Venezuela : La Colombie, plateforme de la CIA pour agresser le Venezuela
Le 28 août dernier, le secrétaire d’État Mike Pompeo a annoncé la création de l'Unité des Affaires concernant le Venezuela (Venezuela Affairs Unit, VAU) qui sera situé à l'ambassade des Etats-Unis à Bogotá, Colombie, ce qui désigne ce pays comme la principale plateforme pour un coup d'Etat made in USA contre le Gouvernement constitutionnel et légitime de Nicolás Maduro et montre le comportement servile du président colombien Iván Duque et qu'il est vendu à l'étranger.
L'Unité des Affaires concernant le Venezuela sera dirigée par James Story, ex-chargé d'affaires à l'Ambassade des Etats-Unis à Caracas et l'un des derniers diplomates à s'être retiré après que le président Nicolás Maduro ait rompu les relations diplomatiques avec Washington.
Le VAU n'est pas un service habituel des affaires étrangères des Etats-Unis et selon ce qui a transpiré dans la presse, il ne sera pas équipé d'une « section des intérêts » comme celle qui a existé à La Havane, Cuba, pendant des décennies. Selon des sources du Département d'Etat, son caractère provisoire le place hors du Comité des Affaires Etrangères du Sénat qui n'aura pas à approuver son personnel bien qu'il continue à superviser le développement des relations bilatérales.
La création de ce bureau diplomatique parallèle des Etats-Unis à Bogotá a le soutien des 2 partis (démocrate/républicain) du Congrès et est destinée à donner une légitimité dans la région au président insignifiant de l'Assemblée Nationale vénézuélienne, Juan Guaidó, à un moment d'extrême faiblesse politique de l'opposition interne au Gouvernement de Maduro.
Le président Maduro a rompu les relations avec les Etats-Unis le 23 janvier dernier après que Donald Trump ait refusé de reconnaître son élection et ait reconnu Guaidó, sa création, comme « président par interim » au milieu d'une campagne d'intoxication médiatique dans le monde occidental destinée à faire pression sur le Venezuela, à le déstabiliser et à produire un « changement de régime » avec le soutien de plusieurs présidents latino-américains d'extrême-droite regroupés dans le Groupe de Lima.
Dès lors, des membres de l'Agence Centrale de Renseignement (CIA) ont commencé à prendre contact avec des fonctionnaires vénézuéliens pour es recruter et les inciter à abandonner leurs charges en particulier en Colombie, au Panamá et aux Nations Unies.
Selon des rapports de journalistes, les membres de la CIA ont offert des sommes d'argent allant de 120 000 à 150 000 dollars à ceux qui acceptaient de devenir des collaborateurs de l'agence d'espionnage, à ceux qui faisaient défection, à charge pour eux, entre autres exigences, d'accorder des interviews aux médias dans lesquelles ils critiqueraient le président Maduro et e Gouvernement qu'ils avaient défendu jusque là.
Dès lors, les membres de la CIA ont aussi augmenté leurs activités en territoire colombien. En 2018, l'agence étasunienne avait déjà obtenu la défection de l'attaché de presse vénézuélien à Bogotá, Luis Espinoza. Elle apporte aussi son soutien à un réseau terroriste basé au Pérou intitulé opération “Jaque Mate Venezuela 2019”, qui se consacre à l'exécution d'actes de violence en territoire vénézuélien pour déstabiliser le pays.
Avant le second tour des élections présidentielles en Colombie entre Iván Duque et Gustavo Petro, en juin 2018, la CIA avait préparé une dénonciation publique dans laquelle elle accusait faussement Royland Belisario, membre du Service Bolivarien de Renseignement National (SEBIN), d'un soi-disant attentat contre celui qui est aujourd’hui président : Ivan Duque. Cette « information » a été récupérée par le journal de Bogotá, El Tiempo le 3 mars 2019 et attribuée à « des organismes de renseignement colombiens. »
Le 15 avril 2019, lors d'une session de questions et réponses à l'Université du Texas, le secrétaire d’État Mike Pompeo a affirmé : « Quand j'étais directeur de la CIA, nous mentions, nous trompions et nous volions. Il y avait même des cours d'entraînement. » La transcription officielle du Département d'Etat a censuré ces affirmations mais elles sot restées sur l'enregistrement vidéo. Et bien qu'il soit de notoriété publique que tout au long de son histoire, la CIA ait fait ce qu'a dit Pompeo, il n'en est pas moins grave que le chef de la diplomatie étasunienne évoque cela de cette façon.
Le 7 février précédent, après l'arrestation de l'ex-colonel de la Garde Nationale Bolivarienne Oswaldo Valentín García Palomo, le vice-président du Venezuela pour la Communication, la Culture et le Tourisme, Jorge Rodríguez, a insisté devant les médias sur la publication de messages d’intimidation et de fausses informations par des acteurs de l'anti-chavisme qui dessinaient le cadre d'une série c'actions putschistes.
Un peu avant, García Palomo avait eu le soutien de la CIA et des Gouvernements de la Colombie, du Chili et du Brésil. Dans sa confession, l'ex-militaire a déclaré que l'Agence Centrale de Renseignement l'avait contacté par l'intermédiaire du général à la retraite Antonio Rivero, activiste du Parti Volonté Populaire (celui de Guaidó) et agent de la CIA, selon Rodríguez. Il a précisé aussi qu'il avait eu le soutien, en territoire colombien, d'alias “Alejandro”, un général de la Police Nationale de Colombie qui faisait le lien avec le Gouvernement de Juan Manuel Santos.
Le plan de coup d'Etat avait été réactivé en mai 2018, avant les élections en Colombie, avec les conseils de alias “Indiana” et du “colonel Lee” pour la CIA et de “Alejandro”, pour le Gouvernement de Colombie. Les officiers ont informé García Palomo du plan d'attaque contre le Venezuela pendant le premier trimestre de 2019 et ses aveux, selon Jorge Rodríguez, venaient démanteler la campagne d'intoxication internationale sur la « crise humanitaire » parce qu'elle était limitée par une invasion conçue par la CIA et le Pentagone pour soutenir l’Organisation des Etats Américains (OEA) et le Groupe de Lima.
Dans le contexte d'une longue guerre hybride d'usure de l'Empire, le samedi 23 février, énième « Jour J » de la République Bolivarienne du Venezuela assiégée, serait un autre échec retentissant de l'extrême-droite terroriste internationale qui répond aux diktats de la Maison Blanche.
A ce moment-là, l'un des membres de la section de la CIA à Bogotá avait accompagné le sénateur étasunien d'origine cubaine Marco Rubio et le représentant de l'état de Floride, Mario Díaz-Balart, lors de leur visite dans la ville colombienne de Cúcuta, limitrophe avec le Venezuela et l'un des principaux foyers de tension entre les 2 pays. A cette occasion, Rubio et Díaz-Balart – représentants de la mafia cubano-américaine de Miami − étaient accompagnés par Carlos Trujillo, ambassadeur des Etats-Unis à l'OEA.
Cúcuta, où, selon l'intellectuel colombien Renán Vega Cantor « règne le pouvoir paramilitaire » au point qu'on l'appelle « la République des Paras » avait été la scène, la veille, du concert “Venezuela Aid Live”, organisé par la gusanería culturelle du clan Estefan (le couple formé par Gloria et Emilio Estefan ), auquel avaient participé quelques 30 artistes Made in Miami , dont Silveste Dangond, surnommé « le paramilitaire du vallenato1. »
Ce concert de haine et de guerre a été conçu comme une action de diversion sur la frontière colombo-vénézuélienne destinée à couvrir une opération de faux drapeau dans le cadre de la prétendue introduction au Venezuela d'une « aide humanitaire » de l'Agence Internationale pour le Développement des Etats-Unis (USAID) qui, depuis 1961 a été utilisé par la CIA comme l'une des armes les plus puissantes de ses opérations secrètes.
En argot militaire, les opérations de faux drapeau sont celles qui sont réalisées clandestinement par une puissance agresseuse pour avoir l'air d'avoir été agressée et en rendre responsable l’ennemi. Le 23 février, 2 camions de l'USAID transportant soi-disant de l'aide humanitaire pour le Venezuela ont été incendiés avec des cocktails Molotov sur le pont international Francisco de Paula Santander, du côté colombien par des groupes violents de l'opposition vénézuélienne et le vice-président des Etats-Unis, Mike Pence et le secrétaire d'Etat Pompeo en ont rendu responsable le « tyran » Maduro.
Cette opération, réalisée en présence du président colombien Iván Duque et de son homologue chilien Sebastián Piñera ainsi que du laquais du Ministère des Colonies des Etats-Unis, l'Uruguayen Luis Almagro, a montré les liens de la mafia cubano-américaine de Miami protégée par la CIA avec les paramilitaires de Cúcuta et l'extrême-droite du continent mais aussi l'impunité dont jouit l’agence étasunienne pour les activités d'ingérence qu'elle développe contre le Venezuela depuis e territoire de la Colombie.
A partir du début de 2019 jusqu'à maintenant, l'Ambassade des Etats-Unis à Bogotá a augmenté le nombre des fonctionnaires de son consulat à Cúcuta avec 2 objectifs essentiels : soutenir les visites de congressistes, d'hommes politiques et de militaires étasuniens ainsi que celles de chefs et d'officiers du renseignement dans cette région frontalière et contrôler la situation au Venezuela sur laquelle ils remettent des rapports quotidiens au Département d'Etat, à la Maison Blanche et au Pentagone.
Le consulat des Etats-Unis à Cúcuta possède un grand nombre de fonctionnaires qui dépendaient de la mission diplomatique à Caracas qu'ils ont dû quitter après la rupture des relations décidée par Nicolás Maduro. Selon certains journaux, parmi eux se trouveraient des experts en opérations secrètes et en travail sur le terrain avec l'extrême-droite vénézuélienne, des groupes paramilitaires et des bandes criminelles mais aussi de grands éleveurs de l'opposition qui, dans le cadre de la guerre économique contre le Gouvernement constitutionnel de Maduro, réalisent des opérations clandestines pour faire passer à l'étranger des minéraux (or, bauxite, fer), du pétrole et de l'essence.
Dans ce contexte, la création de l'Unité des Affaires concernant le Venezuela annoncée par Pompeo la semaine dernière, viendrait renforcer e rôle du duo Álvaro Uribe-Iván Duque en tant que vendus à Washington et le rôle de la Colombie en tant que plateforme de l'agression du Pentagone et de la CIA contre le Venezuela.
traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos
NOTE de la traductrice:
1Genre musical populaire originaire des vallées colombiennes.
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