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Argentine. Mémoire: Un 7 mai, il y a 103 ans, naissait Evita, la flamme révolutionnaire du péronisme.

23 Mai 2022, 19:12pm

Publié par Bolivar Infos

Quels sont les images et monuments qui nous la rappellent ? De Tomás Eloy Martínez à Rodolfo Walsh : les meilleurs textes sur Evita. L’origine de l’avenue qui porte son nom et quel cimetière accueille sa dépouille.

 

Maria Eva Duarte, Evita, « cette femme », l’emblème du péronisme, l’initiatrice du vote des femmes, de l’égalité juridique entre homme et femme dans le mariage et de l’autorité parentale partagée en Argentine, cette femme, la première dame la plus remarquable de l’histoire argentine, est née un jour comme celui-ci, il y a 103 ans.

 

Elle est une des icônes les plus remarquables de l’histoire argentine. Elle fut aimée et détestée. Adorée et fustigée, même après sa mort. On a fait sur elle un opéra rock, des chansons, des poèmes, des estampes. En un siècle d’histoire, ses 33 années de vie à peine et seulement 6 comme dirigeante de masse, suffirent pour changer la vie et l’histoire des humbles, des enfants, des femmes et des vieillards. L’iconographie et la représentation d’Eva Perón a traversé les décennies et se manifeste à différents moments de l’histoire du pays, à travers divers artistes, écrivains et biographes intéressés par cette époque et cette femme. 

 

Quels sont les cinq images et monuments d’Eva Perón ? 

 

Au milieu de l’avenue du 9 juin, à Buenos Aires, se distinguent les sculptures de fer réalisées par l’artiste plasticien Daniel Santoro, sur l’immeuble qui abrite le siège des ministères du Développement Social et de la Santé. Ce sont des solarisations de deux images emblématiques d’Evita qui furent inaugurées en 2011, et qui s’illuminent la nuit (sous le gouvernement de Cambiemos, en 2016, elles furent éteintes pour économiser l’énergie). 

 

La sculpture qui regarde vers le sud a été réalisée à partir d’un portrait du français Numa Ayrinhac ; et sur la face nord de l’édifice, on peut voir l’image d’Eva face à un micro qui correspond à une photo prise par Pinélides Fusco, qui, de 1948 à 1955, a été le portraitiste intime et officiel de Perón et d’Eva Duarte. 

 

De plus, dans le Musée du Bicentenaire situé dans la Maison Rose, le « Portrait du Général Juan Domingo Perón et son épouse Maria Eva Duarte de Perón », toujours du français Ayrinhac, a été récupéré et restauré. C’est une œuvre unique qui survécut à la destruction massive de l’iconographie péroniste orchestrée par la Révolution Libératrice.

 

En 2006, le collectif Mondongo réalisa un portrait, « Eva », avec du pain et de la résine sur bois. L’œuvre se trouve dans le hall d’un hôtel de luxe en plein centre de Buenos Aires. 

 

Pour le centenaire de sa naissance début 2019, Miguel Rep publia le livre « Evita, née pour déranger », avec quelques 200 dessins et pour lequel il reçu des menaces à cause d’un des dessins qui représente Eva nue ayant des relations sexuelles avec Perón. 

 

Il y a aussi l’exposition d’illustrations de l’artiste Eduardo Gonet, « Evita Présente », qui recrée la synthèse tranchante de sa personnalité, entre pamphlet militant avec des citations puissantes d’Eva et sa représentation en estampe religieuse. 

 

À Buenos Aires il n’y a qu’un seul monument dédié à Eva Perón. Il est situé à l’angle de l’Avenue du Libérateur et d’Autriche sur une place qui porte son nom depuis 1999. Sur ce terrain où se situe aujourd’hui la Bibliothèque Nationale, se trouvait le Palais Unzué, résidence du couple présidentiel où mourut Eva. Il fut démoli en 1956 après que Perón ait été renversé.

 

Quelle est l’origine de la rue qui porte son nom ?

 

La rue qui est aujourd’hui l’avenue Eva Perón, s’étend d’est en ouest de l’avenue du Directoire au niveau du parc Chacabuco, jusqu’à l’avenue du Général Paz. La voie à double sens parcours ce qu’on appelait au XIXe siècle le Chemin de Campana en référence à la ferme située dans ce qui est aujourd’hui le Parc Avellaneda, propriété de Francisco Alvarez Campana. En 1926 un décret changea son nom pour Docteur Norberto Quirno Costa et à partir de 1942 elle s’appelait l’avenue Du Travail. Depuis 1991 elle s’appelle Eva Perón. 

 

D’Eloy Martinez a Walsh : les meilleurs textes sur Evita.

 

En 1995, l’écrivain Tomas Elroy Martinez publia « Santa Evita », un récit entre fiction et réalité qui se situe entre un avant et un après sa mort. Le roman eut un impact international et devint un best-seller avec plus de 10 millions d’exemplaires.

 

Avant ça, en 1965, Rodolfo Walsh lui dédia l’emblématique nouvelle « Cette femme », intégrée dans le livre « Les métiers terrestres », un dialogue entre un colonel qui détient le cadavre embaumé d’une femme, et un homme intéressé par cette histoire qui l’interviewe. Ils parlent du corps d’Evita bien qu’ils ne mentionnent jamais son nom. Elle est simplement « cette femme ».

 

Dans les années 70, dans un contexte mondial marqué par les révolutions politiques, les écrivains Otelo Borroni et Roberto Vaca publièrent « La vie d’Eva Perón » (Editions Galerna, 1971) et « Eva Perón » (Centre Editorial d’Amérique latine, 1971), deux biographies de témoignages. Il y eu aussi des publications associées à la Evita révolutionnaire dans des essais et dans divers écrits politiques, dans une sorte de révisionnisme historique caractéristique de l’époque.

 

Fermin Chavez, qui avait été en contact avec Eva Perón quand il a débuté dans le syndicalisme et la politique, se détache assurément parmi les historiens et chercheurs spécialistes du péronisme. Chavez est l’auteur de plus de 40 livres, entre lesquels se détachent : « Eva Perón dans l’histoire » (1986) et « Eva Perón hors du mythe » (1990).

 

Une autre biographie, « Evita », de Marysa Navarro Aranguren, est reconnue pour avoir exposé clairement la dimension politique, sociale et personnelle de cette icône argentine du XXe siècle ainsi que ses passions et les controverses qu’elle a soulevées. Elle fut publiée pour la première fois en Argentine, en 1982. Son auteur, l’Espagnole Navarro Aranguren, est spécialiste en historiographie féministe et de l’histoire des femmes en Amérique latine. Le texte comprend une analyse historique profonde de la complexité et de l’importance de la figure d’Eva.

 

Pour les cent ans de sa naissance, « Eva Perón. Cette Femme », de Maria Seoane et Victor Santa Maria, met l’accent sur le devenir existentiel, et post-existentiel, et son titre s’inspire de cette définition forte de Rodolfo Walsh : Eva Perón. Cette femme. 

 

Cette œuvre raconte l’histoire d’Eva Perón comme une grande histoire d’amour entre elle et Juan Perón ; entre elle et les travailleurs, les femmes, les enfants, et les vieillards. Et tout au long de cette histoire d’amour se construit la base affective de l’État-providence. 

 

Où se situe la tombe d’Eva Perón ?

 

Après les pérégrinations du corps d’Eva Perón, après sa mort et l’arrivée de la Révolution Libératrice, ce n’est qu’en 1974 que le gouvernement de la Présidente Maria Estela Martinez a ramené le corps d’Evita dans le pays. Au départ, elle reposa dans le Jardin des Oliviers présidentiel, où elle fut enterrée à côté de son mari. Deux ans plus tard, en octobre 1976, les dépouilles de Perón et d’Eva furent séparées par la dictature civile et militaire et remises à leurs proches.

 

La dépouille de Perón se trouve dans le cimetière de Chacarita. Le corps d’Eva fut remis à la famille Duarte qui le fit inhumer dans le caveau familial du cimetière de Recoleta, à 200 mètres à gauche du portail d’entrée. Son cercueil est enterré cinq mètres sous terre, au deuxième sous-sol.

 

Traduction David Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2022/05/07/argentina-memoria-un-7-de-mayo-hace-103-anos-nacia-evita-la-llama-revolucionaria-del-peronismo/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2022/05/argentine.memoire-un-7-mai-il-y-a-103-ans-naissait-evita-la-flamme-revolutionnaire-du-peronisme.html