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Venezuela : La plupart des candidats aux élections est de droite

31 Octobre 2021, 17:43pm

Publié par Bolivar Infos

Par Geraldina Colotti

 

La conférence de presse du Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV) sur l’ouverture de la campagne électorale a débuté par un hommage à David Nieves. Nieves, mort à 81 ans, a été guérilléro, prisonnier politique sous la IV République, député de la Ligue Socialiste (l’organisation marxiste-léniniste d’où vient aussi le président Maduro) et membre du Conseil Politique du PSUV. Cet ancien guérilléro a eu droit à des obsèques nationales. La Parlement , dont le président est Jorge Rodríguez, l’un des fils du révolutionnaire dont il porte le nom, fondateur de la Ligue Socialiste mort sous la torture en 1976, a aussi évoqué son souvenir.

 

Quelque chose d’inimaginable en Italie et en Europe où la mémoire de la lutte des classes des années 70 est toujours l’otage des tribunaux. Au Venezuela, en revanche, l’histoire compte : aussi bien celle de la lutte anticoloniale, celle des tentatives révolutionnaires avortées comme l’actuelle qui a amené une synthèse, pour faire une approximation linguistique non exempte de problèmes, et les diverses hypothèses de changement politique.

 

« Pour comprendre comment faire, nous devons savoir d’où nous venons et où nous sommes, » dit le vice-président du PSUV, Diosdado Cabello, à l’ouverture de la conférence de presse internationale. Pour cela, il a résumé la façon dont le parti au Gouvernement (le plus important d’Amérique Latine avec 8 000 000 d’inscrits) se prépare pour les élections du 21 novembre. Une « méga-élection» qui regroupe, à la demande de l’opposition qui a accepté de participer au dialogue avec le Gouvernement, l’élection des gouverneurs et l’élection municipale. Ce sera la 29 ème élection depuis la victoire de Chávez aux élections présidentielles du 6 de décembre 1998.

 

Une occasion de mettre à l’épreuve, une fois de plus, le niveau de consensus de la « démocratie participative et active » sur laquelle est basée la Révolution Bolivarienne mise à l’épreuve par le blocus économique et financier imposé par l’impérialisme qui touche toute la société. Le PSUV a organisé des primaires lors desquelles les candidatures chavistes se sont renouvelées à 90%: « Plus de 90% des candidats à la mairie se présentent pour la première fois, seulement 10% des maires en place se représentent et avec la ferme intention d’apporter une réponse aux problèmes des communautés. »

 

Des candidatures qui, après un débat animé, se présentent unies, avec l’assentiment des alliés du Grand Pôle Patriotique, le protecteur de l’unité dans la diversité voulu par Chávez et toujours homogène malgré la désertion de certains de ses membres qui, comme le Parti Communiste, ont décidé de faire bande à part. Mais ces désertions ne sont pas comparables au niveau de division et de disputes de la droite. Sur les 70 000 candidats, dit Cabello, seulement 3 082 appartiennent au chavisme qui ne présente qu’un candidat pour chaque charge au mieux avec un suppléant quand on le lui demande. Le reste des candidats appartiennent à des partis, à des formations et des micro-formations d’opposition.

 

Et de qui est-ce la faute ? demande Cabello ironiquement. « De l’impérialisme qui s’est mis en tête qui’l pouvait proclamer un président que personne n’a élu. Et alors, certaibns se sont dit à eux-mêmes : moi aussi, je peux m’autoproclamer sans que personne ne me propose. Et pourquoi ? Pour continuer à voler l’argent public, s’exiler pour vivre dans le luxe à l’étranger et ensuite revenir ici et se présenter aux élections. Il n’est pas étonnant qu’ils soient rejetés par leurs électeurs et que leurs réunions soient vides. »

 

Et ensuite, a dénoncé Cabello, « il y a un recteur du CNE très favorable à l’opposition, Roberto Picón, qui n’a aucun scrupule à agir comme un représentant politique de la droite , comme la voix des maîtres qui l’ont mis là. Et il annonce un referendum révocatoire, il dit qu’il interdira la propagande chaviste. C’est un exemple, pour ne pas parler des autres candidats. Cela doit être dit dans toutes les instances parce c’est une attitude clairement partisane qui ne correspond pas à la charge qu’il occupe. Les observateurs internationaux devront surveiller son comportement. Et il faudra qu’ils soient attentifs parce que, oui, les élections du 21 sont très importantes et aussi ce qui peut se passer le lendemain. »

 

Le PSUV s’est mis en campagne immédiatement en s’organisant dans le Commandement de Campagne qui porte le nom du dirigeant «cimarrón» mort cette année, Aristóbulo Isturiz, que Cabello a évoqué avec tendresse. Pour la campagne, le pays a été divisé en fronts, dirigés par des dirigeants du parti comme Tania Díaz, Francisco Ameliach, Erika Faria, Diva Guzmán, Nicolás Maduro Guerra, et des dirigeants de la jeunesse comme Rodbetxa Poleo. Une cmapgne faite au porte-à-porte, rue par rue, grâce à l’activation de la forte structure territoriale du Parti comme toujours basée sur le « 1 pour 10. »

 

Une méthode qui, après avoir catalogué son intention de vote comme « vote dur » ou « vote hésitant » demande à chaque militant d’indiquer au moins 10 électeurs potentiels à arriver à convaincre, qui, à leur tour, devront faire la même chose et ainsi de suite…

 

Une procédure ouverte et publique qui sert aussi à recueillir des informations pour mettre au point le programme que chaque candidat doit présenter publiquement au début de sa campagne. Pendant la conférence de presse internationale, nous avons pu poser des questions à distance au vice-président du PSUV.

 

- Quel est l’état d’esprit du peuple chaviste, quelles sont ses propositions, ses doutes, ses angoisses ? Ne craint-il pas, qu’étant donnée la situation difficile créée par le blocus économique et financier , il puisse y avoir une situation identique à celle qui a donné, aux législatives de 2015, la victoire à la droite qui a fait de la politique avec la guerre économique déchaînée par elle-même ?

 

J’ai voyagé dans le pays pour faire campagne depuis 1998, depuis les électiosn présidentielles du commandant Chávez. J’ai eu l’occasion d’aller partout, et ne sais pas combien de fois. Même maintenant, et bien que de façon différente à cause du COVID-19, en environ 10 jours, nous avons visité 23 états plus la capitale. Nous aimons regarder les gens en face pour lire dans leurs yeux leurs attentes et leurs espoirs, écouter leurs propositions. Le contact physique est important. Nous écoutons. Nous ne voulons pas nous cacher derrière le blocus mais malheureusement, c’est une réalité qui pèse. Maintenir les services publics est très compliqué, nous essayons de faire plus avec beaucoup moins. Et nous avançons avec la force que les travailleurs mettent à notre disposition avec la syntonie et la conscience de notre peuple qui a lutté pendant ces 4 ou 5 dernières années pour garder les rues vivantes. Et nous aurons une grande victoire. Aux doutes, nous répondons toujours par la vérité. Nous sommes en alerte, nous ne pouvons rien attendre parce que l’impérialisme ne s’arrête pas. Ceux qui participent aux élections sont les mêmes qui ont organisé les tentatives de coup d’État, l’attentat contre le président Maduro avec des drones , ceux qui ont couru se faire photographier à l’usine de gaz de la Place Altamira le 30 de avril pendant la tentative de coup d’État. Non seulement il y avait Guanito Alimaña mais aussi tous les autres. Nous savons que la droite ne tient pas sa parole ni les engagements qu’elle signe, le lendemain, c’est oublié et elle affirme le contraire. Il vaut mieux nous préparer au pire. Mais ce que je perçois, c’est que notre peuple a très bon moral et ne se laisse pas manipuler par la vieille politique. L’autre jour, le Président est allé rendre visite aux étudiants de l’Université Centrale et un petit groupe de jeunes d’opposition, ils devaient être 14 ou moins parce qu’il y avait aussi des nôtres mélangés, a dit qu’il n’acceptait pas que le Gouvernement répare l’université, qu’elle devait rester comme elle est. Peut-être aimeraient-ils revenir à l’époque où la police faisait irruption à l’université, tirait sur les étudiants qui protestaient. Mensonge et incohérence, c’est ça l’opposition. Son seul ordre du jour est d’être contre Maduro. Pendant qu’ils font de la politique en exploitant les queues qu’ils provoquent, aux législatives de 2015, aucun d’entre eux ne s’est mis en évidence parce qu’ils ne sont pas présentables. Ils n’étaient même pas présents au Parlement. Alors, qui veux-tu qui croie en une personne de ce parti terroriste bien connu d’extrême-droite qui pendant 3 ans s’est exilé pour vivre la belle vie à l’étranger en demandant des sanctions et des invasions et en causant de la souffrance, qui revient aujourd’hui pour dire : « Je suis là, je viens te sauver! » Et avant, pendant ces 3 dernières années,, un an, six mois, où étais-tu ? Lui répond-on avec de bonnes raisons. Quand il arrive ce genre de choses, on comprend pourquoi la droite a dilapidé peu à peu ses positions politiques. En 2015, elle avait une arme à feu avec une seule cartouche et elle l’a gaspillée.

 

- Que fera le chavisme si la droite ne reconnaît pas les résultats des élections avec le soutien de ces institutions internationales qui la soutiennent ouvertement ?

 

A Venezuela, arrivent des « observateurs » qui avaient disparu du pays il y a quelques années et pas parce que nous ne les avions pas invités, la porte a toujours été ouverte mais parce qu’ils ne voulaient pas. Maintenant, ils pensent qu’ils vont trouver un pays à genoux, détruit mais ils verront un peuple qui travaille et produit, qui a une conscience, ils verront un pays coloré. Ils verront surtout la conscience d’un peuple qui est puissante que n’importe quelle force armée dans n’importe quel pays du monde. Un peuple qui votera dans la paix, non sous la menace ni à cause de ce qu’ils disent, comme ils le font depuis 20 ans, mais parce qu’il suit son propre chemin et ne s’arrêtera pas.

 

- Quelles mesures pense prendre le Gouvernement bolivarien pour faire libérer le diplomate Alex Saab après l’interruption du dialogue au Mexique suite à son extradition aux Etats-Unis ?

 

L’extradition d’ Alex Saab est un enlèvement de la part de l’impérialisme qui use de son pouvoir pour soumettre de petits pays qui ont des institutions serviles et qui veut saboter le dialogue et les élections. Saab est accusé sans preuves grâce à un dossier qu’ils ont eux-mêmes fabriqué. Il n’a jamais nié avoir aidé l’État vénézuélien quand personne ne le faisait en prenant de gros risques face à un ennemi puissant qui n’a aucun scrupule à détruire la dignité de n’importe quel citoyen du monde pour le soumettre. Un ennemi qui en vient même à persécuter la famille du diplomate, sa femme, une dame avec 2 enfants. L’impérialisme est barbare et mesquin. En ce qui concerne le dialogue au Mexique, les Etats-Unis ont déclaré ouvertement par l’intermédiaire de l’un de leur représentant, qu’ils ont agi ainsi sachant que nous n’irions pas, par dignité. Un autre fait évident est qu’ils ne prennent plus en compte ceux de l’opposition qui étaient au Mexique. Ils ne représentent pas les Etats-Unis. Après que tout ait été volé, ils ont gaspillé leur pouvoir, continué à se battre, ils disparaissent. Maintenant, il semblerait que ce soit le proconsul de Colombie qui représente les intérêts nord-américains. Bah ! Que pouvons-nous faire ? Le faire savoir au monde. Aux Etats-Unis, il est impossible de se défendre parce que ce sont les corporations qui gouvernent : celle des armes, les corporations financières, médiatiques ou technologiques. Ce sont elles qui prennent les vraies décisions. Pour notre part, nous devons exercer notre droit à protester devant toutes les isntances. Je suis surpris que personne, à l’ONU, ne dise rien. D’autre part, l’Assemblée générale de l’ONU ne dit rien sur l’assassinat du président d’Haïti, organisé par des tueurs à gages engagés et entraînés aux Etats-Unis, des tueurs à gages colombiens. Ce sont les peuples qui doivent faire pression. Seule l’unité des peuples peut changer les choses.

 

- Fin octobre a lieu, à Rome, le G20 où les principaux responsables de la destruction de la planète parleront de l’environnement, du partage, de la soutenabilité… Quel message enverrais-tu en tant que dirigeant du PSUV aux mouvements populaires qui protestent contre cette farce ?

 

Quelle légitimité ont pour parler du destin du monde ceux qui travaillent à sa destruction ? Aucune, les années passent en parlant, en se réunissant comme les plus immoraux des immoraux et quel est le résultat ? Les pauvres sont de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches. Quand ils parlent d’environnement, ils ne respectent aucun engagement, ils attendent que les pays du sud prennent des initiatives et apportent des solutions. Et quand ils le font, ils se moquent d’eux. Chávez avait pris des initiatives avec le cinquième objectif du Plan de la Patrie qui fixe un programme éco-socialiste et ils se sont moqués de lui, aussi bien dans le pays qu’à l’étranger. Mais notre programme est là, il existe, comme existe la volonté des peuples conscients qui s’organisent dans toutes les parties du monde contre les intérêts des grandes corporations.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/10/29/venezuela-diosdado-cabello-sobre-la-cumbre-g20-apoyamos-la-unidad-de-los-pueblos-contra-la-farsa-de-los-poderosos-tres-preguntas-al-vicepresidente-del-psuv/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/10/venezuela-la-plupart-des-candidats-aux-elections-est-de-droite.html