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Cuba : Qui a intérêt à fabriquer une « crise migratoire » entre Cuba et les États-Unis ?

5 Mai 2022, 16:55pm

Publié par Bolivar Infos

Cuba : Qui a intérêt à fabriquer une « crise migratoire » entre Cuba et les États-Unis ?

 

Générer le chaos coûte que coûte, détruire ou du moins dégrader l'image de Cuba dans le monde, la priver du soutien international dont elle bénéficie, tel est l'objectif impérial.

 

Auteur: Raul Antonio Capote | informacion@granmai.cu25 avril 2022 11:04:40

 

Un mensonge ressassé ad nauseam par les détracteurs de la Révolution cubaine prétend que la Grande Île des Antilles était considérées comme un pays d'immigrants avant 1959.

En réalité, c'était le cas jusqu'au début des années 30, mais la crise économique, politique et sociale qui toucha le pays à cette époque, et qui s'aggrava dans les années 50, provoqua l'inversion de ce processus et le changement du flux migratoire, les départs étant beaucoup plus nombreux que les arrivées.

 

Entre 1950 et 1958, quelque 65 000 Cubains émigrèrent aux États-Unis, ce qui, ajouté à ceux qui y résidaient déjà, représentait plus de 100 000 personnes. En 1958, ce chiffre augmenta et 72 000 Cubains arrivèrent munis de visas de non-immigrants.

 

En janvier 1959, avec le triomphe de la révolution cubaine, les relations de dépendance avec cette nation ont été rompues et un changement majeur est intervenu dans le flux migratoire.

 

Les premiers à arriver aux États-Unis en 1959 étaient des éléments proches de la dictature de Fulgencio Batista, impliqués dans des vols, des assassinats et des tortures.

 

Les États-Unis ont commencé à donner refuge à quiconque souhaitait quitter Cuba et ont organisé des programmes d'aide spéciaux destinés uniquement aux Cubains, afin d'encourager la main-d'œuvre la plus qualifiée à quitter le pays.

 

En décembre 1960, le Centre d'urgence pour les réfugiés cubains à Miami fut créé avec des millions de dollars de fonds fédéraux. Le programme connu sous le nom de « Programme des réfugiés cubains » accordait le statut de réfugié politique à tous les nouveaux arrivants, un privilège dont ne bénéficiaient pas les migrants de toute autre nationalité.

 

Ainsi, le 28 juin 1962, l'administration de John F. Kennedy signe la Loi publique 87-510, connue sous le nom de Loi sur l'aide aux migrants et aux réfugiés de l'hémisphère occidental, qui entérinait le financement de programmes destinés uniquement aux Cubains arrivant sur le sol étasunien.

 

En novembre 1966, une nouvelle loi fut signée qui garantissait l'application du statut de réfugié à toute personne originaire de l'Île et arrivée illégalement dans le pays. Cette loi visant à adapter le statut des réfugiés cubains à celui de résidents permanents légaux des États-Unis, et à d'autres fins, signée par le président Lyndon B. Johnson, est également connue sous le nom de Loi publique 89-732 ou de Loi d'ajustement cubain.

 

Un Cubain admis sur parole aux États-Unis après 1959, qui se trouve physiquement dans le pays pendant un an, peut être « ajusté » par l'Attorney General en tant qu'étranger légalement admis à la résidence permanente.

 

La Loi d'ajustement cubain stipule que les Cubains sont les seuls immigrants qui, indépendamment de leur mode d'arrivée, peuvent recevoir immédiatement et automatiquement un permis de travail, une résidence légale, un numéro d'assurance nationale et des prestations publiques pour la nourriture et le logement, contrairement à tout autre immigrant débarqué aux États-Unis.

 

Cependant, la procédure légale d'octroi des visas prévue dans le cadre des accords migratoires signés entre les deux pays a été tortueuse, Washington ne respectant délibérément pas le nombre de visas convenu afin d'encourager les départs irréguliers.

 

Les mesures prises par l'administration Trump pour fermer le consulat de l'ambassade des États-Unis à La Havane et déplacer les entretiens de visa vers des pays tiers ont délibérément aggravé la situation.

 

La manipulation de l'émigration cubaine vers ce pays à des fins subversives a provoqué beaucoup de souffrances, les départs irréguliers sont extrêmement dangereux, les itinéraires sont coûteux et les mafias impliquées dans le trafic d'êtres humains se soucient peu de la vie de ceux qui cherchent, attirés par de beaux chants de sirènes bien rodés, le paradis yankee.

 

À présent, face à l'échec du plan américain du 11 juillet qui visait à généraliser le chaos et à vendre au monde l'image d'une île ingouvernable, sanguinaire et tyrannique afin de justifier une « intervention humanitaire », ils tentent de générer cette image en ressortant le vieux dossier des crises migratoires.

 

La menace est dans l'air, une émigration massive vers les côtes des États-Unis constitue un danger pour la sécurité nationale, disent les fauteurs de guerre de l'empire, tout en encourageant les départs irréguliers du territoire cubain.

 

Générer le chaos coûte que coûte, détruire ou du moins dégrader l'image de Cuba dans le monde, la priver du soutien international dont elle bénéficie, tel est l'objectif impérial, afin de pouvoir, sous les applaudissements et les regards complices de leurs laquais, la conduire à l'abattoir. Mais ils n’y parviendront pas.

 

https://fr.granma.cu/cuba/2022-04-25/qui-est-interesse-par-la-fabrication-dune-crise-migratoire-entre-cuba-et-les-etats-unis