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Mexique:La vérité sur la disparition des 43 normaliens  d’Ayotzinapa

1 Septembre 2022, 19:11pm

Publié par Bolivar Infos

 

 

José Rodríguez Pérez, colonel à l'époque des faits, est suspecté d'avoir ordonné l'exécution et la disparition des 6 derniers normaliens d’Ayotzinapa en septembre 2014 pendant la nuit d’Iguala. Un an plus tard, en novembre, le chef militaire a été nommé brigadier général par le Gouvernement d’Enrique Peña Nieto.

 

Le président de la commission pour la vérité et l'accès à la justice dans l’affaire  Ayotzinapa (COVAJ), Alejandro Encinas Rodríguez, a donné samedi de nouveau détails sur le rapport élaboré par cette instance créée par décret présidentiel en 2019. Il a révélé le nom de l’un de ceux qui sont signalés comme responsables de ces faits et qui, au début du rapport, était identifié comme « le colonel » et aurait aussi été en contact avec des membres du groupe criminel Guérilleros Unis.

 

Selon  Encinas, ce qu’on appelle la « vérité historique » a été ourdi dans les hautes sphères du Gouvernement de Peña Nieto « et implique toutes les personnes qui ont participé à la discussion sur ces sujets lors des réunions de la présidence de la république (Los Pinos) »

 

Il a souligné que parmi les personnes qui ont participé à ces réunions, les autorités ministérielles (procureur général de la république (FGR) et juges) devront situer les responsables de la conception,  de l'opération et  de la mise en oeuvre des actions qui ont finit par produire cette version qui a été démantelée par diverses sources et par différents rapports.

 

Celui qui est aussi sous-secrétaire aux droits de l'homme du ministère de l'intérieur était vendredi matin à la conférence du président Andrés Manuel López Obrador pour approfondir le contenu du rapport de la commission qu’il dirige et ses différences avec la « vérité historique »  (version officielle du Gouvernement précédent dans laquelle l'ancien procureur général de la république Jesus Murillo Karam, à présent emprisonné et qui doit être jugé, a joué un rôle prépondérant) pour répondre à ceux qui continuent à défendre cette conclusion et qui disent que les deux aboutissent à  la même chose.

 

On présume que 6 des étudiants étaient toujours en vie 4 jours après les faits (la nuit du 26 et la matinée du 27 septembre 2014), qu’ils ont été tués et qu’on les a fait disparaître sur ordre du colonel, sans doute le colonel de l'époque José Rodriguez Perez.

 

C'est la première fois que l'administration fédérale identifie explicitement un commandant militaire avec exécution de 6 des 43 normaliens disparus.

 

Dans l’armée, le grade de colonel est le plus haut parmi les chefs de la milice. La promotion au grade de brigadier général implique un élargissement de la capacité de commandement avec plus d'éléments sous ses ordres et le fait d'atteindre la première des trois positions les plus importantes dans la corporation, seulement sous les ordres du général de division et du général de brigade.

 

Rodríguez Pérez était alors commandant du 27e bataillon d'infanterie qui a son siège à Iguala, Guerrero, et répondait aux ordres du Général Alejandro Saavedra Hernández qui, en 2014, était commandant de la 35e zone militaire qui a son siège à Chilpancingo et qui, selon la COVAJ, savait ce qui s'était passé dans la nuit du 26 et la matinée du 27 septembre et les jours suivants.

 

Tous deux sont parmi les 20 membres de l'armée pour lesquels la FGR a demandé il y a quelques jours des mandats d'arrêt pour leur participation probable à ces crimes. Le nom du colonel et d'autres impliqués probables ont été diffusés après que l'affaire ait été transmise à la justice, ont indiqué des sources proches de la procédure.

 

Le rapport de la COVAJ révèle que « le 30 septembre, le colonel déclarait qu'ils se chargeraient de tout nettoyer et qu’ils avaient déjà envoyé les 6 étudiants qui étaient toujours vivants » dans une auberge.

 

Le samedi, Encinas dit qu'ils ont « demandé de cuisiner à 10 des étudiants et qu’il y a même une information corroborée aussi par des appels téléphoniques aux urgences 089 qui accrédite le fait que 6 des étudiants sur les 43 disparus ont été retenus plusieurs jours et en vie dans ce qu’ils appellent « la vieille auberge » et que de là, ils ont été remis au colonel, comme on le voit dans les témoignages, qui s'est chargé de ces gamins. »

 

Le sous-secrétaire a présenté un diagramme élaboré à partir de l'analyse de dizaines de messages téléphoniques échangés par les personnes impliquées dans la disparition et l'exécution des jeunes qui révèle que le colonel se mettait d'accord et donnait des ordres à David Cruz H., le Chinois, identifié comme pompier, chef de communication et tueur à gages des Guérilleros Unis. Une autre des identités qu’a révélées le fonctionnaire est celle d’A1, qui pourrait être l’ancien maire d’Iguala José Luis Abarca qui est considéré comme la personne qui aurait donné l'ordre de faire disparaître les normaliens.

 

  • Qui a donné l'ordre ? lui a-t-on demandé.

 

– A1 , sans doute José Luis Abarca, y a participé, les dirigeants des Guérilleros Unis et en collusion, certaines autres autorités qui font partie de l'enquête, a noté  Encinas.

 

Le rapport dit : «A1 a donné l'ordre de récupérer la marchandise : « Ile me font tous chier. A votre discrétion; » A1 a ordonné de faire disparaître tous les étudiants parce qu'ils ne savent pas « qui est qui » et que la place s'est trop échauffée, «  tuez-les tous, Iguala est à moi. »

 

Le diagramme des messages téléphoniques montre que l'ancien maire ( en prison mais pas pour cette affaire ) se mettait d'accord avec le capitaine José Martinez Crespo, également du 27e bataillon d’ infanterie qui, à son tour, communiquait avec le Chinois.

 

Juste un mois avant le huitième anniversaire des faits, Encinas Rodríguez a aussi souligné les différences entre le rapport de la COVAJ et la « vérité historique. »

 

Une des différences « substantielles et de fond » est que la version du mandat précédent « est basée sur les déclarations des prisonniers obtenues sous la torture, sur la fabrication de preuves et la manipulation de la scène du crime. Et nous, nous ne torturons absolument personne. » Il a exhorter ceux qui critiquent et le reste des citoyens à lire complètement le rapport et ses annexes.

 

Il a mis l'accent sur le fait que la disparition des 43 normaliens aurait dû être évitée, mais « sans doute, les omission de l'autorité des trois niveaux du Gouvernement ont permis que cela arrive. »

 

Il a réaffirmé que les crimes commis pendant la nuit d’Iguala et les actions qui ont suivi étaient un crime d'État, car il y a eu négation, dissimulation et manipulation par les autorités municipales, de l'État et fédérales, y compris par l’armée.

 

Une autre différence est que la « vérité historique » conclut que la responsabilité se situe uniquement au niveau municipal car la police d’Iguala, avec le soutien d’hommes en uniforme d'autres municipalités, a remis aux Guérilleros Unis les 43 normaliens et que  ceux-ci ont été tués et incinérés dans le dépôt d'ordures de Cocula et leurs restes déposés dans des sacs en plastique et jetés dans le fleuve San Juan.

 

A cela, le sous-secrétaire répond : « A aucun moment, les étudiants n'ont été ensemble, il y a eu une opération spéciale qui les a dispersés dans différentes régions du périmètre d’Iguala et oui, il y a eu des actes d'agressions dans lesquels le groupe des Guérilleros Unis, en coordination et avec la complicité des forces de sécurité et des autorités municipales, de l'État et fédérales, ont tué et fait disparaître les étudiants. »

 

(Extrait   de La Jornada)

 

Traduction de Françoise Lopez pour Bolivar infos

 

Source en espagnol :

http://www.cubadebate.cu/noticias/2022/08/28/un-coronel-ordeno-ejecutar-a-seis-de-los-43-normalistas-de-ayotzinapa/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2022/09/mexique-la-verite-sur-la-disparition-des-43-normaliens-d-ayotzinapa.html