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Venezuela: Borges contre Guaidó, l’incendie du château de cartes des Etats-Unis

9 Décembre 2021, 17:49pm

Publié par Bolivar Infos

Nous assistons en direct la divulgation d’une fiction qui perdure trop longtemps, qui a pour acteurs les secteurs les plus extrémistes de l’anti-chavisme et dont le dénouement est destiné à être l’échec de la stratégie étasunienne contre leVenezuela. Ses dauphins et ses hommes de main ont épuisé le temps de l’anti-politique et sont ignorés par la réalité mise en valeur dans le pays avec la majorité des partis politiques participant à la démocratie.

 

Julio Borges a enfin décidé de se séparer de ce que Washington a baptisé « Gouvernement par interim ou chargé du Venezuela » avec un discours agressif similaire à ceux proposés pendant des années par Justice pour Tous de RCTV. Cette fois, Juan Guaidó a subi les accusations du dirigeant de Primero Justicia (PJ) qui plaide maintenant pour que « le Gouvernement par interim disparaisse complètement. » 

 

La contradiction dans l’opposition vénézuélienne qui a le plus de liens avec les Etats-Unis (Gouvernement fédéral, Congrès, Wall Street, sud de la Floride) s’accentue plus les jours passent et plus s’approche la date de la fin du soi-disant « interim » alors même que Guaidó a déjà annoncé qu’il maintiendrait son statut fictif jusqu’à ce qu’il y ait « des élections présidentielles libres. »

 

Mais la seule façon pour que survive ce parapet est qu’il ait l’aval nord-américain car ils contrôlent les ressources dont profitent les bandits de Volonté Populaire (VP), à présent totalement maîtres des ressources dont leGouvernement fédéral dispose pour eux par l’intermédiaire du Département du Trésor et d’autres instances comme l’USAID et la NED et de l’argent volé à l’Etat vénézuélien grâce au système financier occidental.

 

Du reste, les médias de communication et de propagande alignés sur ce cercle font le travail de relations publiques sur l’image de Guaidó et de VP, une structure qui ne peut occulter le fait que cette contradiction existe étant donné qu’elle est de notoriété publique.

 

Borges a déclaré:

 

« Le Gouvernement par interim était un outil destiné às sortir de la dictature mais en ce moment, on l’a déformé jusqu’à en faire une espèce de fin en soi géré par une caste qui existe ici. Il s’est bureaucratisé et ne remplit déjà plus ses fonctions. Il doit disparaître. »

 

Un fait curieux: le « Gouvernement par interim » emploie 1 600 fonctionnaires dans le cadre d’une opération de pillage parasitaire dont certains ont été  expulsés par des scandales dans la gestion des actifs à l’étranger : c’est la cas de Monómeros, une entreprise qui a son siège à Barranquilla, en Colombie et qui, en ce moment, est contrôlée par le Gouvernement uribiste avec al complicité des « fonctionnaires du Gouvernement par interim. »

 

« La gestion des actifs est un scandale. Il faut créer un fidéicommis pour qu’il y ait de la transparence. Il n’y a pas de reddition de comptes, les actifs sont utilisés à des fins personnelles, »a déclaré Borges, en se lavant les mains du rôle clef qu’il a joué à l’origine et pendant le développement de cette stratégie du larcin aussi bien au Venezuela qu’en Colombie. 

 

En effet, pour le dirigeant de PJ, le problème n’est pas le « Gouvernement par interim » en soi mais ceux qui le « gouvernent » dans un artifice rhétorique destiné à émettre un message demandant une rotation de al présidence comme ils l’ont fait pendant les années légales de l’Assemblée Nationale (AN) pendant la période 2015-2021:

 

« Les choses que fait le Gouvernement par interim qui doivent continuer à être faites, comme par exemple le problème humanitaire, le problème international, doivent être absorbées par cette nouvelle plateforme politique et de la société civile pour qu’elles soient conduites efficacement et pas avec un problème de Gouvernement par interim qui ne veut que se maintenir et devient déjà une partie du problème et non une partie de la solution. »

 

Il parle d’une «  nouvelle plateforme politique et de la société civile » qui très certainement amènerait avec elle tout le cortège d’ONG et d’organisations politisées dans le désert de remplacer l’Etat vénézuélien par d’autres moyens sur lesquelles nous avons enquêté et que nous analysons dans ce travail spécial sur le Forum Civique. En fait, il a une histoire conforme à ce profil.

 

Avant de fonder PJ, Julio Borges avait pris les rênes d’une ONG intitulée Association Civile Primero Justicia en 1992. Il avait appelé son ministère « Justice de paix » grâce auquel il faisait écho au cabinet corrompu que la Quatrième République avait formé avec l’austérité. Il a réussi avec cette organisation à se mêler de la rédaction de la Constitution de 1999 mise en place par l’Assemblée Constituante convoquée par le Commandant Chávez.

 

Ainsi, Borges a pris vie sur la scène politique du pays avec la construction d’une image qu’il obtenue graphe à l’aval de Marcel Granier de RCTV, avec Justice pour tous.

 

Il a été démontré que cette ONG avait reçu des fonds d’Antonietta Mendoza de López, la mère de Leopoldo qui, à cette époque (1998), occupait le poste de gérante des Affaires Publiques de la division des Services de PDVSA. Cette dame avait remis un chèque à la Fondation Inter-américaine (IAF), un organisme autonome du Gouvernement des Etats-Unis au bénéfice de l’ONG dirigée par Julio Borges. Cette affaire de corruption a été justifiée par le même « juge » en reliant cet argent au développement du programme « de paix » « je suis très fier de cela, » a-t-il dit sans scrupules en 2013.

 

Le parti PJ a été créé en 2000 par la triade Henrique Capriles-Leopoldo López-Julio Borges, à l’initiative de ce dernier. Dès lors, Julio Borges a été ancré dans ses sièges de député pour l’état de Miranda et dans sa charge de coordinateur général du parti.

 

Tony Cartalucci précise que PJ a reçu des fonds de la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED) à travers l’ONG pendant près de 10 ans.

 

Pour ceux qui doutent de sa veine putschiste, on le voit sur cette vidéo (11 avril 2002) en tant que porte-parole avec des personnalités du fascisme créole (Leopoldo López, Armando Briquet, Gerardo Blyde et Henrique Capriles) exiger la démission de Chávez, de tout le gouvernement et de la direction de PDVSA de l’époque. Un anticipation du décret Carmona.

 

Mais l’alliance López-PJ s’est fissurée en 2009, disent les mauvaises langues, pendant une impasse en janvier 2015. Mais la voie putschiste les a toujours liés, Borges, selon Patricia Poleo, a maintenu des relations avec les militaires putschistes découverts par le Gouvernement de Nicolás Maduro (Opération Jericho – 2015).

 

Ainsi, celui de PJ accuse Guaidó de ce qu’il aloi-même construit avec ses semblables anti-cavistes avec le soutien des Gouvernements étasunien et colombien,. N’oublions pas qu’alors qu’il refusait de signer un accord de dialogue avec le Gouvernement en 2018 et réalisait plusieurs tournées pour demander des « sanctions » contre des « fonctionnaires » qui ont de toute évidence porté atteinte à la population, Julio Borges dirigeait le plan d’assassinat du président Nicolás Maduro, le 4 août 2018, sur l‘avenue Bolívar de Caracas.

 

C’est ce qu’a avoué le chef de la direction des communications de la Garde d’Honneur Présidentielle, Ovidio Carrasco Mosqueda, qui a travaillé dans l’un des cercles de sécurité les plus proches du chef de l’Etat pendant 4 ans et demi au Palais de Miraflores et a avoué avoir été infiltré par Julio Borges pour exécuter le plan de coup d’Etat.

 

Borges traîne des casseroles, il vit à Caracas ou «en exil, » une chose qui l’accrédite pour mettre plus d’huile sur le feu. »

 

Et que va-t-il repasser avec la stratégie de Washington?

 

Très probablement, le Gouvernement de Joe Biden a donné un certain statut « politique » à Juan Guaidó, comme l’a fait l’Union européenne, s’il décide de rejeter une fois pour toutes le « projet Guaidó » comme il est conçu aujourd’hui même. La demande de Borges de dissoudre cette entité qu’ils appellent « Gouvernement par interim » deviendrait quelque chose qui, de toute manière, serait conforme aux prochaines exigences de Washington, de la Floride et de New York pour poursuivre le blocus et l’asphyxie du Venezuela.

 

S’il survit, le faux Gouvernement de Guaidó n’a déjà plus que le soutien de 5 partis de faible influence ou sans influence à l’exception de VP qui conserve le cordon ombilical avec l’empire étasunien en décadence. La contradiction dans le fascisme créole est venu brûler le château de cartes des Etats-Unis et on ne peut pas faire grand-chose pour contrôler les dégâts à travers les médias et les porte-parole politiques et institutionnels.

 

Aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe et en Asie, on reconnaît l’échec de la stratégie Trump-Biden et c’est le moment de construire un autre modèle de relations entre les Etats-Unis et le Venezuela comme l’a suggéré le président Nicolás Maduro en personne.

 

C’est pourquoi la plus grosse exigence du chavisme a toujours été la levée du blocus du Venezuela dont le schéma punitif fut demandé par Julio Borges pendant des années. La disparition du « Gouvernement par interim » sous cette dénomination n’implique pas nécessairement qu’on respecte la prérogative du Gouvernement Bolivarien. L’or au Royaume Uni continuera à être retenu par la Banque d’Angleterre ainsi que les milliers de millions volés par les Etats-Unis en argent et en actifs de l’Etat vénézuélien.

 

Car la véritable puissance qui se cache derrière Guaidó se trouve dans le Nord Mondial. La brouille avec Guaidó n’est qu’une pièce de plus du casse-tête dans la guerre transnationale contre le Venezuela.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol:

https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/12/08/venezuela-borges-vs-guaido-incendio-en-el-castillo-de-naipes-de-eeuu/

URL de cet article:

http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/12/venezuela-borges-contre-guaido-l-incendie-du-chateau-de-cartes-des-etats-unis.html