Venezuela : John Bolton admet que l'un de ses objectifs est que ce soient des entreprises étasuniennes qui exploitent le pétrole vénézuélien
John Bolton, conseiller à la Sécurité Nationale des Etats-Unis a déclaré lors d'une interview accordée à Fox Business que « cela ferait une grande différence » si les compagnies pétrolières étasuniennes pouvaient accéder aux puits de brut du Venezuela.
« Nous discutons en ce moment avec d'importantes compagnies étasuniennes » a déclaré
Bolton et il a ajouté qu'il serait très souhaitable « d'avoir des compagnies étasuniennes qui produisent le pétrole au Venezuela. Ce serait bon pour le Venezuela et pour le peuple des Etats-Unis. »
Lundi, une semaine après ces déclarations, Bolton a annoncé l'imposition de sanctions à Petróleos de Venezuela S.A. (PDVSA), des mesures restrictives qui comprennent le gel de quelques 7 000 000 000 de dollars d'actifs de cette compagnie d'Etat vénézuélienne.
Le fonctionnaire a repris les arguments de la soi-disant défense de la démocratie et des Droits de l'Homme et il a insisté sur le fait que si le Président constitutionnel du Venezuela, Nicolás Maduro, était renversé, ce serait une « grande avancée » pour créer « des opportunités d'affaires » dans la région.
Les déclarations de Bolton, même si elles confirment quelque chose que divers analystes avaient déjà envisagé, ne sont pas une surprise. Le président des Etats-Unis en personne a affirmé auparavant l'importance des ressources naturelles des autres pays pour les Etats-Unis.
« La Libye m'intéresse si nous prenons le pétrole. Si nous ne prenons pas le pétrole, la Libye n'a pas d'intérêt » a dit Trump en 2012 alors qu'il n'était pas encore président, un mois après l'intervention de l'Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN) qui a détruit ce pays. Il a aussi déclaré à cette occasion qu'il pourrait « aider » l'Etat libyen si en échange, il lui remettait 50% de son brut.
Il faut rappeler que selon les estimations de l'Agence Centrale de Renseignement (CIA) elle-même, le Venezuela a la plus importante réserve de pétrole du monde, avant l'Arabie Saoudite.
Chronologie de la crise vénézuélienne :
Le 23 janvier, Juan Guaidó, le président de l'Assemblée Nationale dans l'illégalité depuis 2016 dont les actes ont été déclarés nuls et non avenus par plusieurs sentences du Tribunal Suprême de Justice, s'est auto-proclamé « président chargé » du Venezuela lors d'une manifestation à Caracas.
Sa légitimité à été reconnue par les Etats-Unis et un groupe de pays latino-américains.
Nicolás Maduro annonce la rupture des relations diplomatiques et politiques avec les Etats-Unis.
Le secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Mike Pompeo, annonce le jeudi, lors d'une session de l'Organisation des Etats Américains, (OEA) que Washington est prêt à fournir au Venezuela une « aide humanitaire » d'une valeur de plus de 20 000 000 de dollars.
A la fin de la session, 16 des 34 membres de l'OEA reconnaissent officiellement Guaidó comme président par interim du Venezuela dans une résolution signée par l'Argentine, les Bahamas, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l'Equateur, les Etats-Unis, le Guatemala, Haïti, le Honduras, le Panamá, le Paraguay, le Pérou et la République Dominicaine.
L'Union Européenne n'a pas reconnu explicitement Guaidó comme président par interim du Venezuela. La Haute Représentante du bloc pour les Affaires Etrangères et la Politique de Sécurité, Federica Mogherini, s'est prononcée pour des « élections libres » u Venezuela.
D'autre part, les Gouvernements du Mexique,de la Bolivie, de Cuba, de l’Iran, de la Chine et de la Russie ont déclaré qu'ils en reconnaissaient pas Guaidó comme président. De plus, Maduro a révélé qu'il avait reçu un appel du président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, lui exprimant son soutien.
traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos
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