Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Argentine : Endettement, fuite de capitaux et papiers de Pandore

29 Octobre 2021, 17:52pm

Publié par Bolivar Infos

La plupart des familles les plus riches du pays, certaines, propriétaires d’entreprises qui s’opposent au gel des prix des aliments, figurent dans l’enquête récente sur l’évasion fiscale dans des paradis pfiscaux. La dette souscrite par Macri est en relation directe avec un problème structurel qui n’est toujours pas résolu et avec ceux qui en sont responsables et n’ont pas été punis.

 

La récent rapport du Consortium International de Journalistes d’Investigation (ICIJ) a révélé que l’Argentine est le troisième pays en ce qui concerne le nombre depersonnes qui y possèdent des entreprises offshore: 2 521. Il est juste derrière la russie et le Royaume Uni.

 

Dans cette liste figurent 9 des plus riches  familles argentines sur 10: Bulgheroni, Galperin, Rocca, Pérez Companc, Roemmers, Sigman-Gold, Werthein, Eurnekian y De Narváez.

 

Ce sont les mêmes qui figurent dans le top10 de la revue Forbes et qui composent le « cercle rouge » des patrons qui, il y a quelques jours, ont déjeuné à la Maison Rose.

 

C e sont les familles les plus puissantes d’Argentine qui veulent que le Gouvernement signe le plus rapidement possible un accord de restructuration de la dette avec le FMI pour pouvoir accéder sans problèmes au marché des capitaux et mettre en place un assouplissement du travail et d’autres mesures destinée sà mettre à l’abri leurs bénéfices en vue de la fin de la pandémie.

 

Une dette qui a servi à financer le placement d’actifs dans des paradis fiscaux en vidant les coffres de l’Etat.

 

Depusi la semaine dernière, par exemple, Molinos Río de la Plata, propriété de la famille Pérez Companc dont les membres, pendant la pandémie, ont déposé desplaintes pour en pas payer la Taxe sur les Grosses Fortunes, fait partie de la triade d’entreprises en situation de monopole ou qui, faisant partie de l’oligarchie, sont lesplus opposées à l’accord sur le prix des aliments destiné à soulager pendant 90 jours la bourse des Argentins.

 

La compagnie a fini l’exercice fiscal 2020 avec un bénéfice net de 1746 000 000 de pesos. Pour sa part, la compagnie leader dans le domaine des pâtes, de la farine, du riz, des herbes, des vins et du café a fait savoir à la bourse du commerce qu’elle avait fait un bénéfice de 998 000 000 de pesos pour le premier semestre 2021. L’année dernière, à la même période, elle avait fait un bénéfice net de 912 000 000.

 

Les Papiers de Panamá

 

En 2016, l’enquête connue sous le no de Papiers de Panamá avait révélé que parmi 4040 comptes dans des paradis fiscaux, on pouvait trouver ceux de l’ancien CEO d’YPF, Sebastián Eskenazi, Carlos Alberto Moltini, président de Cablevisión, des directeurs de Mastellone, Deustche Bank, Bridas et un au nom d’Amalia Fortabat, dont l’administrateur était l’actuel ministre des Finances, Alfonso Prat-Gay.

 

Selon les informations révélées à l’époque par l’étude des avocats Mossack Fonseca de Panamá, Mauricio Macri était le numéro 2 de l’entreprise off shore Fleg Trading que présidait son père.

 

Quelques jours plus tard, on a appris que Macri occupait aussi la charge de vice-président d’une autre compagnie off shore du nom de Kagemusha située au Panamá. L’ancien président, comme tous les patrons et toutes les personnalités qui sont apparus dans les 2 enquêtes, n’est toujours pas poursuivi par la justice.

 

Troisième cycle d’endettement et fuite de capitaux

 

En mars de cette année, un rapport de la Banque Centrale de la République Argentine (BCRA) a révélé qu’entre 2015 et 2019, la dette extérieure a eu comme principale répercussion la formation d’actifs à l’étranger, nom technique donné à la fuite des capitaux, de plus de 86 000 000 000 de dollars.

 

En faisant la différence entre personnes humaines et personnes juridiques, on a remarqué qu’à peine 1% des entreprises qui ont fait des achats nets ont acquis 41 124 000 000 en créant des actifs à l’étranger. Alors que dans le cas des personnes humaines, seulement 1% des acheteurs ont accumulé 16 200 000 000 de dollars en achats nets pendant cette période.

 

 

On parle de fuite des capitaux, au sens large et en résumé, quand des devises sortent – le cas le plus connu est celui du dollar - du système financier, c’est à dire quand elles sortent du circuit économique.

Qu’est-ce que la fuite des capitaux et qui lèse-t-elle ?

 

Ces devises ne partent pas obligatoirement vers d’autres pays, elles peuvent être thésaurisées à l’intérieur du pays, c’est à dire épargnées mais cela a les mêmes conséquences et les mêmes inconvénients que si elles étaient parties à l’étranger. Celles qui sont parties à l’étranger, généralement dans des sociétés off shore, peuvent le faire en grandes quantités et plus systématiquement.

 

Les sociétés off shore sont des entreprises qui sont installées dans des pays dans lesquels elles n’ont aucune activité économique. Dans les paradis fiscaux, c’est légal.

 

La fuite des devises a un impact direct sur les perspectives de développement du pays. Elle bloque le développement des forces de production puisqu’elle se rapproche de la restriction extérieure, c’est à dire qu’elle provoque une demande croissante de dollars de la part de notre pays à cause de sa structure économique de dépendance.

 

En Argentine la fuite des capitaux a houé un rôle important dans l’aggravation de la pénurie de devises, en particulier après la réforme financière menée à bien par José Alfredo Martínez de Hoz en 1977 pendant la dictature civique et militaire et la politique économique mise en place pendant sa convertibilité.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/10/26/argentina-endeudamiento-fuga-de-capitales-y-pandora-papers/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/10/argentine-endettement-fuite-de-capitaux-et-papiers-de-pandore.html