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Colombie : Le Gouvernement interdit l’entrée à des observateurs électoraux

26 Mai 2022, 18:20pm

Publié par Bolivar Infos

 

 

Dimanche prochain, les Colombiens vont se rendre aux urnes pour élire le prochain président du pays. En plus des plaintes de la coalition du Pacte Historique pour des menaces et un éventuel empêchement des élections, le Comité Permanent pour la Défense des Droits de l’Homme a fait savoir qu’on cherche à empêcher les observateurs électoraux de faire leur travail.

 

Tari Mattson, un Argentin qui réside aux États-Unis et qui est arrivé dimanche en Colombie sur un vol en provenance du Mexique pour faire son travail d’observateur électoral indépendant, a vu son entrée interdite par les autorités migratoires.

 

La visite de l’observateur fait partie d’une mission internationale d’observation électorale organisée par le Comité Permanent pour la Défense des Droits de l’Homme. Selon eux, Tarit a été interrogé après avoir présenté l’invitation du CPDH et a été déporté, ce lundi 23 mai.

 

« Nous voulons prévenir la communauté nationale internationale de l’absence de garanties pour les élections et surtout envers les différentes missions d’observation électorale et face à un éventuel coup d’Etat destiné à retarder les élections présidentielles du 29 mai à cause de la victoire imminente du candidat Gustavo Petro, » a déclaré l’organisation dans un communiqué.

 

Enfin, la CPDH. a rendu responsable le Gouvernement d´Ivan Duque de la persécution et des violations des droits de l’homme dont pourrait être victime l’observateur.

 

Un autre observateur électoral a été empêché d’entrer en Colombie : Alejandro Rusconi, du mouvement Evita, d’Argentine. Celui-ci a expliqué sa situation dans un tweet :

 

« Aujourd’hui, en essayant de prendre le vol d’Avianca pour Bogotá, on ne m’a pas laissé partir sur ordre de Migration Colombie. J’étais invité par le CNE de Colombie en tant qu’observateur international des élections présidentielles. Le même État qui a payé mon passage m’a empêché d’entrer. » 

 

Le risque de violence aux élections en Colombie met en alerte les personnalités politiques de plus de 20 pays.

 

« Nous, représentants élus, dirigeants du monde entier, exprimons notre grave inquiétude pour la menace croissante de violence, d’assassinat et d’ingérence dans les élections présidentielles du 29 mai en Colombie. » Ainsi commence le communiqué que des députés et des personnalités publiques de plus de 20 pays ont signé pour demander des élections plus sûres.

 

Le communiqué dénonce la violence politique produite par les menaces de mort contre les candidats en évoquant l’annulation de la tournée dans l’axe du café du candidat du Pacte Historique, Gustavo Pétro, à cause d’un plan d’attentat contre lui présumé et aussi contre les tentatives d’assassinat dont il a été l’objet en 2018 et dont sa collistière Francia Marquez a été l’objet en 2019 pour son activité d’activiste environnementale.

 

Le groupe de personnalités publiques a aussi alerté sur la grave situation de risque à laquelle les dirigeants sociaux et les activistes sont exposés : « Jusqu’à présent, plus de 50 dirigeants sociaux, y compris des syndicalistes, des représentants indigènes et des afro colombiens, des organisateurs de mouvements paysans et écologistes, ont été assassinés cette année pour intimider les mouvements populaires de Colombie et les éliminer. »

 

Un autre motif de préoccupation qu’ils indiquent est la grève armée proclamée ces dernières semaines par le Clan du Golfe ou Autodéfense Gaïtanistes de Colombie, une structure paramilitaire qui, après l’extradition aux États-Unis de son chef, alias « Otoniel», a exprimé son rejet et a troublé la vie quotidienne des communautés « en assassinant des dizaines de personnes et en mettant en danger le processus démocratique. »

 

Le principe de non-ingérence politique dans une campagne électorale a été violé plusieurs fois comme l’ont dénoncé des membres du Congrès et des associations sociales. Ils font référence aux interventions du président Ivan Duque qui a donné son opinion sur les candidats et à l’ingérence politique du commandant de l’armée nationale de Colombie le Général Eduardo Zapateiro , qui a critiqué Gustavo Petro.

 

Des ingérences qui n’ont pas été sanctionnées par les institutions de l’État mais le maire de Medellín, Daniel Quintero, a rapidement été suspendu pour les mêmes raisons et pour « avoir fait craindre la possibilité qu’il s’agisse d’une guerre juridique sélective. »

 

« Dans leur ensemble, ces menaces exigent plus de vigilance, de contrôle et de transparence dans les élections présidentielles de Colombie. Durant des décennies, le peuple de Colombie a exigé la paix et la dignité. Nous exprimons à présent notre solidarité avec sa lutte pour un processus démocratique libre et pacifique. »

 

Parmi les signataires du communiqué apparaissent des membres du Congrès et des personnalités des Gouvernements du Royaume-Uni, de la France, de l’Union Européenne, des États-Unis, de l’Argentine, des Philippines, de l’Espagne, de la Tanzanie, de la Belgique, de l’Allemagne, du Brésil, de la Nouvelle-Zélande, de la Turquie, de la Bolivie, de l’Irlande, du Portugal et de l’Uruguay.

 

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar infos 

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2022/05/25/colombia-gobierno-deporto-irregularmente-al-observador-electoral-tari-mattson/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2022/05/colombie-le-gouvernement-interdit-l-entree-a-des-observateurs-electoraux.html