Pérou : 3 variantes de coup d'Etat possibles
Par Carlos Aznárez
Les responsables des institutions qui doivent proclamer la victoire indiscutable de Pedro Castillo et de Pérou Libre n'éclaircissent toujours pas situation au Pérou. Non seulement l'ONPE prolonge le décompte des voix mais à présent, le Jury National des Elections (JNE) fait durer la procédure en examinant les innombrables recours présentés par les partisans de Fujimori. Tout cela, nous dit le journaliste Roger Taboada, peut donnert lieu à un coup d'Etat.
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Quelle est la situation au Pérou après la reconnaissance de la victoire de Pedro Castillo par le Bureau National des Elections (ONPE)?
Selon l'ONPE, sur 100% des bureaux de vote dépouillés, Pedro Castillo est le nouveau président du Pérou. C'est ainsi que l'ont compris les gouverneurs des régions, les maires de Lima et la frange du peuple qui a voté pour lui. Tous ont déjà salué le professeur Pedro Castillo et beaucoup de gouvernants d'Amérique Latine et d'ex-candidats péruviens aux élections présidentielles l'ont fait aussi. Mais si l'ONPE est la première instance de contrôle de l'expression populaire, il y en a une seconde : le Jury National des Elections qui, en fin de compte, est celle qui proclame les vainqueurs. C'est l'instance devant laquelle on présente les recours, les demandes de révision, les accusations, de plagiat et une série de choses que Keiko Fujimori a faites pour évoquer une « volonté de fraude » de la part d'électeurs sélectionnés dans différents bureaux de vote de diverses régions du pays. A un moment, il y en avait 1200, ensuite, leur nombre a baissé à 800 mais 600 ont déjà été rejetés. Il en reste 200. Les autres ont respecté les conditions de base requises. Ces 200 devraient être examinées pendant cette fin de semaine et évidemment, cela règlerait le problème.
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Donc, après cette procédure, les résultats seraient proclamés ?
Le problème, c'est que l'un des membres du Jury National des Elections, Carlos Luis Arce Córdoba, qui avait déjà été dénoncé à d'autres occasions pour son appartenance aux bandes « Les poulets blancs du port ,» très connues, qui ont été prises en flagrant délit il y a 3 ans grâce des investigations obstinées de 2 jeunes procureurs. Cet individu a demandé que pour chacune des autres, on contrôle la validité des votes émis, qu'on y incorpore le procès-verbal de l'ONPE. C'est revenir ena rrière dans le processus dans l'idée de retarder la proclamation des résultats de 2 ou 3 semaines de plus.
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Que veulent-ils ?
Leur plan est le suivant : il y a des gens liés à force Populaire comme le fujimoriste Andrés Belaunde qui demandent « qu'on annule les élections. » Un vice-amiral d'extrême-droite fasciste et gros dur, Jorge Montoya, a déclaré la même chose. A cela s'jouté un communiqué de vice-amiraux et de généraux de la semaine dernière. Des généraux sans gloire, des vice-amiraux, la plupart navigant dans des cloaques, liés à des délits de violation des Droits de l'Homme ont signé une déclaration incitant ouvertement au coup d'Etat. La Force Armée l'a démenti ensuite mais il a existé et ils existent. Ce qu'ils veulent montrer, c'est un Pérou en crise, ingouvernable, sans soutien social, surtout discutable légalement de toutpoint de vue et évidemment qui viole la volonté dsu peuple qui soi-disant serait avec Keiko Fujimori, connue sous le pseudonyme de « Madame K. » C'est l'image qu'ils veulent donner. Ils cherchent à prolonger le processus électoral et à discréditer la victoire réelle, légitime et démocratique de Pedro Castillo.
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Une grande mobilisation est prévue ce samedi par les secteurs proches de Pedro Castillo, je pense, pour faire pression. Il est évident que maintenant, la lutte va se dérouler dans la rue...
Samedi, à 15 heures, il y aura une marche nationale dans les capitale des provinces les plus importantes du pays. Avec beaucoup d'efforts, des camarades de différents endroits ont passé la nuit à Lima. Beaucoup de camarades ont pris le centre de Lima pour soutenir
Pedro Castillo mais l'aide des camarades en tout de même insuffisante. La situation est compliquée, être 2 ou 3 jours à Lima, dans le froid, sans moyens, sans pouvoir accéder à
des endroits où passer la nuit, sans nourriture. La grande masse qui soutient Pedro Castillo fait partie des secteurs populaires et n'a pas les moyens de faire venir des gens qui souhaiteraient être présents et faire ainsi pression et exiger des résultats transparents, rapides et respectueux de la volonté populaire. Ce samedi, c'est la grande marche populaire dans tout le Pérou pour exprimer notre soutien à l'actuel président de la République, Pedro Castillo Terrones.
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En tant que journaliste et homme proche des luttes populaires, penses-tu qu'il y ait un climat de coup d'Etat ?
Pour un coup d'Etat traditionnel, ils ont besoin de violence, d'affrontement et de mort. Il y a 1 mois, on n'a pas fait d'embarras pour assassiner 16 personnes. On a voulu en rendre le Sentier Lumineux responsable mais ça n'a jamais été le style du Sentier de liquider des ivrognes ni de brûler des corps d'enfants. Ces mots sur lesquelles jamais personne n'enquête peuvent être utilisées au bénéfice du narco-fujimorisme. C'est une possibilité, faire un coup d'Etat en force en comptant sur des secteurs qui le feraient et qui font partie des Forces Armées. Il y a des putschistes, une minorité mais ils existent. En second lieu, ils veulent prolonger le processus pour que le Congrès, qui est accrédité par le Jury National des Elections s'installe et comme la tradition veut que le personnel le plus ancien, le plus vieux et celui qui a obtenu le plus de voix assume la présidence du Congrès et finalement de la République. Ce serait comme cela : l'actuel président achève son mandat au mois de juillet. Alors, en juillet, nous aurions un homme d'extrême-droite qui est Jorge Montoya. C'est un vice-amiral de droite, fasciste, qui dit qu'il est chaste, qu'il se flagelle le derrière pour ne pas pécher quand il pense à la vierge Marie. Cet individu pourrait prendre, en juillet, la présidence du pays par intérim et organiser des élections dans le délai que fixerait le pouvoir législatif lui-même. C'est à dire des élections organisées par un fasciste. La troisième possibilité est que le Jury National des Elections puisse voter en faveur de Keiko Fujimori lors des contrôles, retarder le plus possible pour provoquer une crise et renforcer l'idée d'organiser d'éventuelles élections, ce qui est le dernier cri de guerre de madame K puisqu'elle n'est pas dans des conditions qui lui permettent de ne pas aller en prison. C'est ça, la situation : provoquer un conflit à Lima. Ce sont les risques que nous courons. Du côté du peuple, la mobilisation de samedi au niveau national dans chacun des points les plus importants du Pérou auront lieu dans le cadre de la célébration du Père au Pérou. Nous avons la ferme conviction qu'il faut mettre un point final aux 200 ans de gouvernement d’organisations criminelles que le Pérou a subis depuis son indépendance en 1821.
traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos
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