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Venezuela : Comment interpréter les déclarations de Borrell contre López et Guaidó.

20 Octobre 2021, 17:20pm

Publié par Bolivar Infos

Josep Borrell revient à la prière page des médias vénézuéliens et européens après avoir déclaré que le secteur anti-chaviste que représentent Leopoldo López et Juan Guaidó cherche à « dynamiter » l'envoi d'une mission d'observation de l'Union Européenne (MOE) aux élections de novembre.

 

Il y a quelques jours, le haut représentant de l'Union Européenne pour les affaires Etrangères et la Politique de Sécurité avait déclaré que la MOE serait partiale politiquement (favorable à l'opposition) et avait pour but d'arbitrer les élections du 21 novembre.

 

Ce fut sans doute un moment de trouble de la part d'un porte-parole étranger à cause du processus politique qui est expérimenté au Venezuela avec le rétablissement de la constitutionnalité de l’Assemblée Nationale (AN), l'installation d'une table de dialogue et de négociations au Mexique et évidemment, les prochaines élections.

 

Même si le plus haut diplomate européen semblait ne pas tenir compte de la situation politique qui entoure la plupart des tendances de l'opposition, maintenant, il attaque ceux qui ont cherché à miner la participation de la mission d'observation de l'Union Européenne aux prochaines élections en corrigeant son attitude antérieure mais en bloc.

 

Déjà, il y a 2 jours, un article du Financial Times, porte-parole médiatique du néolibéralisme mondialisé à outrance a été publié. On y parle d'un rapport interne du Service européen d'Action à l'Etranger (SEAE), un organisme qui obéit à un mandat du haut représentant Borrell et daté de juillet, dans lequel il est dit que le contrôle européen des élections au Venezuela « pourrait être contraire à la ligne politique de l'Union Européenne, » avoir un impact négatif sur la réputation et la crédibilité de l'Union « et légitimer indirectement le processus électoral vénézuélien. »

 

Ainsi, Borrell n'aurait pas tenu compte des « recommandations » de son propre staff dans sa politique floue, un fait réprouvé par le secteur opposé à la participation de l'Union Européenne aux élections vénézuéliennes.

 

La réplique du chef de la diplomatie européenne ne s'est pas faite attendre et il a pointé du doigt les principaux organisateurs de l'anti-politique de nationalité vénézuélienne : Leopoldo López et compagnie.

 

Borrell est-il prêt ?

 

Bien que Borrell insiste que le fait que l'objectif de la MOE est de « garantir » un « jeu électoral propre », une question critiquée aussi bien par le Gouvernement Bolivarien que par d'autres secteurs de l'opposition vénézuélienne, le fait qu'il ait défendu la décision d'envoyer des observateurs à ces élections est un élément positif.

 

Rappelons que, comme l'a dit la députée au Parlement Européen qui dirigera la délégation qui se rendra au Venezuela en novembre, Isabel Santos, que la MOE se chargera exclusivement « d'observer l'acte électoral, nous présenterons un rapport avec des indications sur al forme, » ce qui ne signifie pas arbitrer et légitimer des élections organisées conformément à la Constitution et auxquelles participeront à nouveau une bonne partie de l'opposition.

 

La décision d'envoyer une mission d'observation a étgé prise après que les doutes suscités par le rapport de juillet cité par le Financial Times aient été levés (comme l'a affirmé Borrell) , c'est à dire que ce média a pris un rapport non pertinent et non opportun pour diffuser le discours disant que « les conditions ne sont pas réunies pour des élections libres et justes au Venezuela. »

 

En effet, il a pris les déclarations Carlos Vecchio, « l'ambassadeur » du « projet Guaidó» à Washington, qui a déclaré :

 

Borrell est-il prêt à légitimer la dictature ? (…) Ce rapport reflète ce que nous avons toujours dit, c'est à dire que les conditions ne sont pas réunies pour des élections au Venezuela. Il nous reste à attendre le 21 novembre pour voir ce qui va se passer : aujourd'hui, les partis politiques sont contrôlés par Maduro, les interdictions de se présenter continuent [pour les hommes politiques d'opposition]. »

 

Le fait que Borrell accuse les représentants sus-nommés de Volonté Populaire (VP) de «dynamiter» les élections alors que « les partis politiques de López et de Guaidó et leurs représentants au Parlement Européen (…) ne veulent pas qu'il y ait de mission d'observation bien que leurs partis se présentent à ces élections » attire l'attention.

 

Qu'est-ce que cela indique ? Quel est le fond du problème ?

 

Division après division

 

La scandale à cause d'un rapport caduc a servi à Borrell à aggraver les divisions au sein de l'opposition vénézuélienne en ouvrant une brèche politique entre ceux qui agissent pour la stabilité politique au Venezuela et ceux qui agissent contre.

 

Il faut dire que l'Union Européenne a réalisé un tournant dans sa politique concernant le Venezuela si on tient compte du fait que des partis membres du Parlement Européen, y compris ceux qui font à présent partie du Gouvernement espagnol,une entité qui a accordé au fondateur de volonté Populaire sa liberté de résidence et d'action pour « dynamiter » ce qu'il voulait, ont soutenu la tentative de coup d'Etat militaire dirigée par López et Guaidó le 30 avril 2019.

 

En effet, Leopoldo López Gil, le père de qui nous savons, est député au Parlement Européen pour l'Espagne, sur la liste du Parti Populaire (PP), un parti de droite qui a soutenu toutes les tentatives de destitution au Venezuela. Ainsi, un secteur anti-chaviste aurait une action politique au sein de l'Union Européenne et des intérêts d'ingérence et de conspiration.

 

Mais maintenant, l'Union Européenne, par la bouche de son haut représentant pour les Affaires Etrangères, a cessé d'appeler simplement à des élections en Républqiue Bolivarienne du Venezuela et s'engage dans uen mission d'observation qui soutient le processus politique et institutionnel grâce à des accords et à des négociations entre toutes les parties, excepté le secteur extrémiste du fondateur de Volonté Populaire.

 

Il est certain qu'il y a des représentants de VP qui seront candidats aux prochaines élections comme les anciens maires Freddy Superlano (impliqué dans des scandales lors du «Cucutazo») et Daniel Ceballos. De plus, VP, en tant que membre honoraire de ce qu'on appelle le G4, s'est engagé à soutenir toutes les candidatures de la Plateforme Unitaire, qui est la suite de la Table de l'Unité Démocratique (MUD) qui a pris un autre nom.

 

Ce qui veut dire que l'isolement ou la pause dans l'ordre du jour putschiste au Venezuela est de plus en plus important. Que ce soit à cause de la stratégie du chavisme ou par le développement organique de l'opposition ces dernières années, les divisions se osnt succédées entre l'anti-chavisme, ses dirigeants et sa base et même entre la direction et les militants de VP.

 

En conséquence, toute la population vénézuélienne et ceux qui peuvent être intéressés par le plan international, est vue comme un groupe d'anti-politiques vénézuéliens avec une expérience en ordre du jour de coups d'Etat et de scandales de corruption, restent seuls dans un coin, illuminé par les réflecteurs politiques et médiatiques et accusent tout le monde d'être un voleur alors que nous savons tous d'avance qui est le véritable escroc. 

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/10/18/venezuela-como-se-debe-leer-la-declaracion-de-borrell-contra-lopez-y-guaido/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/10/venezuela-comment-interpreter-les-declarations-de-borrell-contre-lopez-et-guaido.html