Venezuela : La chancellerie brésilienne donne des instructions à ses ambassades pour qu'elles se joignent au harcèlement des États-Unis contre contre Cuba
Le chancelier brésilien, Ernesto Herrique Fraga Araujo, a émis une « ordonnance » destinée aux ambassades du Brésil dans le monde et leur intimant de se joindre aux États-Unis et de condamner à la fois avec ce pays « le soutien militaire et le renseignement offert par La Havane au soutien à Nicolás Maduro en tant que Président du Gouvernement Bolivarien du Venezuela.
Il semblerait que, comme les Yankees sont finalement arrivés à la conclusion qu'ils ne pourront pas chasser le successeur d'Hugo Chávez du Palais de Miraflores, il était indispensable de mettre en place une sorte d'offensive mondiale contre lui, étant donné que, selon Araujo, être « allié avec Cuba » est un délit immense et impardonnable.
Ce chancelier donne des instructions à ses ambassadeurs pour qu'is prennent contact avec les Gouvernements devant lesquels ils sont accrédités pour les informer que Maduro « reçoit une protection directe des conseillers militaires et des services de renseignement cubains à différents niveaux. » Et il assure ensuite qu'i est persuadé « qu'une campagne internationale de pression diplomatique sur Cuba pourrait contribuer à faire cesser l'aide de La Havane. »
Il soutient aussi que les ambassadeurs du Brésil devraient appeler instamment les autorités étrangères à « condamner l'action de Cuba dans la prolongation de al crise vénézuélienne » et il ajoute que la « condamnation » de cette aide « devrait se faire grâce à des déclarations dans des forums régionaux et multilatéraux et même grâce à des tractations directes avec le Gouvernement de Cuba. » Et comme si ça ne suffisait pas, dans la conclusion de sa « note d'instructions, » il souligne que ses ambassadeurs devront mettre en œuvre ces instructions « en coordination avec l'ambassade des Etats-Unis dans chaque capitale. »
En d'autres termes, le chancelier du Brésil cherche à ce que le pays abandonne sa neutralité – un élément de base de sa politique étrangère – et se joigne aux demandes de Washington qui nous parle de La Havane, de Caracas et de Managua comme des membres d'un soi-disant « axe du mal » qui doit être éradiqué par la force.
La lettre envoyée par Araujo aux ambassadeurs brésiliens a causé, évidemment, beaucoup de trouble et une grande alarme même parmi ses destinataires. Tout d'abord parce qu'elle sort largement des limites que respectait jusqu'à présent le Ministère des Affaires Etrangères du Brésil, même aux pires moments du Gouvernement militaire, quand l'escadron “Teseo” brillait de tous ses feux et que Dilma Rousseff était sauvagement torturée par les sbires de la dictature militaire dans la Patrie de Castro Alves, le Chanteur des Esclaves, comme disait Jorge Amado.
Le document de Araujo est grossier. Tellement que les ambassadeurs brésiliens dans différents pays ont manifesté leur contrariété devant cette note et ont mis en doute son origine. Certains soutiennent même que sa source originale ne serait pas le Ministère des Affaires Etrangères mais peut-être le bureau parlementaire du député Eduardo Bolsonaro, le fils du Président ou peut-être le bureau d'Olavo de Carvalho, « le conseiller du président pour la politique étrangère » ou plus précisément de Langley, Virginie, où se trouve le siège de l'Agence Centrale de Renseignement des Etats-Unis, la ténébreuse CIA.
Quelle que soit son origine, cette circulaire crée un précédent extrêmement dangereux : il nie l'Indépendance, elle nie la Souveraineté, elle nie la politique propre, elle nie les décisions nationales en se soumettant aux diktats de l'Empire et à une servilité infinie. C'est vers cela que va le Brésil d'aujourd'hui ?
traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos
Source en espagnol :
URL de cet article :