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Venezuela : Que fait l'homme politique étasunien Bill Richardson au Venezuela 

16 Juillet 2020, 17:21pm

Publié par Bolivar Infos

 

Les réseaux sociaux ont annoncé que l'homme politique démocrate étasunien se rendrait au Venezuela.

 

Selon ce que son bureau a fait savoir jusqu'à présent, l'objectif politique de sa visite est de gérer, devant le président Nicolás Maduro, la libération des gérants de CITGO impliqués dans les actes de corruption de 2017 et des mercenaires impliqués dans l'opération Gedeón ratée du 3 mai dernier, Airan Berry et Luke Denman.

 

La mission du politicien, selon The Grayzone, est privée et a été demandée par la famille des mercenaires qui n'ont pas reçu d'aide du Département d'Etat. Selon le média, Richardson est au Venezuela depuis le 13 de juillet.

 

La journaliste Anya Parampil a écrit un reportage exhaustif sur la famille des Etasuniens engagés par Silvercorp et sur les motifs qui ont provoqué le voyage de Richardson.

 

Richardson, qui, il y a quelques temps, était ambassadeur des Etats-Unis aux Nations Unies et gouverneur démocrate de l'état du Nouveau Mexique, a un long parcours d'intermédiaire dans la gestion de cette sorte d'affaires grâce à son organisation, le Richardson Center.

 

Bien qu'on ait officiellement fait savoir que la libération des Etasuniens serait l'objectif principal de sa visite, des données fournies par le blog d'investigation La Tabla en donnent une vision plus large.

 

Richardson est lié au secteur pétrolier des Etats-Unis car il est membre du conseil de Genie Energy, une entreprise pétrolière fondée en 2011 par le magnat Howard Jones.

 

Dans ce conseil, rapporte La Tabla, « il est avec le vice-président Dick Cheney, le magnat des médias Rupert Murdoch et l'ex-chef de la CIA, James Woolsey et le banquier Jacob Rothschild, de la famille Rothschild. »

 

Selon le Chicago Tribune, Richardson chercherait « un geste de bonne volonté pour faire baisser les tensions avec les Etats-Unis » et, bien que sa mission soit privée, elle a été coordonnée « avec le Département d'Etat des Etats-Unis et il a tenu les autorités étasuniennes au courant de ses plans. »

 

Après la mort du président Hugo Chávez, Richardson, affichant une ligne plus modérée que les républicains, a déclaré :

 

« Je pense que c'est une occasion pour que nous entrions dans une nouvelle relation avec le Venezuela (…) Le candidat d'opposition Capriles est pro-étasunien. Le vice-président Maduro n'est pas pro-étasunien mais je pense qu'il sera plus pragmatique que Chávez. »

 

Selon l'agence AP, les relations de Richardson avec Maduro « (…) remonte au moment où le Vénézuéliens se rendait aux Nations Unies en tant que Ministre des Relations Extérieures d'Hugo Chávez. Ils se sont aussi croisés à l'investiture, en 2018, du président mexicain Andrés Manuel López Obrador. Richardson a aussi travaillé en coulisses pour ramener chez lui un autre Etasunien détenu à Caracas, l'ex-missionnaire mormon Joshua Holt, qui a été libéré en 2018. »

 

Ces 2 données montrent que Richardson est un politicien connu des dirigeants vénézuéliens qui ont avec lui des relations anciennes et pas aussi difficiles qu'avec les gouvernants actuels des Etats-Unis.

 

Récemment, le politicien démocrate a réalisé des démarches similaires à celles annoncées au Venezuela, en Iran, à Cuba et en Corée du Nord, ouvrant des canaux de dialogue non officiels entre le Gouvernement étasuniens et les dirigeants de ces pays assiégés en permanence par Washington.

 

Richardson a été ministre du Commerce pendant la première étape du Gouvernement Obama. Il souhaitait ardemment être le vice-président d'Obama mais la machinerie du parti s'est finalement décidée pour Joe Biden.

 

Sous le Gouvernement de Bill Clinton, il a été ministre de l'Energie, ce qui confirme ses relations organiques avec le secteur pétrolier des Etats-Unis et la promotion de ses intérêts, comme le rapporte La Tabla.

 

En ce moment même, Richardson combine ses missions privées en Iran et dans d'autres pays rivaux des Etats-Unis avec le conseil extérieur de la campagne de Joe Biden. Il cherche à améliorer le discours du candidat démocrate face au vote latino, déterminant pour les prochaines élections.

 

En mai, il a dit qu média Politico: « Le but n'est pas de gagner le vote hispanique (Biden l'aura), mais de le maintenir au-dessus des 65% et d'avoir le plus possible de participation latino (…) Si nous avons 58% ou 57% des hispaniques, nous avons des problèmes. »

 

Et il a ajouté que « de Trump fait beaucoup plus d'efforts envers les hispaniques, » une analyse qui a changé au vu des derniers sondages qui donnent un avantage considérable à Joe Biden.

 

L'annonce de la visite de Richardson a eu lieu seulement quelques heures après que le président Donald Trump ait affirmé lors d'une interview pendant sa visite en Floride que Juan Guaidó « semblait avoir perdu un certain pouvoir. »

 

« Nous voulons quelqu'un qui ait le soutien des gens. Soutien à lapersonne qui aurait le soutien des gens, » a déclaré le chef de la Maison Blanche, ouvrant la voie à la validation de nouvelles personnalités anti-chavistes.

 

Trump en a profité pour jouer à ce qu'il sait le mieux faire : l'intrigue et la confusion. Il a affirmé à nouveau que quelque chose allait se passer au Venezuela et que les Etats-Unis y seraient très impliqués.

 

Mais la déclaration de Trump marque une nouvelle frontière dans la prise de distance de la Maison Blanche avec le député Juan Guaidó contr qui le temps travaille face aux élections législatives du 6 décembre prochain.

 

Cette déclaration, ajoutée à la visite annoncée par Richardson, marque une nuance dans la campagne de « plus forte pression » dirigée par Washington et génère un nouveau canal de médiation.

 

Ce qu'on peut aussi interpréter comme un mouvement plsu général pour favoriser la désorientation stratégique du « projet Guaidó » aussi bien au Venezuela que dans les décisions de Washington, et lui donner des possibilités dans la campagne électorale.

 

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/07/15/venezuela-quien-es-bill-richardson-perfil-del-politico-estadounidense-que-nos-visita/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/07/venezuela-que-fait-l-homme-politique-etasunien-bill-richardson-au-venezuela.html