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Che Guevara : Discours d'Evo Morales au 50° anniversaire de l'assassinat du Che , texte intégral

14 Octobre 2017, 16:13pm

Publié par Bolivar Infos

 

Vive le Che !

Vivent les peuples anti-impérialistes !

Vive Cuba !

Vive l'Amérique Latine !

Vivent les peuples du monde !

 

Merci beaucoup, frères et sœurs, une très grande joie d'être avec des dirigeants, des personnalités anti-impérialistes non seulement d'Amérique Latine mais presque du monde entier. Bienvenue à Vallegrande à tous et à toutes. Un salut au frère Vice-président Álvaro García Linera, au frère Vice-président de Cuba, le Commandant de la Revolution, notre frère Valdés. Je veux aussi saluer la famille du Commandant immortel Che Guevara. Applaudissez-les. Un salut aussi aux camarades de lutte du Che comme Urbano, notre frère Urbano, et Pombo, qui sont là.

 

A tous nos mouvements sociaux de Bolivie, ouvriers, paysans, indigènes, pétroliers, maîtres, constructeurs, jeunesses présentes ici, non seulement de Bolivie, jeunes de toute l'Amérique Latine : Argentine, Chili, Mexique, Paraguay, Uruguay, Nicaragua, Colombie, pratiquement de toute l'Amérique Latine. Je veux aussi saluer nos officiels, les membres de nos assemblées départementales, nationales, de nos mairies, les maires de la Révolution Démocratique et Culturelle, les ministres, tous ceux qui assistent à cette cérémonie, après 50 ans, une fête pour rappeler cette lutte héroïque qui avait à sa tête le Che et les frères argentins, cubains, boliviens, péruviens qui s'y sont joints pour libérer notre peuple.

 

Frères et sœurs de la Grande Patrie, ce jour est l'un des plus importants de notre histoire parce qu'aujourd'hui, nous commémorons les 50 ans de l'entrée dans l'éternité du Commandant Ernesto Che Guevara. Nous sommes réunis dans cette ville symbolique de Vallegrande, paysans, indigènes, travailleurs, étudiants, jeunes, professionnels, artistes et intellectuels de différents pays du monde unis en un seul cri de lutte anti-impérialiste, anti-coloniale et anticapitaliste. Un cri que répètent toutes les femmes et tous les hommes dignes de la planète qui sommes le fruit des semailles faites avec le sang de nos héros et de nos héroïnes non seulement en Amérique Latine mais dans le monde entier.

 

Frères et sœurs, nous sommes réunis autour du soldat de la Révolution, du Commandant éternel Ernesto Che Guevara qui symbolise la lutte des peuples contre les empires. Son visage, son nom, son témoignage de vie et ses idéaux continuent à être le drapeau de la lutte contre toute forme d'oppression, d'exploitation, d'exclusion, c'est ce que nous ressentons quand nous levons nos poings et disons avec toute notre force, avec tout notre cœur « La Patrie ou la mort ! Nous vaincrons ! »

 

Frères et sœurs, nous devons réfléchir aux processus de lutte historiques des peuples. Dans le passé, grâce à la rébellion indigène conduite par Tupac Katari, les frères Kataris du nord de Potosí, Tupac Amaru, Zárate Villca, Apiaguaiki Tumpa, aux guérillas de notre courageuse sœur Juana Azurduy, au courage de Tambor Vargas, aux prouesses héroïques des grands de l'Amérique comme Simón Bolívar, Antonio José de Sucre, Miguel Hidalgo, José de San Martín, José Artigas, ils nous ont libérés d'une colonie décadente qui a ouvert la porte à d'autres formes de domination impériale du continent.

 

Plus tard, frères et sœurs, ressurgit la rébellion des peuples grâce à des processus révolutionnaires : en Amérique Latine, en Asie, en Afrique, de nouvelles formes de combat contre l'intervention étrangère et la domination étrangère, les systèmes excluants, les oppresseurs de la classe ouvrière et une bourgeoisie qui administre l'Etat au bénéfice d'une caste minoritaire dominée et soumise aux intérêts des Etats-Unis. Ici on a choisi, le Commandant Che Guevara et Fidel Castro, Camilo Cienfuegos ont combattu avec des paysans, des universitaires et des ouvriers. Le Che a été un être humain comme nous qui a quitté sa maison avec une poignée de rêves, avec les idées des livres de l'époque qui parlaient de la possibilité d'un monde sans classes sociales, un monde dans lequel les peuples gouvernent, un monde sans riches ni pauvres.

 

Le Che a traversé l'Amérique, connu des paysans, des indigènes, des mineurs, des travailleurs des usines, des voisins des quartiers pauvres, des lépreux. Et, sur ce continent blessé par le pillage, il a trouvé sa cause et la libération des peuples. Le prise de pouvoir d'un Gouvernement du peuple et par le peuple, construire la société socialiste, un frère argentin luttant coude à coude pour la libération de Cuba comme il l'aurait fait pour n'importe quel pays du continent ou hors du continent si la révolution y était arrivée. Dans la guérilla de la Sierra Maestra, le Che est devenu le fils de Cuba, de ce pays qu'il rappelle comme l'un de ses plus grands symboles et comme preuve que les rêves peuvent se réaliser. Cuba, un pays où les enfants ne meurent pas de faim, à Cuba, tous peuvent étudier et pas uniquement ceux qui peuvent payer. Un pays qui a développé tellement de capacités locales et de prévention que les ouragans ne coûtent pas de vies, un pays où, avant tout, on respire la dignité et la souveraineté.

 

Aucun autre pays du monde ne garantit une telle façon de vivre à son peuple. Le Che, avec une conviction et une volonté inébranlables, a vécu la libération d'un peuple et les débuts de la construction d'un Etat du peuple et a voulu répéter cette expérience dans tous les pays du monde en partant combattre au Congo, en Algérie et en Bolivie. Frères et sœurs, en 1965 la Bolivie était en crise, une étape dans laquelle nos idéaux de lutte du peuple étaient foulés aux pieds par un plan destiné à en finir avec toute la résistance minière du pays, à provoquer la division entre ouvriers et paysans. Dans les mines et dans les rues, les mineurs étaient mitraillés, exilés, assassinés, emprisonnés. Le Che est revenu en Bolivie il y a 50 ans, quand le pays était divisé et l'unité du peuple brisée. Nous nous affrontions entre pauvres, entre paysans et ouvriers, trompés, tous, en pensant que l'exemple était à côté alors que l'ennemi était avec les intérêts économiques et politiques des transnationales, habituellement du Nord.

 

Dans une Bolivie dans laquelle nos propres soldats sortis des champs, des bourgs, des ayllus1 et des capitaineries ont été utilisés et menacés pour qu'ils poursuivent la guérilla, pas seulement le Che mais aussi tous les guérilléros, nos frères boliviens, péruviens, cubains, chiliens et argentins. Il faut dire que ça n’a pas été une invasion puisque sur 50 guérilléros, 26 étaient boliviens, des frères boliviens qui luttaient avec le Che pour la libération de notre pays. Frères et sœurs, à cette époque comme aujourd'hui, l'empire jetait un pauvre contre un pauvre, un frère contre un frère. Je profite de ce moment pour préciser à ceux qui critiquent maintenant cette cérémonie que ce n'est pas trahir que reconnaître ceux qui ont voulu libérer la Patrie. Trahir la Patrie, c'est servir en tant que laquais l'empire nord-américain.

 

Aujourd'hui, ils veulent faire de la guérilla des envahisseurs, des terroristes, comme l'ont souvent fait des Gouvernements dictatoriaux et néolibéraux : le même discours que les opposants aujourd'hui, comme à l'époque de Banzer, García Meza et Arce Gómez. Je leur dis que nous, les mouvements sociaux indépendantistes de toute l'Amérique Latine, nous commençons en tant que guérilléros avec des guérillas pour libérer notre Patrie. Que toujours, ceux qui se sont armés de courage, et ont pris des branches, des pierres, des fusils contre les empires ont été rares. Frères et sœurs, ne rendons pas responsables les mains des soldats boliviens qui ont été obligé d'obéir aux ordres, rendons responsables les agents de la CIA et les agents fédéraux qui s'y sont soumis pour commettre l'acte atroce et déloyal d'ordonner l'assassinat du prisonnier. Même pendant la guerre, la vie d'un prisonnier se respecte.

 

Le Che a lutté et est mort pour la libération de la Bolivie et en pensant à la libération de la Grande Patrie et de toute lutte sur la planète. Par sa vie et par sa mort, il a rejoint le chemin des luttes de nos peuples, de notre résistance indigène et de sa révolution qui nous a laissé l'idée qu'il y a encore beaucoup à faire. Les balles des mercenaires se l'Empire n'ont pas pu tuer son esprit, faire taire son message, occulter ses idéaux. La mort est devenue la naissance de la lutte pour libérer nos peuples. Le Commandant de l'Amérique est dans les rues, sur les places, dans nos cœurs et dans nos poings levés.

 

Il y a 50 ans, Ernesto Che Guevara accompagnait la lutte du Vietnam. Dans son message aux peuples du monde, à travers la Tricontinentale, il appelait à créer 2, 3, beaucoup de Vietnam. Le Che disait : « La plus grande des puissances impérialistes sent dans ses entrailles l’hémorragie provoquée par un pays pauvre et retardé et sa fabuleuse économie se ressent de l'effort de guerre. » Aujourd'hui, l'Empire continue à porter des coups à des pays qui mènent des politiques contraires à ses intérêts et nous tournons à nouveau la tête, nous tournons à nouveau le dos et nous jugeons seulement sur l'information que nous montrent les médias qui ont intérêt à la chute des Gouvernements anti-impérialistes.

 

Aujourd'hui, les paroles du Che : « Toute notre action est un cri de guerre contre l'impérialisme et une clameur pour l'unité des peuples contre le grand ennemi du genre humain » sont encore plus actuelles. Aujourd'hui, ils attaquent le Venezuela comme ils ont attaqué hier l'Afghanistan, comme on attaque tous les jours la Palestine et face à ces attaques, nous ne pouvons pas détourner le regard. Ce sont nos peuples qui se trouvent dans la ligne de mire et si nous échouons aujourd'hui, ce n'est pas Evo ou le MAS qui échoue, si nous échouons aujourd'hui, ce sont les peuples de notre Grande Patrie qui subiront le retour des pillards et les llunk’us de l'empire. Frères et sœurs, aujourd'hui plus que jamais, nous devons crier avec le Che que notre lutte n'est pas celle d'une décennie, d’une période de gouvernement ou d'une seule vie. Frères et sœurs, je veux m'adresser spécialement aux jeunes pour faire remarquer l'énorme espoir que notre monde met en eux pour qu'ils soient les acteurs des changements profonds sur notre planète.

 

Le Commandant Fidel disait  du Che : « Si nous voulons un modèle d'homme qui n'appartienne pas à cette époque, un modèle d'homme qui appartienne aux temps futurs, de tout cœur, je dis que cet homme, sans aucun doute, sans une seule tache dans sa conduite, sans une seule tache dans son action, ce modèle est le Che. Si nous voulons savoir comment nous désirerions que soient nos enfants, nous devons dire de tout notre cœur et avec l'esprit révolutionnaire : nous voulons qu'ils soient comme le Che. » La jeunesse a comme grand héritage l'exemple de vie cohérente du Che pour forger de nouveaux drapeaux d'unité et de mobilisation, un Che modèle de révolutionnaire, socialiste, exigeant dans la discipline, studieux, loin des hautes charges, des commandements et des distinctions. Un Che humain et solidaire, un Che cohérent entre ce qu'il pensait et ce qu'il disait, un Che ouvrier et travailleur infatigable, un Che serviteur public, efficace et visionnaire. Un Che qui cherchait dans la base de la révolution qu'il a envisagée depuis sa propre expérience le besoin de changer pour devenir l'Homme Nouveau, un Che constructeur de la pensée, un Che combatif et révolutionnaire.

 

Je réaffirme, frères et sœurs, mon admiration pour le Che, pour sa famille, pour les combattants qui l'ont accompagné et pour tous les hommes et toutes les femmes anti-impérialistes de cette époque. Frères et sœurs, la meilleure façon de rendre hommage au Che, c'est de poursuivre sa lutte, une lutte anti-impérialiste. Je veux vous délivrer, frères et sœurs, un message important pour les nouvelles générations.

 

1°, construire un monde sans envahisseurs ni envahis, avec l'élimination totale des armes de destruction massives, nucléaires, chimiques, biologiques. Un monde dans lequel il n'existe ni bases militaires ni bases de l'Empire dans notre pays, un monde dans lequel les bases militaires se consacrent à renverser la pauvreté et l'extinction.

 

2° construire un monde dans lequel les services de base soient reconnus comme des Droits de l'Homme, un monde dans lequel l'eau, l'électricité, la communication, l'assainissement de base ne soient pas commercialisés et satisfassent les besoins de l'humanité sur toute la planète.

 

3°, construire un monde avec un nouveau système financier et monétaire international juste dans lequel ce ne seraient pas les banques qui commanderaient mais les peuples. Un monde dans lequel la dépendance envers les organismes internationaux qui, avec leurs recettes, en violant la souveraineté des Etats, ont créé plus de pauvreté, serait rompue.

 

4° construire un monde avec une vraie démocratie participative dans lequel ceux qui gouvernent commandent en obéissant, un monde sans oligarchies, sans hiérarchies, sans monarchies ni anarchie financière. Un monde dans lequel l'action politique serait destinée à servir la vie et qui soit un engagement humain, éthique, moral envers nos peuples, envers les plus grands.

 

5°, construire un monde dans lequel nous éradiquerions le colonialisme et le néocolonialisme culturel et technologique, un monde dans lequel cesserait l'usurpation des savoirs. Dans lequel la famille humaine partagerait, sur la base de la solidarité et non du profit, ses connaissances et sa technologie pour vaincre les maladies et améliorer la qualité de la vie et tous en harmonie avec la nature.

 

6°, construire un monde dans lequel nous défendrions le droit à la liberté de la presse, le droit à l'information. Mais pour cela, nous devons être en alerte envers les mensonges de nombreux médias qui justifient les invasions, qui défendent les intérêts des transnationales et qui cherchent à affaiblir et à criminaliser les mouvements sociaux, les Gouvernements anti-impérialistes.

 

7°, construire un monde qui dans tous les Etats connaissent et respectent les droits de la Terre Mère, dans lequel le développement aille de pair avec la nature. Construire un monde dans lequel les ressources naturelles dans les entreprises stratégiques soient au pouvoir du peuple et non des transnationales.

 

8°, construire un monde avec un nouvel ordre économique mondial, dans lequel les relations commerciales seraient basées sur la complémentarité et la solidarité, pas sur le profit et sur l'exploitation.

 

9°, construire un monde dans lequel priment l'unité des peuples du monde, l'unité des mouvements sociaux, l'unité des travailleurs des champs et des villes, l'unité et la solidarité dans les luttes les plus urgentes de la planète. Parmi elles, les Malouines pour l'Argentine, la libération de la Palestine, la paix en Syrie, la paix en Colombie, la levée du blocus économique de Cuba et la restitution de Guantánamo et enfin la mer pour la Bolivie.

 

10°, construire un monde dans lequel on connaisse la citoyenneté universelle et où les murs qui divisent les gens et les peuples tombent, une citoyenneté universelle pour éradiquer le racisme et la discrimination.

 

Le Che est passé et il s'est installé dans les quartiers, dans les usines, dans les rues, dans les universités, dans les champs, dans la population organisée qui lutte pour la transformation révolutionnaire en Amérique Latine et dans le monde. Jamais plus qu'aujourd'hui, le Che n'a été nécessaire, il est plus vivant et se projette avec plus de force vers le futur. Frères et sœurs présents, frères et sœurs qui nous écoutent dans le monde entier, je profite de cette occasion pour expliquer brièvement pourquoi en Bolivie, nous nous sommes libérés de l'Empire nord-américain dans le domaine politique et dans le domaine économique du Fonds Monétaire International.

 

Frères qui nous rendent visite, aussi importante qu'ait été l'unité, l'unité des mouvements sociaux, l'unité du secteur ouvrier, enseignant, l'unité du mouvement paysan indigène, originaire, il fallait surtout récupérer cet héritage que nous ont laissé nos ancêtres. Etre un guérillero n'est pas un délit. Pourquoi je dis cela, frères et sœurs ? Les frères des champs savent qu'en Bolivie, pour affronter l'invasion européenne, nos ancêtres se sont organisés en guérillas, en soulèvements, en rébellions, dans cette partie du Tahuantinsuyo maintenant appelé Bolivie, au Kollasuyo, connu comme Kollasuyo dans les petites républiques, les soulèvements contre ce maître étranger.

 

Enfant, je m'en souviens très bien, mes professeurs, le 5 août, le 6 août, le 7 août, me faisaient crier « Gloire aux guérilléros de l'Indépendance », beaucoup de frères s'en souviennent encore. Quand il y a un ennemi étranger qui nous envahit en armes avec ses forces pour nous voler, tous, nous avons le droit de nous organiser pour nous défendre face à cette invasion européenne ou face à une invasion nord-américaine à cette époque. Les guérilléros des années 50, 60, 70 sont maintenant présidents, vice-présidents, des hommes courageux qui se sont organisés pour défendre notre dignité, notre identité et surtout pour défendre nos ressources naturelles. Et pourquoi doivent-ils condamner les guérilléros ? Il y a des guérilléros hommes et femmes qui se lèvent, en armes, quand il y a une invasion de l'Empire. Si elle ne veut pas d'affrontements, l'Amérique du Nord ou la politique nord-américaine doit cesser d'envahir les pays du monde, respecter leur souveraineté, respecter la dignité et l'identité de tous les peuples du monde.

 

Je me demande seulement si nous avions libéré la Bolivie il y a 50 ans, si la Bolivie aurait été mieux qu'avant. Nous nous sommes libérés il y a 11 ans et maintenant, nous sommes mieux que pendant 180 ans, revoyez l'histoire de notre chère Bolivie. Frères et sœurs, nous devons à nouveau nous demander : sommes-nous avec les pauvres ou sommes-nous avec les riches ? Si nous sommes avec les pauvres, nous sommes avec le socialisme, nous sommes avec la gauche, si nous sommes avec les pauvres, nous sommes avec les peuples et non avec l'empire nord-américain. Sœurs et frères, nous devons aussi nous demander : sommes-nous avec l'interventionnisme ou sommes-nous avec l'internationalisme ?

 

Nous sommes avec l'internationalisme, nous, les peuples, allons nous unir pour défendre la dignité de nos peuples. Que fait l'interventionnisme ? L'interventionnisme de l'Empire, ce qu'il fait, c'est installer une base militaire dans des lieux stratégiques du monde. Pourquoi ? Pour nous dominer dans le domaine politique et nous voler dans le domaine économique, nous soumettre politiquement. Assez d'invasions, assez de bases militaires, assez, sœurs et frères, de pillage de nos ressources naturelles. Et ici, en Bolivie, avec cette unité, nous avons récupéré nos ressources naturelles. Maintenant, je veux à nouveau vous dire : nous sommes mieux qu'avant. Et qu'est-ce que l'internationalisme ? Des hommes engagés envers la vie, des hommes et des femmes engagés envers l'humanité, ils s'organisent pour défendre la souveraineté, la dignité de n'importe quelle partie du monde et nous sommes prêts à la faire comme l'a fait le Che, aller en Afrique et sur d'autres continents pour libérer les peuples.

 

Un jour, j'ai dit , sœurs et frères, j'ai dit de mon secteur des 6 Fédérations que ce serait bien que mes frères parlent anglais pour parcourir le monde pour orienter et expliquer notre expérience, comment, depuis Cochabamba, nous avons affronté la base militaire états-unienne. Nous avons gagné le combat, maintenant, sans base militaire, sans la DEA nord-américaine, sans l'USAID, nous sommes mieux qu'avant, c'est ça, notre expérience. Que nous être unis pour nous libérer a été tellement important !

 

A cause de cela, frères, ja salue votre présence, votre présence nous renforce, réunis aujourd'hui. 50 ans après la présence du Che, nous continuons à penser à cette grande libération des pays du monde. Il n'est pas possible que la richesse soit en peu de mains, c'est la capitalisme. Non je ne proteste pas contre la propriété privée. Nous avons tous de petites propriétés privées. En Bolivie, la propriété privée est garantie par la Constitution. Mais le capitalisme qui pille les ressources naturelles, qui exploite les travailleurs en volant la richesse des peuples des Etats, s'enrichissent et ne s'intéressent pas à la vie du plus grand nombre est une chose. Pour cette raison et pour bien d'autres, nous sommes anti-impérialistes, nous sommes anticapitalistes, nous sommes anticolonialistes. Et les jeunes, les nouvelles générations doivent identifier les ennemis intérieurs et extérieurs. L'ennemi extérieur, c'est le capitalisme et les ennemis intérieurs, ce sont les laquais, ceux qui servent le capitalisme qu'on appelle ceux de droite.

 

Je veux seulement dire à tant de mouvements sociaux qui nous accompagnent, comme je l'ai dit une fois dans une cérémonie, sœurs et frères, ici, nous, qui sommes au Gouvernement, nous allons mourir anti-impérialistes, n'en doutez pas. Nous sommes du sang de lutte, de ces peuples d'ouvriers indigènes qui ont lutté avant : l'idéologie, les principes ne se discutent pas. Ce qui se discute, c'est comment continuer à améliorer et à avancer vers la libération des peuples du monde. A cause de cela, sœurs et frères, je suis très satisfait, très fier de vous recevoir ici, de partager, 50 ans plus tard, le départ du Che, de renforcer notre lutte par ces cérémonies. De dire d'ici à notre frère Maduro qu'il n'est pas seul, nous allons t'accompagner, frère Maduro, avec ton peuple révolutionnaire. Sûrement, ils voudront vaincre la Révolution Bolivarienne, nous n'allons pas le permettre, ni les Vénézuéliens ni en tant que Latino-américains.

 

Nous sommes de la Grande Patrie, nous sommes latino-américains et caribéens. Unis, nous vaincrons l'Empire nord-américain. Sœurs et frères, merci beaucoup.

 

Vive le Che !

Vivent les peuples anti-impérialistes !

Vivent nos mouvements sociaux !

 

La Patrie ou la mort ! Nous vaincrons !

Quand ? Maintenant !

 

Merci beaucoup.

 

Vallegrande – Santa Cruz – Bolivie

Note de la traductrice:

1Communauté familiale étendue où tous se considèrent descendants d'un ancêtre commun et où tous travaillent ensemble sur un territoire de propriété commune.

traduction Françoise Lopez

Source en espagnol: 

http://www.resumenlatinoamericano.org/2017/10/12/discurso-completo-del-presidente-evo-morales-en-el-acto-central-en-conmemoracion-de-los-50-anos-del-che-en-bolivia/

URL de cet article:

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