité pénale éventuelle qu'il peut encourir pour non accomplissement de ses fonctions ainsi que l'accusation constitutionnelle et la radiation pouvant aller jusqu'à 10 ans qui l'attendent pour l'outrage qu'il a fait à la Nation en l'exposant au grave danger d'instabilité et d'ingouvernabilité en trahissant la valeureuse fonction que la société lui a confiée.

 

Cela montre une nouvelle fois le danger qu'il y a à avoir le fujimorisme enraciné dans toutes les instances de l'Etat depuis plus de 20 ans (comme cet individu qui a commencé sa carrière judiciaire dans les années 90, années pendant lesquelles la justice était infiltrée par le couple Fujimori-Montesinos) donne le coup de pied de l'âne à un moment critique comme celui que nous vivons.

 

A cause du contenu pathétique et grandiloquent de sa démission, il est évident qu'Arce Córdova prétend se joindre au récit fujimorisgte de persécution pour anticiper la décision de destitution qu'il mériterait que l'Assemblée Nationale de Justice prononce à son égard à cause de ses relations bien connues avec César Hinostroza et les « cols blancs du port » et ôur les enquêtes dont il est l'objet pour le délit d'enrichissement personnel. Il est évident qu'il a choisi le moment propice pour chercher l'impunité en utilisant à la fois la torpille fujimoriste contre la ligne de flottaison du système électoral et notre fragile embarcation démocratique.

 

Ayant été désigné par le Ministère Public, le président du Jury National des Elections, sans l'accepter, porte la lettre d' Arce à la connaissance de cet orgnane constitutionnel pour que celui-ci puisse désigner le second suppléant, Pablo Sánchez Velarde, étant donné que le premier, Víctor Raúl Rodríguez Monteza, est gravement remis en question également pour ses liens avec la mafia des cols blancs. Cette mesure peut êtr adoptée puisqu'avant et pour différents motifs (grâce à un accord du 24/07/20), l'Assemblée Suprême des Procureurs avait laissé sans effet la désignation comme suppléants de Tomás Aladino Gálvez Villegas et de Zoraida Ávalos.

 

Enfin, à cause de la démission destinée à priver les sessions plénières de la plus haute instance électorale de quorum au moment où elle fait de gros efforts pour traiter la montagne de demandes malveillantes de nullité déposées par le fujimorisme et pour mener à bonne fin le processus dans le délai fixé ainsi que pour rendre visible le principe immanent d'alternance au pouvoir, les magistrats, aussi bien du Jury National des Elections que ceux du Ministère Public doivent avoir présent à l'esprit que tout ce processus doit être réalisé sous les principes d'interdiction de se contredire au détriment d'autrui, de célérité et d'économie de procédure entre autres et que, d'autre part, le pouvoir qui leur est conféré émane du peuple et que ceux qui l'exercent ou se démettent de leurs fonctions le font en assumant les responsabilités que la Constitution et les lois établissent.

 

Qui est Luis Arce Córdova ? 

 

Le procureur général Luis Arce qui est l'objet d'une enquête concernant l'affaire des cols blancs a présenté sa démission « irrévocable » en session plénière du Jury National des Elections et à la présidente du Ministère Public, Zoraida Ávalos, après que le jury ait décidé à l'unanimité de déclarer irrecevables 10 recours de Force Populaire en nullité des procès-verbaux. Mais la loi lui interdit d'abandonner sa charge.

 

Luis Arce Córdova  est avocat à l'université Inca Garcilaso de la Vega. Maître en gestion et en affaires avec mention en gérance publique de l'université nationale Hermilio Valdizán (2009). Maître en sciences pénales de l'université nationale Major de San Marcos (2011). Docteur en Droit de l'université Inca Garcilaso de la Vega. Actuellement procureur général titulaire, représentant du Ministère Public au JNE.

 

Carreière de Luis Arce Córdova

 

Il a été magistrat de la cour pénale nationale du pouvoir judiciaire (2003), président de la cour supérieure de justice d'Ucayali (2004-2006), représentant du pouvoir judiciaire au Conseil National des Droits de l'Homme (2009-2012), chef du bureau de contrôle de la magistrature de la cour supérieure de justice de Lima (2011-2012) et membre du Conseil Exécutif du district de la cour supérieure de justice de Lima (2011-2012.

 

Plaintes contre Luis Arce Córdova

 

Le magistrat est l'objet d'une enquête de l'Assemblée Nationale de Justice pour le délit présumé d'association de malfaiteurs dans l'affaire des Cols Blancs du Port et la justice du pays enquête sur lui pour trafic d'influences et enrichissement personnel entre 2011 y 2018.

 

L’association civile Avocats Démocratiques du Pérou a présenté une récusation contre Arce Córdova devant le JNE pour « conflit d'intérêt, absence de transparence et partialité » présumés en faveur de Force Populaire, l’organisation dirigée par Keiko Fujimori. 

 

Elle signale qu'il y a « conflit d'intérêt » parce qu'il est lié aux cols blancs du port, une organisation criminelle dirigée par l'ex-porte-parole suprême César Hinostroza qui aurait aidé Fujimori Higuchi grâce à ses procédures judiciaires.

 

Enfin, c'est le seul magistrat sur les 4 qui composent le JNE qui n'a pas voté les recours en nullité des procès-verbaux présentés par Force Populaire en provenance des Jury Electoraux Spéciaux de Pasco, Huari, Huaraz, Chota et Arequipa.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/06/24/peru-una-renuncia-ilegal-para-jaquear-al-jne/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/06/perou-une-demission-illegale.html