Pérou : « Agriculture, oui, mines, non, » les Péruviens rejettent le projet Tía María
Depuis lundi 15 juillet, les Péruviens du sud du pays protestent contre l'installation d'un projet minier qui affecterait les cultures et les ressources en eau de la Vallée du Tambo.
Sous le slogan « Agriculture, oui, mines, non, » les habitants de la province d'Islay sont descendus dans la rue de leurs localités pour protester contre le projet de construction d'une mine de cuivre près du sud de la Vallée du Tambo.
A Mollendo, un secteur agricole de la province d'Islay, des Péruviens se sont concentrés le 17 juillet sur les principales artères du village pour protester contre l'installation du projet minier Tía María à Arequipa, au sud du Pérou.
La mine de cuivre, qui devrait se situer dans le désert de La Joya, a déclenché une grève illimitée dans toute la province depuis le 15 juillet pour s'opposer à la réalisation du projet à la charge de l'entreprise Southern Peru Copper Corporation.
La Confédération Générale des Travailleurs du Pérou (CGTP) a appelé instamment la communauté à se joindre à la protestation et a écrit sur son compte Twitter: « Tía María ne va pas. Le peuple n'a pas accordé la licence. »
Des milliers de Péruviens sont descendus dans la rue parce que le permis de construire accordé par le Gouvernement sans le soutien de la population mettrait en danger les eaux et les cultures de la région : une des conséquences négatives de Tía María.
Ce projet essaie de se concrétiser depuis presque 10 ans et à propos des ressources en eau, l'entreprise affirme qu'elle construirait une usine de désalinisation pour ne pas affecter l'eau dans cette zone.
Des manifestations avaient déjà eu lieu pour la même raison au début de cette décennie, quand on prétendait déjà installer la mine. Il y avait eu 6 morts et maintenant, le Gouvernement de Vizcarra a envoyé quelques 400 policiers pour contrôler les marches.
A cette situation s'ajoute la paralysie des classes car le secteur de l'éducation s'est aussi fait l'écho des protestations contre un projet qui coûterait 1 400 dollars1.
Miguel Arce, porte-parole des agriculteurs de la Vallée du Tambo, affirme que la manifestation pacifique continuera jusqu'à ce que Tía María soit annulé. C'est pourquoi ils exigent que le président du Pérou, Martín Vizcarra, vienne dans cette zone.
Même si Elmer Cáceres Llica, le gouverneur d'Arequipa a donné 72 heures au Gouvernement de Martín Vizcarra pour annuler le permis de construire, la situation au Pérou, second producteur de cuivre au monde, reste en crise.
Le projet est destiné à exploiter des gisements de cuivre près de la vallée et est également rejeté par plusieurs congressistes du Front Large.
L'un d'entre eux, Humberto Morales, affirme qu'il faut soutenir l'appel des agriculteurs, des maires et du gouvernement de la région parce qu'on « doit décréter la nullité du permis de construire. » Les Péruviens de la zone ont dans la Vallée du Tambo leur mode de vie.
Activités économiques : de quoi vit la Vallée du Tambo ?
La Vallée du Tambo, menacée par l'installation du méga-projet Tía María, est un territoire de 13 000 hectares (ha) sur lesquels on sème des pommes de terre et de l'ail en hiver.
Par contre, au printemps, on se concentre sur le riz, semé sur 8000 ha de la vallée et cela serait end danger, selon les habitants de la zone menacée.
La pomme de terre et l'ail sont les principaux produits de cette zone et on en sème en moyenne 3 500 ha par an. L'agroalimentaire, l'élevage, la pêche et la mine représentent les activités primaires de la région d'Arequipa.
L'espace restant est destiné à la production d'autres aliments comme la luzerne et à l'élevage, en particulier dans les districts de Mejía, Mollendo et Punta de Bombón.
Au niveau régional, le rapport de la Banque Centrale de Réserve du Pérou montre que d'août 2018 à avril 2019, on a enregistré majoritairement des semailles de riz (20 201 ha), maïs spathe (11 354 ha), d'oignon (5 354 ha), de pommes de terre (4 346 ha) et d'ail (1 618 ha).
Ces 3 derniers produits sont aussi ceux qui sont produits « le plus dans la Vallée du Tambo, » selon Jesús Cornejo, président de l’association des Usagers de l'Irrigation du Tambo.
« Dans cette zone, n se concentre aussi sur les semailles de blé, de al courge, du paprika, de l'artichaut et du quinoa, bien que dans de moindres proportions, » a ajouté Cornejo lors d’une interview accordée au journal El Comercio, sans donner de chiffres.
« Nous sommes la zone où on produit le plus d'ail dans la région. Au second rang, on trouve la pomme de terre dont nous envoyons une certaine quantité en Bolivie, » précise Jesús Cornejo.
Mais l'exportation de tubercules est un cas isolé dans la vallée. Les exportations agricoles ne font pas partie des plans de ses habitants. Cette activité n'est pas considérée comme une source de revenus étant donné qu'elle ne comble pas les attentes, ajoute-t-il.
L'activité agricole de la Vallée du Tambo touche 50 000 habitants entre les districts de Cocachacra, Punta de Bombón et Dean Valdivia. Les villageois en vivent.
Pour les manifestants, le projet de mine de cuivre mettrait en danger les 13 000 cultivés dans cette zone qui permettent à 4 000 000 de Péruviens de manger. La construction dans cette zone n'est pas négociable pour les habitants de la région.
traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos
NOTE de la traductrice:
1J'ai un doute sur la somme...
Source en espagnol :
https://wp.telesurtv.net/telesuragenda/Minas-rechazan-peruanos-proyecto-tia-maria-20190719-0017.html
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