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Pérou : Gisela Ortiz, la nouvelle cible de l’extrême droite

12 Octobre 2021, 15:03pm

Publié par Bolivar Infos

La nouvelle ministre de la culture Gisela Ortiz Péréa est devenue la nouvelle cible des attaques de l’extrême droite.

 

Son activisme en défense des droits de l’homme a suffi pour que le secteur le plus rance de la politique lance des cris au ciel et prétende la lier à des groupes subversifs.

 

Gisela Ortiz est née en 1972 à Chachapoyas, dans le département d'Amazonas et est licenciée en administration des entreprises de l’université nationale d’éducation Enrique Guzmán et Valle.

 

Son frère Enrique Ortiz a également étudié dans cette université, plus connue sous le nom de la Cantuta. C’est l’un des neuf étudiants que le groupe Colina a fait disparaître sous le régime Fujimoriste, en 1992.

 

À partir de cette date, elle a été connue pour son dur labeur en faveur de la découverte de la vérité et de l’obtention de la justice pour les disparus de la Cantuta.

 

Elle est devenue la représentante des familles des victimes de ce massacre et son témoignage a été recueilli par la Commission de la Vérité et de la Réconciliation.

 

Son autorité dans la défense des droits de l’homme l’a amenée à être reconnue en 1993 et en 2007 par le prix « Ángel Escobar Jurado » accordé par la Coordination Nationale des Droits de l’Homme.

 

Ensuite, sa lutte s’est élargie et elle est devenue une activiste des droits de l’homme et elle a plaidé pour le droit des victimes et des familles dans des affaires contre de graves crimes commis au Pérou.

 

Parallèlement, elle a obtenu des diplômes en gestion municipale (université César Vallejo), en gestion des petites entreprises et en responsabilité des entreprises (université du Pacifique).

 

Mais elle n’a jamais cessé d’être activiste et a participé à des actions destinées à abroger la loi d’amnistie pour le groupe Colina, pour le retour de la démocratie, l’extradition d’Alberto Fujimori et son jugement.

 

De plus, depuis 2009, elle était directrice des opérations de l’équipe péruvienne d’anthropologie judiciaire destinée à enquêter sur de graves violations des droits de l’homme, jusqu’à ce qu’elle ait été nommée ministre.

 

De l’activisme au ministère

 

Gisela Ortiz a prêté serment comme ministre de la culture le 6 octobre au soir, en remplacement de Ciro Gálvez qui, en deux mois de gestion, a prouvé son incapacité, sa bêtise et le fait qu’il était inapproprié pour exercer cette charge.

 

Sa nomination a fait partie de la recomposition du cabinet ministériel réalisée par Pedro Castillo, dirigé maintenant par une autre défenseure des droits de l’homme reconnue, Mirtha Vásquez.

 

Ortiz a juré d’agir « pour un Pérou pour tous, pour les hommes et les femmes de notre patrie qui luttent chaque jour pour défendre leurs droits, pour un Pérou avec une mémoire historique. »

 

Mais ceux qui ont tenté de remettre en cause sa nomination non pas manqué, comme le député José Cueto membre du groupe du parti d’extrême droite Rénovation Populaire.

 

Dans un dialogue avec RPP Noticias, le parlementaire s’est vanté de connaître des faits non connus et apparemment délictueux de la vie sans tache d’Ortiz en tant que défenseure.

 

« C’est une activistes mais nous, nous avons des rapports du renseignement qui parlent d’autres choses, » a-t-il dit sans donner plus de détails ni apporter de preuves de ce qu’il affirmait.

 

Interviewée par La República, Ortiz a répondu et a indiqué que ce n’est pas la première fois qu’on la remet en cause : « Des déclarations comme celles-là nous poursuivent depuis les années 90, »

 

« Le délit de terrorisme n’est pas prescrit et il est grave que, s’il sait qu’il y’a un rapport, il le garde caché. Qu’il le rende public et qu’il me dénonce, » a répondu la ministre de la culture.

 

Elle a aussi regretté qu’aujourd’hui, la diffamation soit devenue normale . « Ils l’appellent « terruqueo », ce qui ne veut rien dire mais ça continue à être une diffamation et c’est un délit, » a-t-elle ajouté. 

 

Pour un acte similaire de diffamation cherchant à l'impliquer dans le terrorisme, Ortiz avait dénoncé un journaliste il y a quelques années mais l'affaire est prescrite et il n'y a pas eu de sanctions.

 

Mais d’autres part, pendant que la l’extrême droite l’attaque, un groupe de la société civile s’organise pour lui apporter son soutien.

 

La Coordination Nationale des Droits de l’Homme a lancé il y a quelques jours une pétition digitale pour réunir des signatures et faire une déclaration exigeant le respect de la dignité d'Ortiz.

 

Jusqu’à présent plus de 4600 personnes ont signé la pétition et on espère arriver aux 5000 signatures avant de la fermer, lundi 11 octobre au soir.

 

« Nous exigeons des forces politiques qu’elle lancent un appel à respecter la dignité de Gisela Ortiz ainsi que celle des membres des familles qui ont consacré leur vie à la recherche de la justice et de la vérité dans notre pays. »

 

Traduction de Françoise Lopez pour Bolivar infos 

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/10/11/peru-gisela-ortiz-el-nuevo-blanco-de-la-extrema-derecha/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/10/perou-gisela-ortiz-la-nouvelle-cible-de-l-extreme-droite.html