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Pérou : Les promesses de campagne après 100 jours de gouvernement

5 Novembre 2021, 18:13pm

Publié par Bolivar Infos

Par Roger Taboada

 

L’écrivain anglais George Orwell dans son roman 1984 décrit un bureaucrate destitué se plaignant de sa disgrâce devant le personnage Winston Smith et qualifiant ce fait de « grave moment pour la Patrie » alors que dans le fond, il s’agit d’une vulgaire affaire de corruption. C’est ainsi que raisonne la droite apatride. Elle dit que le Pérou traverse l’un des pires moments de son histoire parce que nous avons un président métis, paysan, membre des rondes paysannes et qu’ils n’installent pas leurs ministres voleurs : ils sentent qu’ils perdent leurs privilèges immoraux et leurs fortunes mal acquises sur la base de la trahison quand ce n’est pas sur le pillage de nos richesses naturelles pendant 200 ans de vie républicaine.

 

Ils disent, par l’intermédiaire de faiseurs d’opinions, de dinosaures politiques, d’éditorialistes vendus et de la télévision ordure que le Pérou est dans le chaos, que la Patrie, la fermeture des mines les inquiète parce qu’un communiste nous gouverne. Que le poulet, le pain et le dollar ont augmenté parce que Guido Bellido était premier ministre, qu’après son départ, tous les prix ont baissé mais que maintenant, les choses augmentent à nouveau parce que, bien qu’il ait une première ministre très douce, le président Pedro Castillo a annoncé la nationalisation du gaz, les réformes fiscales et insiste pour avoir une nouvelle Constitution. Les Butters, les Beto Ortices, la grosse Rosa María, la Milagros Leiva contrariée, la capricieuse Chichi, la sexy Juliana, la traîtresse Carla García et le sioniste Álvarez Rodrich, rouspètent et ont qualifié en toute impunité les ministres de hors-la-loi et d’indignes.

 

Ces individus nous rappellent que c’est Jorge Luis Borges (si notre mémoire est bonne) qui attribue au poète persan Omar Khayyam, la phrase : Je préfère led rot d’un ivrogne au soupir d’un hypocrite. Nous nous demandons donc : que se cache-t-il derrière cette inquiétude hypocrite pour l’avenir du pays ?

 

Un comportement servile, de constants paiements sonnants et trébuchants des pouvoirs factuels, des grandes mines, de la CONFIEP, des agro-exportateurs, de l’AFP et des banquiers, des grands médias coordonnés par l’ambassade yankee pour défendre les intérêts des transnationales si le plan de gouvernement avec lequel Pérou Libre a vaincu la fille du satrape condamné comme criminel et voleur arrivait à être exécuté.

 

100 jours après l’arrivée au pouvoir de Pedro Castillo, il est juste et nécessaire de rappeler les axes du plan de gouvernement de Pérou Libre : santé et éducation de qualité et augmentation du budget, Assemblée Constituante, nationalisation du gaz, amnistie pour Antauro Humala. 

 

Santé et éducation 

 

On avait envisagé 10% d’augmentation du budget de ces secteurs. Malgré l’opposition enragée de la vieille classe politique, la presse oligarchique et le contenu proche des exigences du Fonds Monétaire International que le ministre Pedro Francke a donné au budget général de la République, il y a une augmentation de ces budgets mais loin de l’idée primitive. Il faut mettre en avant la réactivation de l’économie et des soins qui exige le retour de l’éducation en présence dans les équipes. On ne peut y arriver en payant 6 000 000 de sols aux médias comme l’a fait Dina Boluarte. 

 

L’ Assemblée Constituante 

 

Malgré les efforts de la droite, le besoin urgent d’une nouvelle Constitution fait déjà partie du débat national et a fait des pas importants. Ils ont présenté une loi au Congrès de la République en affrontant les membres de l’extrême-droite restants et furieux. Son accomplissement dépendra de 2 facteurs : avancer dans la collecte de signatures dans chaque région en fixant des défis et des délais spécifiques. Organiser depuis le Congrès des audiences publiques dans chaque région et dans chaque province en encourageant le débat, l’organisation du peuple et la nécessité de changer la Constitution immorale mis en place par 2 condamnés (Fujimori et Montesinos) qui aujourd’hui purgent leur peine pour assassinat et vol et qui a été conçue pour consacrer la violation des droits du travail et légaliser le pillage des ressources naturelles. Il faut souligner l’importance d’un nouveau pacte social et la validité historique d’envisager la refondation de la Patrie. Castillo est appelé à stimuler cette promesse électorale et à préciser à la très douce Mirtha Vásquez et à Francke qu’encourager la mise en place d’une nouvelle Constitution fait partie de l’ordre du jour politique du pays.

 

Nationalisation du gaz

 

Il n’y a que 2 possibilités : négociation ou nationalisation. Pour la première, il existe une commission qui discute sans enthousiasme des paramètres de la négociation. L’appel du président au Congrès pour qu’une loi rende ces traités viables a été reçu avec des grincements de dents par journalistes et les personnalités politiques au service du consortium Camisea et de la Société Nationale des Mines et du Pétrole. S’il n’y a pas d’accord, l’État péruvien doit nationaliser le gaz. Il n’est pas possible que dans notre pays qui possède l’énormes réserves de cette ressource naturelle, on vende le gaz plus cher que partout ailleurs sur le continent. Est-il juste qu’on paie au Pérou 54 centimes de dollar l’unité de gaz vendue ensuite à 14 dollars à l’étranger ? Est-il juste, messieurs les politiciens et les journalistes vendus à l’étranger, que vos patrons paient à peine 1135 000 000 d’impôts alors qu’ils devraient en payer 23 000 000 000, avec lesquels nous pourrions quadrupler le budget de la santé ou de l’éducation ? Nous espérons que le président manifestera dans ces négociations la même fermeté que l’avait fait Guido Bellido et qu’il laissera de côté ses positions gélatineuses.

 

Liberté pour Antauro Humala. 

 

Le dirigeant ethnocacériste qui, fin 2004 s’est levé, en armes, à Andahuaylas contre le corrompu cocaïnomane Alejandro Toledo, purge une peine de prison injuste depuis 17 ans. Castillo, pendant sa campagne, s’est engagé à amnistier Antauro Humala et nous exigeons qu’il respecte sa parole. Il a été démontré que le soulèvement en armes d’Antauro était un acte de rébellion et avait une connotation strictement politique. Ce n’était pas un délit de droit commun comme l’affirme le juriste Javier Valle Riestra. Antauro n’a donné la mort à aucun policier. Les agents PNP ont reçu des balles venant de l’arrière vers l’avant et de haut en bas, selon le rapport de la DIRCOTE soutenu par son avocate Carmen Huidobro. Cela prouve que ce sont des franc-tireurs des Forces Armées postés sur les bords des collines contiguës à Andahuaylas qui ont tiré et il est presque certain que ce sont les auteurs des morts. Sur cela, les généraux Otto Guibovich, Morazo et Williams Zapata doivent répondre. Respectez votre parole, monsieur le président, le fujimoriste Aníbal Torres, ministre de la Justice qui se consacre à persécuter le neurochirurgien Vladimir Cerrón et le parti Pérou Libre fait la sourde oreille. La morale, en politique, monsieur le président, se mesure aussi au respect des promesses de campagne. Cela nous permettra de connaître la dimension éthique d’un dirigeant enseignant. Ne vous laissez pas séduire par les chants des sirènes de a droite, président. Ces gens pourraient même appeler à vous assassiner s’ils ne vous destituent pas. Voyez comment a fini le traître Ollanta Humala, méprisé et sali par nos soldats dans toutes les régions du Pérou.

 

Pour notre part, nous n’oublions pas que dans tout ingrat, habite un traître.

 

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/11/04/peru-las-promesas-de-campana-a-cien-dias-de-gobierno-ha-olvidado-usted-presidente-que-al-enemigo-se-le-da-la-mano-para-despues-torcerle-el-cuello/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/11/perou-les-promesses-de-campagne-apres-100-jours-de-gouvernement.html