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Honduras : Juan Orlando Hernández extradé aux Etats-Unis 

26 Avril 2022, 20:09pm

Publié par Bolivar Infos

Par Viena Hernándezho

 

L'ancien président du Honduras extradé sur des accusations de trafic de drogue vers les États-Unis, Juan Orlando Hernández, est maintenant identifié par le système judiciaire américain comme tout autre détenu. Le numéro qui lui a été attribué est le 91441-054.

 

Dans les dossiers du Bureau Fédéral des Prisons (BOP), il est identifié comme Juan Hernández Alvarado, un homme blanc de 53 ans détenu au Brooklyn Metropolitan Correctional Center (MDC Brooklyn) situé au sud de Manhattan, à New York, aux États-Unis.

 

Cette prison fédérale est considérée comme l'une des plus importantes du pays du nord. Dans le centre de détention administrative fédéral, il y a des hommes et des femmes sous tous les niveaux de sécurité et c'est une division du département de la Justice des États-Unis.

 

Selon un rapportage du New York Times, lors d'une conversation avec certains de ses anciens détenus, des avocats et en revoyant les déclarations écrites, ce centre est considéré comme moins habitable que celui de la baie de Guantanamo, situé à l'extrême sud-est de Cuba.

 

Traitement sévère pour les plus dangereux

 

Dans cette forteresse, il y a des centaines de détenus, dont beaucoup sont classés comme "à haut risque", comme des trafiquants de drogue, des terroristes, des escrocs, qui sont ceux qui sont condamnés aux peines les plus sévères, qui souffrent des conditions d'isolement les plus dures, à tel point que parmi eux, on a détecté 'une légère perte de vue ou une hypermétropie.

 

C'est l'endroit qui a reçu le chef mexicain du cartel de Sinaloa après qu’il ait été extradé, Joaquín "El Chapo" Guzmán Loera. Un autre détenu "très dangereux" - comme les États-Unis ont également appelé Hernández - qui est passé par ce centre correctionnel, était Ramzi Ahmed Yousef, le cerveau de l'attentat à la bombe de 1993 du World Trade Center à New York, des bâtiments connus sous le nom de Tours Jumelles.

 

Le directeur exécutif du bureau des défenseurs fédéraux de New York, David Patton, a mentionné dans une interview accordée au journal new-yorkais, à propos du traitement de la prison et de ses mesures contre les détenus : « Les unités d’« isolement sont horribles et inhumaines. Si vous vouliez concevoir un endroit pour rendre les gens fous intentionnellement, il serait difficile de faire mieux."

 

Le traitement des prisonniers les plus dangereux est totalement différent de ceux qui ont des accusations moins sévères. Tandis que leurs camarades ont des avantages récréatifs tels que jouer au basket-ball, ceux-ci sont placés dans une demi-douzaine de cellules, dans une section appelée 10 Sud.

 

Dans cette partie de la prison, il est interdit de se parler, ils restent seuls, avec les lumières allumées de 23 à 24 heures par jour. Certains détenus ont écrit des livres sur leur expérience et celle d'autres, l'un d'eux, Hell is a Very Small Place: Voices from Solitary Confinement, publié en 2014, rassemble plusieurs de ces expériences.

 

Il n'y a pas de radios, encore moins de télévisions, ils ont accès à certains écrits tels que des journaux ou des revues, mais ceux-ci arrivent avec de nombreux mois de retard, dépassés et même avec des feuilles coupées. Ces règles font partie des mesures administratives spéciales. C'est ainsi qu'ils passent leurs journées et leurs nuits, dans de petits espaces aux fenêtres opaques pour éviter qu’ils voient dehors, en outre, la seule partie qui s'ouvre est à la porte et ne sert qu'à introduire les aliments, mais elle est fermée presque toute la journée.

 

En 2019, plus d'un millier de ses détenus ont souffert d'un manque d'électricité en raison d'une forte vague de froid, c'est pourquoi plusieurs ont signalé des problèmes de santé. Les avocats ont souligné qu'en raison des protestations des détenus, il y a eu des représailles ultérieures, certaines ont été aspergées de gaz piment et d'autres isolés. Cela faisait partie d'un rapport du magazine électronique The Intercept.

 

Le traitement de JOH au Honduras

 

Avant d'être extradé, Hernández avait plusieurs avantages au Honduras, ce que n'avaient pas d'autres extradés. Hernández Alvarado, a été pris plus d'une fois faisant des exercices dans l’équipe de la Direction nationale des forces spéciales (DNFE) connue sous le nom d'escadron des Cobras.

 

Tout au long de son processus d'extradition, il a reçu des visites de son épouse Ana García Carías, il a même eu l'occasion d'écrire des lettres adressées à la population où il a maintenu son discours de victime des trafiquants de drogue qui ont avoué, qui ont qui ont été diffusées par les médias.

 

En outre, le 16 mars, après sa deuxième audience, lorsque les juges de la Cour suprême de justice (CSJ) ont annoncé la décision en faveur de son extradition, Hernández a pu enregistrer plusieurs vidéos. L'une d'elles était le message qu'il a enregistré pour se plaindre du traitement de la police nationale, où il en a profité pour demander plus d'avantages au président du chef du pouvoir judiciaire, Rolando Argueta, une action qui a été fortement remise en question par divers secteurs.

 

Pendant ce temps, il a également bénéficié d’un lit double et du fait d'être dans un endroit spacieux avec des examens médicaux constants, ainsi que la possibilité de se promener lorsqu'il est sorti du bâtiment, où il faisait ses exercices matinaux et il pouvait voir la lumière du soleil.

 

La réalité, pour Hernández, a pris un tournant à 360 degrés, il est passé du pouvoir à l'emprisonnement aux États-Unis, un pays qui lui a autrefois apporté son soutien, mais qui va maintenant décider de son avenir en prison.

 

Le ministère de la Justice de Washington D.C. a réaffirmé qu'il avait utilisé le Honduras comme un narco-État et a porté des accusations fortes et énergiques qu’Hernández refuse de considérer avec un visage sûr et confiant. Mais, quand il est arrivé dans le pays du nord, son expression a changé, en fait, les médias l'ont pris en train de regarder par une fenêtre avec un regard perdu.

 

 

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2022/04/25/honduras-juan-orlando-hernandez-el-91441-054-en-el-centro-metropolitano-de-brooklyn/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2022/04/honduras-juan-orlando-hernandez-extrade-aux-etats-unis.html