Venezuela : Le Venezuela dans les élections étasuniennes
Par María Fernanda Barreto
Dans la dernière analyse de la situation que nous avons publiée le 1° juin dernier, nous avons prévenu qu'il était important que Venezuela soit plus en alerte pendant la période pré-électorale aux Etats-Unis, c'est à dire jusqu'au mois d'octobre de cette année, puisque la situation géopolitique actuelle peut subir une violente secousse parce que le chef actuel du Gouvernement cherche à être réélu.
Donald Trump court le risque d'être le premier président étasunien du XXI° siècle à ne rester que 4 ans à la Maison Blanche. Et malgré le fait que, comme nous l'avons dit dans cette analyse, son pays s'impliquerait difficilement dans une agression militaire directe, au moins, on peut s'attendre à une action désespérée destinée à complaire aux lobbies qui l'ont soutenu et pourraient soutenir sa réélection mais pas avant que toutes les agressions indirectes. Et multiformes aient porté leurs fruits.
Dans le livre « Le lobby israélien et la politique étrangère des Etats-Unis, » (2007), les chercheurs étasuniens Mearsheimer et Walt, cherchant à expliquer ce que sont les lobbies et quel pouvoir ils ont dans leur pays, disent : « Aux Etats-Unis, les groupes d'intérêts se disputent habituellement pour concrétiser les perceptions qui sont de l'intérêt de leur pays et pour convaincre les législateurs et les présidents d'adopter les politiques qu'ils préfèrent. » Concernant le pouvoir qu'ils exercent sur la politique étrangère, ils mettent en avant que « l'influence des différents groupes d'intérêts a configuré depuis longtemps différents aspects de la politique étrangère étasunienne, y compris dans des décisions concernant la guerre. »
C'est pourquoi nous insistons sur l'importance de 2 d'entre eux qui peuvent porter atteinte au Venezuela, au-delà de la mafia cubano-étasunienne de Miami qui a accompagné les actions les plus violentes contre le Gouvernement bolivarien pendant ces dernières années. Ce sont le lobby de l'industrie militaire et le plus puissant de tous les lobbies, le lobby sioniste.
Les compagnies militaires privées (CMP) ou mieux, leurs grandes corporations qui composent le premier de ces « groupes d'intérêts » qui ressemblent plus à des mafias ont été très représentées dans Lockheed Martin la plus puissante CMP du monde que sagement, le gouvernement chinois a fini par sanctionner il y a quelques jours.
La direction exécutive de cette grande corporation est apparue avec Donald Trump dans le cadre de sa campagne “Made in America” où elle soulignait que ses armes sont de fabrication étasunienne et soutenait les restrictions concernant les produits de fabrication chinoise.
La meilleure façon d'obtenir la soutien de ces corporations pour la réélection de l'actuel président des Etats-Unis est d'offrir à ce lucratif « commerce américain » plus de guerres ou au moins la menace de guerres pour soutenir ses millions de bénéfice pendant la crise économique qui s'est aggravée avec la pandémie.
Les principaux bureaux de Lookcheed Martin en Amérique Latine se trouvent en Colombie, au Brésil et au Mexique. Justement en Colombie, sur la Base de la Police à Guaymaral, sur la Base Militaire de l'Armée de Tolemaida et sur la Base de l'Armée de l'Air à Melgar, il y a des installations très importantes de sa succursale Sikorsky dans la région qui fabrique les hélicoptères Black Hawk, entre autres. Les F16 que le Venezuela possède encore font partie des produits commercialisés par cette CMP, que le pays a achetés en 1982 mais l'interdiction de vendre des armes et d'autres services mise en place par le Gouvernement de Bush contre le Venezuela en 2006 ont même rompu la vente de pièces détachées pour ces avions qui devaient être fournies par contrat. Cela, comme d'autres sanctions postérieures, a fini par obliger le pays à chercher des alternatives et a ouvert la porte à ses concurrents russes et chinois, ce qui a déchaîné la rage des Etats-Unis et évidemment, de la compagnie.
Quant au lobby sioniste, ses intérêts concernant le Venezuela sont variés mais surtout, le fait que le président Hugo Chávez ait décidé de façon solidaire et souveraine de rompre les relations diplomatiques avec Israël en janvier 2009 en réponse au génocide perpétré à Gaza le mois précédent, une rupture toujours en vigueur aujourd'hui, est un affront que le régime génocide de ce pays n'oublie pas.
Si quelqu'un a des doutes sur ce point, il suffira de se reporter à l'accord signé la semaine dernière entre le parti politique de María Corina Machado “Vente Venezuela” et le “Likoud” de Benjamin Netanyahu, dans lequel il est question de sujets qui suggèrent bien des activités de déstabilisation du Gouvernement vénézuélien et à contenu clairement colonialistes. Le document, qui revendique littéralement les « valeurs occidentales » de façon extravagante inclut, en plus, la coopération politique, idéologique, dans le domaine sociale, stratégique, géopolitique et même de la sécurité, dans ce qu'il qualifie de « société opérationnelle. » Cela peut signifier, en outre, la résurgence de cette direction de l'extrême-droite vénézuélienne face à l'échec retentissant de Juan Guaidó. Il faut dire que parmi les principaux soutiens de Machado en Colombie se trouvent Álvaro Uribe Vélez et l'actuelle maire de Bogotá, Claudia López.
L'important, c'est que les pressions que les 2 pays peuvent exercer sur Donald Trump en ce moment critique de sa carrière politique peuvent avoir des répercussions dans le monde entier dans les 3 prochains mois et comme nous l'avons dit, peut en avoir particulièrement pour le Venezuela qui continue à être la scène de grandes batailles géopolitiques.
Une politique étrangère basée sur la solidarité entre les Peuples qui affrontent l'impérialisme, la lutte permanente pour construire un monde multi-centré et pluri-polaire et une grande capacité à comprendre les situations historiques et à les affronter avec une stratégie claire à laquelle ces lignes p-cherchent à contribuer font partie des forces qui ont maintenu debout la Révolution Bolivarienne pendant plus de 20 ans.
traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos
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