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Colombie : Que se passe-t-il dans l'Armée ? 

12 Juillet 2019, 17:47pm

Publié par Bolivar Infos

Le Procureur Général de la Colombie a fait savoir hier que 12 sous-officiers « qui seraient liés à des actes de corruption » et qui appartenaient à un réseau soupçonné d'exiger de l'argent des militaires en échange d'avantages ont été arrêtés.

 

Ces fonctionnaires seraient soupçonnés de fraude procédurale, accès abusif à un système informatique, trafic d'influences de la part d'un serviteur de l'Etat, prévarication active, faux en écriture privée et association de malfaiteurs. »

 

Selon le Procureur, ce groupe opérait dans des garnisons militaires et demandait aux militaires 4 à 5 000 000 de pesos (1 200 à 1 500 dollars) « pour leur donner des avantages avec des démarches pour monter en grade et obtenir des changements d'unités militaires. »

 

Pour sa part, la Commandement de l'Armée Nationale de la Colombie a fait connaître l'arrestation par un communiqué et a déclaré que l'enquête a été menée par les corps du Contrespionnage en coordination avec le Corps Technique d'Investigation du département de Cundinamarca, dont la capitale est Bogotá. 

 

Parmi les personnes arrêtés se trouve un sergent, 7 sergents de 2° classe, 2 premiers chefs et 2 seconds chefs. Mais les hauts gradés signalés dans les enquêtes journalistiques pour avoir commis des irrégularités supposées alors qu'ils avaient des responsabilités dans l'armée entre 2015 et maintenant n'ont pas été arrêtés mais soumis à des sanctions administratives internes.

 

Pourquoi ces arrestations

 

La revue Semana a révélé ces derniers jours un important travail spécial concernant une série d'irrégularités dans l'Armée, irrégularités dans lesquelles 3 hauts gradés seraient impliqués dans des actes de corruption, trafic d'influences et contrainte pour éviter des révélations parmi les militaires.

 

Dans le texte qui, selon la revue, est basé sur des enregistrements, des témoignages, des vidéos et des documents en possession du Procureur et du Ministère de la Justice, on mentionne les hauts gradés suivants :

 

Le chef actuel du Commandement de Soutien Intégral et de Développement, Jorge Romero, en relation avec des actes de corruption concernant des permis de port d'arme accordé à des civils et de mauvaises gestions entre 2015 et 2017 alors qu'il commandait la 4° Brigade de l'Armée cantonnée à Medellín.

 

Le second commandant de l'Armée, Adelmo Fajardo, lié à la demande d'argent à ses officiers pour des dépenses personnelles et familiales en 2016 et 2017, alors qu'il commandait le Commandement d'Education et de Doctrine de l'Armée.

 

Le général Eduardo Quirós, chef du Commandement de Soutien au Contrespionnage signalé pour avoir exercé des contraintes sur des officiers soupçonnés d'avoir divulgué des informations à la presse sur les mauvaises gestions dans cette institution.

 

Le ministre de la Défense, Guillermo Botero a avancé que Romero avait été appelé à qualifier des services (retraite du service actif, qui n'est pas une sanction ou un renvoi), que Fajardo avait demandé des vacances « pour préparer sa défense » et que Quirós serait transféré « jusqu'à ce que sa situation soit résolue. »

 

Dans les documents présentés par Semana, on mentionne aussi l'actuel commandant de l'Armée Nicacio Martínez Espinel qui occupait le poste d'inspecteur général de l'Armée à cette époque et qui n’aurait pas informé de ces illégalités.

 

Cette nouvelle révélation survient presque 2 mois après que, fin mai, une enquête d'AP ait apporté des éléments qui prouveraient que Martínez Espinel aurait couvert la mort de civils tués par des militaires il y a plus de 10 ans.

 

Quelques jours plus tôt, le New York Times (NYT) avait révélé que des généraux et des colonels de l'Armée colombienne ont signé un accord pour augmenter les opérations et « être efficaces dans les opérations » destinées à « tuer, capturer ou forcer à se rendre les groupes criminels et rebelles. »

 

Que dit le ministre de la Défense ?

 

Botero a écrit une série de twitts dans lesquels il affirme qu'il y aura « zéro tolérance » face aux actions illégales de la Force Publique et qu'il avait rencontré le Procureur, le Ministère de al Justice et l'Inspection Générale « pour leur demander d'agir face aux conduites illégales. »

 

« Nous ne serons ni indulgents ni téméraires mais totalement diligents. Nous avons pris le temps nécessaire pour analyser chaque cas individuellement, » a-t-il déclaré et il a précisé que les faits sur lesquels on enquête se sont déroulés avant le 7 août de l'année dernière, date à laquelle le président Iván Duque a pris possession de sa charge.

 

Le commandant de l'Armée parle

 

Martínez Espinel a affirmé il y a 2 jours que 42 membres de ce corps ont été mis à la retraite du service actif et que 38 sont à la disposition des autorités judiciaires dans le cadre de cette enquête.

 

Il a répondu à Semana qu'il n'avait connaissance d'aucune dénonciation directe concernant les généraux en question dans l'article pendant qu'il était inspecteur général de l'Armée, une charge qu'il a occupée jusqu'à ce qu'il ait été nommé à son poste actuel, en décembre 2018.

 

Enfin, il a affirmé qu'une réunion avec le commandement de la Seconde Brigade qui a eu lieu en mai dernier à Bucaramanga, capitale du département de Santander, était destinée à évaluer « les diverses activités qui se déroulent sous sa juridiction et non à soumettre 15 militaires à l'épreuve du détecteur de mensonges pour savoir qui donnait des informations aux médias comme le dit la revue.

 

Jusqu'à présent, le président Duque ne s'est pas prononcé à ce sujet.

 

(Extrait de RT)

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://www.cubadebate.cu/especiales/2019/07/11/que-pasa-en-el-ejercito-colombiano-detenciones-y-cargos-retirados/#.XSgzNC3pMRE

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2019/07/colombie-que-se-passe-t-il-dans-l-armee.html