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Pérou : Un pas en avant et deux en arrière

2 Novembre 2021, 18:55pm

Publié par Bolivar Infos

par Vladimir Cerrón

 

«  Un pas en avant et deux en arrière. Nous sommes arrivés au Gouvernement, nous avons fait ce « pas en avant » mais ensuite, nous avons remis le gouvernement économique et social à la droite déguisée en centre ou en gauche caviar. Ce sont « deux pas en arrière » en plus d’annoncer le fractionnement de l’alliance de groupe. Dans la pratique, les bolcheviques et les mencheviques se mettent en évidence. C’est uen grande leçon de Lénine qui est toujours valable.

 

La phrase que Lénine allait immortaliser : « un pas en avant, deux pas en arrière, » n’est pas totalement comprise par nos camarades et encore moins par nos alliés mais cette phrase est celle qui peut le mieux expliquer la crise politique actuelle.

 

Les alliés sont des alliés, pas des militants, ils nous accompagnent jusqu’à un certain point , ce n’est pas une obligation pour eux d’aller jusqu’au but final, cela ne doit pas nous surprendre, ils s’unissent grâce à des intérêts communs, pas identiques, jusqu’à ce qu’ils vainquent leur plus grand ennemi mais dans le cours de cette alliance, de sa naissance au moment où elle atteint son objectif final, apparaît un nouveau champ de bataille sur lequel les alliés se battent pour prendre l’hégémonie politique, disait Lénine.

 

Nous devons faire une autocritique publique sur la victoire de Pérou Libre pour comprendre la situation actuelle. La catégorie dialectique de nécessité et causalité pourrait expliquer ce phénomène car nous avions besoin de participer aux élections. Notre calcul était de passer la barrière et d’avoir un groupe qui aplanisse le terrain pour la présidence. Mathématiquement, c’était possible, nous n’avions pas prévu une victoire aux présidentielles mais la causalité a fait son travail après le début de la pandémie. Pedro Castillo ne faisait pas partie de nos calculs dans notre plan initial, sa présence a eu son origine dans l’impossibilité de la candidature naturelle de Pérou Libre, dans la souplesse apportée par le Parti en acceptant sa candidature mais nous devons aussi reconnaître l’espace que celui-ci avait gagné dans les médias après la grève des enseignants de 2017. Alors, la victoire à la présidence correspond à la coïncidence objective, c’est une réalité et tous les Péruviens le savent. C’est ainsi que se fait le « pas en avant. »

 

Si nous assumions cette réalité, nous pourrions expliquer la raison pour laquelle nous ne pouvons pas aujourd’hui exiger du Président une révolution parce que « la révolution ne se fait pas mais s’organise. » Le candidat n’était pas prêt à affronter une situation comme celle dans laquelle se trouve l’Exécutif, ce que par contre, nous pourrions exiger du groupe militant au Parlement mais pas du groupe non militant. Là ont commencé les « deux pas en arrière. »

 

Nous sommes arrivés au Gouvernement, nous avons fait ce « pas en avant » mais ensuite nous avons remis le gouvernement économique et social à la droite déguisée en centre ou en gauche caviar. Voilà les 2 « pas en arrière » qui annoncent le fractionnement de l’alliance de groupe, dans la pratique, bolcheviques et mencheviques vont se mettre en évidence. C’est la grande leçon de Lénine qui est toujours valable.

 

Alors, maintenant, nous devons donner des précisions au sujet des spéculations concernant la rupture du groupe mais en réalité ce qui n’a jamais été une seule chose ne peut pas se diviser, ce qui se divise, c’est ce qui se constitue en parties et la groupe a toujours été l’expression de 2 parties nettes, du militantisme né du Parti et des alliés du syndicat des enseignants. IL n’y a rien de nouveau à dire, il n’y a qu’à l’officialiser.

 

Ils suggèrent que le Parti et son dirigeant fomenteraient une division dans le groupe, une absurdité parce que ce n’est pas nous qui patronnons l’inscription de 2 nouveaux partis depuis l’Exécutif avec la complicité de l’aile des enseignants. On veut faire endosser au Parti l’attitude irresponsable d’être passé à l’opposition mais en réalité, ceux qui passent à l’opposition, ce sont ceux qui renoncent à leurs propositions originelles comme l’Assemblée Constituante, à la renégociation des contrats préjudiciables à l’État et à la récupération de l’administration souveraine de nos ressources naturelles et ont baissé leurs drapeaux. »

 

Lors du dernier débat en session plénière sur la question de confiance concernant l’investiture du nouveau cabinet, les parlementaires de Pérou Libre ont défendu leur position avec une précision transparente et révolutionnaire, si bien qu’après 30 ans d’oppression, aujourd’hui, nous pouvons dire qu’il existe un véritable groupe de gauche, un groupe du peuple.

 

Beaucoup voient comme une tragédie désespérante le fait que le Congrès n’accorde pas sa confiance au nouveau conseil des ministres mais n’oublions pas que toute crise est aussi une occasion de recomposer et de rectifier la direction politique du Gouvernement car être en désaccord n’est rien d’autre qu’une façon de se rencontrer, disait  Flores Galindo.

 

Nous aussi, nous avons intérêt à ce que le Gouvernement aille bien, notre seule alternative est la composition du cabinet qui comprend plus de personnes de la gauche caviar et d’opportunistes.  Au Congrès du Parti 2021, il a été clair que : « si le Gouvernement dévie, la Parti rectifiera la ligne ou vice-versa. » Nous avons sûrement la mission de sauvegarder la dignité de notre organisation et du peuple qui a eu confiance en notre projet, tout succès ou toute erreur du Gouvernement retombera sur las épaules du Parti.

 

Nous avons toujours dit que la critique peut être bonne ou mauvaise, la critique est simplement un grand outil mais elle doit être utilisée comme moyen et non comme un fin en soi. Dans cette perspective, après la critique, nous nous sommes donné la tâche de rechercher des signatures pour l’Assemblée Constituante, dans le cadre de notre lutte mais aussi en tant que motif d’organisation du peuple. Si elle se réalisait, elle deviendrait un nouveau et véritable pouvoir politique.

 

Dans la lutte contre le néolibéralisme, le peuple s’organise de diverses façons comme les syndicats d’enseignants, de retraités, les collectifs de jeunes, les forums publics, les organisations culturelles, les mouvements, les partis et les groupes parlementaires. Lénine disait qu’on ne pouvait pas faire la révolution à partir de ces derniers. C’est tout à fait sûr mais on ne peut pas non plus la faire unilatéralement à partir des autres, c’est pourquoi il faut que certains se mettent à la tête, dans ce cas, le Parti et que s’organise un Parlement officieux en acceptant la hiérarchie du Parti sous la seule condition que le Parti sde soumette aux intérêts propres du peuple.

 

C’est la raison pour laquelle pour le Parti, l’ouverture, la dissolution ou la réouverture du Congrès n’est pas essentielle. Nous avons eu l’occasion de voir 2 dissolutions du Congrès et ce qui les a remplacés n’a été différent en rien et ils n’ont rien apporté aux objectifs du peuple. Ce raisonnement s’ajoute au fait que nous n’avons pas l’intention de provoquer la dissolution du Parlement et encore moins la destitution du président comme l’on fait croire au Président les tièdes qui lui ont mis dans la tête qu’on peut facilement remplacer le rôle historique de Pérou Libre par un gros paquet de signatures, dans leur désir de le capturer. L’avenir dira qui sont les flatteurs, qui sont les opportunistes, qui sont les ennemis, qui sont ceux qui privatisent les victoires du peuple pour leur propre profit ou pour le profit d’un groupe et qui sont ceux qui ont toujours été critiques mais cohérents. Il est question d’eux et seuls certains resteront éternellement vivants même quand isl seront morts.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/10/31/peru-vladimir-cerron-si-se-niega-confianza-al-gabinete-sera-una-oportunidad-de-recomponer-y-rectificar-el-rumbo-politico/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/11/perou-un-pas-en-avant-et-deux-en-arriere.html