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Bolivie : Les Etats-Unis demandent le démantèlement des groupes « para-gouvernementaux »

20 Octobre 2021, 17:18pm

Publié par Bolivar Infos

Par Kevin Anibarro

 

De 2 fronts différents, on exige la mise en œuvre des recommandations du Groupe Inter-disciplinaire d'Experts Indépendants (GIEI) pour la réparation des dommages et la non répétition des violations des droits de l'homme qui ont eu lieu sous le Gouvernement de fait de Jeanine Añez.

 

D'une part, l'activiste étasunienne des droits de l'homme Kathryn Ledebur a dénoncé le harcèlement de la Résistance des Jeunes de Cochabamba (RJC) qui dure déjà depuis 2 ans. Et d'autre part, l'ambassade des Etats-Unis a adressé une lettre au Gouvernement de la Bolivie demandant que soient démantelés les groupes « para-gouvernementaux. » Ledebur est directrice du Réseau Andin d'Information et activiste des droits de l'homme. Elle travaille en Bolivie depuis 30 ans.

 

En avril de cette année, l'ancien ambassadeur de Jeanine Añez à l'OEA, Jaime Aparicio, avait accusé le Groupe Inter-disciplinaire d'Experts Indépendants « d'inclure arbitrairement dans son enquête l'activiste nord-américaine d' Evo Morales. Des médias de droite avaient amplifié cette dénonciation et le GIEI avait précisé que l'activiste « ne faisait partie du GIEI d'aucune façon. »

 

« J'ai reçu des messages sur Facebook, sur Messenger, de gens qui ont été identifiés comme des motards, comme des dirigeants (de la Résistance des Jeunes de Cochabamba) qui étaient en prison. Il y a des vidéos sur Facebook qui disent où je vis et m'accusent de terrorisme. Dans les audiences même (contre les dirigeants de la RJC) auxquelles j'ai participé comme surveillante des droits de l'homme, les avocats ont dit qu'ils « étaient jugés et avaient été arrêtés par ma faute, » a déclaré Ledebur lors d'une interview. En outre, elle a précisé que pendant toute la période pendant laquelle Añez a gouverné, pendant l'enquête des procureurs, les victimes « ont reçu des menaces permanentes utilisant des photos de membres de leur famille, de leur mère, de leurs enfants, de leurs frères, et menaçant de les violer... »

 

L'activiste a déclaré : « Il y a une volonté politique mais cela ne veut pas dire que les forces de sécurité la respectent. »

 

L'avocat Thomas Becker, un autre citoyen étasunien dans la même situation, a également dénoncé des menaces de la part de groupes de droite sur les réseaux sociaux.

 

Groupes paramilitaires à Cochabamba.

 

Dans une lettre, la chargée d'affaires de l'ambassade des Etats-Unis Charisse Phillips, a fait savoir au vice-ministre de l'Intérieur, Nelson Cox, que « des groupes para-gouvernementaux violents » menaçaient une citoyenne étasunienne et a rappelé que le GIEI avait recommandé le démantèlement de ces groupes. 

 

« J'ai appris que madame Kathryn Ledebur, activiste des droits de l'homme et directrice du Réseau Andin d'Information avait reçu des menaces de la part de groupes para-gouvernementaux violents. D'autres Étasuniens ont également été menacés à cause de leur travail sur les droits de l'homme, » a-t-elle écrit en évoquant le cas de l'avocat Thomas Becker,

 

« Je demande au Gouvernement de mettre totalement en œuvre les recommandations du GIEI et de garantir la sécurité de tous les défenseurs des droits de l'homme, » a-t-elle ajouté.

 

D'autre part, des membres des familles des victimes des massacres de Senkata et de Sacaba se rendent aujourd'hui d'El Alto et de Cochabamba, à Caracollo, à 191 kilomètres de La Paz. Le représentant de l'assemblée des Droits de l'Homme d'El Alto, David Inca, a expliqué qu'aujourd'hui débutera une marche vers La Paz destinée à réclamer la mise en œuvre des recommandations du GIEI.

 

Des membres de « l'association des veuves, des orphelins, des blessés lors du massacre de Senkata » et de  l'association des victimes, des personnes arrêtées et des prisonniers politiques du massacre de Senkata » sont partis lundi pour Caracollo, pour rejoindre les victimes de Huayllani (Sacaba). De là, les associations marcheront vers La Paz pour réclamer justice. »

 

Le Groupe Inter-disciplinaire d'Experts Indépendants (GIEI-Bolivia) a présenté en août les résultats de l'enquête sur les violences survenues après le coup d'Etat.

 

Le document conclut que le 15 novembre 2019 à Sacaba, Cochabamba, et le 19 novembre de la même année à Senkata, El Alto, il y a eu des violations des droits de l'homme, des massacres avec utilisation d'armes mortelles par les forces de sécurité et des exécutions sommaires et recommande le démantèlement des groupes para-gouvernementaux comme la Résistance des Jeunes de Cochabamba (RJC) et l'Union des Jeunes de Santa Cruz.

 

Jeanine Añez est en prison préventive depuis mars 2021, à La Paz, pour les délits présumés de sédition, conspiration et terrorisme commis en 2019.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/10/19/bolivia-la-embajada-de-ee-uu-envio-una-carta-al-gobierno-de-bolivia-solicitando-se-desmantele-grupos-paraestatales-como-la-resistencia-juvenil-cochala/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/10/bolivie-les-etats-unis-demandent-le-demantelement-des-groupes-para-gouvernementaux.html