Pérou : Ton nom n'est pas valable, ta signature encore moins
par María C. Chavarría
Les arguments de Force Populaire pour tenter d'invalider des procès-verbaux électoraux « révèlent leur ignorance complète et renforcent leurs manœuvres bien connues de racisme, de violence et de discrimination envers les populations des zones rurales. »
Les réclamations sont basées sur un méconnaissance complète de la réalité péruvienne, un mépris pour les formes d'apprentissage de base qui existent au Pérou, soutien tla linguiste María C. Chavarría.
Il n'y a aucune raison d'invalider ces procès-verbaux électoraux parce que les membres du bureau portent le même nom, parce que les citoyens ont signé différemment que sur leurs papiers d'identité ou parce qu'ils n'ont pu mettre que leur empreinte digitale.
« La signature est un graphisme qu'on doit apprendre, souvent en dehors de l'école, pour pouvoir avoir les papiers dont le citoyen a besoin. »
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Dans la tradition aymara, enciennement, les noms n'existaient pas en tant que tels et ce qui identifiait les individus, c'était le nom et l'appartenance à l'ayllu, le territoire dont il faisait partie. De sorte que dans une ville, il peut y avoir beaucoup de Mamani, Wamán ou Catacora, sans qu'ils soient nécessairmeent une « famille, » un terme qui doit être également reconsidéré à la lumière de l'organisation sociale andine.
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Parce que c'est un sujet très complexe, j'invite les spécialistes du groupe Fujimori à s'informer avant d'accuser de fraude 3 membres d'un bureau qui portent le nom de Catacora et ont été choisi pour exercer cette charge.
Depuis le 9 juin, Force Populaire soutient que les bulletins sur lesquels les électeurs « n'ont soi-disant pas respecté les règles en signant d'un manière bizarre après avoir voté » doivent être invalidés. Force Populaire et son staff d'avocats a insinué que dans les zones rurales, les plus reculées du pays,en particulier dans la zone amazonienne, sur la frontière et dans le sud des Andes, se sont produites des irrégularités systématiques menées à bien par des citoyens qui n'ont pas signé les bulletins de vote comme il se doit ou qui ont seulement apposé leur empreinte digitale. C'est à dire qu'ils ont mis une initiale ou une signature différente de celle qui apparaît sur leur carte d'identité DNI, ou seulement leur empreinte digitale. Cela serit une forme de dol systématique qui aurait favorisé le candidat Castillo. Par conséquent, ces signatures et les votes exprimés devraient être contrôlés et seraient contestés, pour utiliser les termes qu'on emploie pendant les élections.
Les réclamations sont basées sur un méconnaissance complète de la réalité péruvienne, un mépris pour les formes d'apprentissage de base qui existent au Pérou. On cherche à ignorer la façon dont on vit dans les zones andines ou amazoniennes, dans les zones rurales où peu de gens arrivent à terminer leur éducation primaire faute d'écoles secondaires, où les bibliothèques manquent, où il n'y a pas de matériel de lecture, ni journaux ni librairies qui permettent de continuer à pratiquer la lecture du castillan comme seconde langue car beaucoup de gens n'ont pas reçu une éducation bilingue. Dans les zones rurales, il n'y a pas d'écoles suffisamment équipées, pas de bibliothèques scolaires qui permettent de lire pour ne pas arriver à l'analphabétisme fonctionnel qui est aujourd'hui le lot de milliers de Péruviens.
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La signature est un graphisme qu'on doit apprendre, souvent en dehors de l'école, pour pouvoir avoir les papiers dont le citoyen a besoin. Une fois obtenu la DNI ou ouvert le compte en banque, la signature est peu utilisée car la DNI ne sert que pour les élections ou pour de rares occasions. Les agriculteurs, par exemple, font leurs transactions en argent liquide et personne n'a de chèque qu'il faut signer chaque fous qu'on fait un achat. Tout circule. Les assemblées communales dans lesquelles tous se connaissent, se passe de liste et on n'a pas à justifier sa présence avec la DNI en main. Les votes se font à main levée et les seuls qui signent sont les délégués ou les représentants, pas toute la communauté. Alors, on apeu d'occasions de signer et comme on ne le fait pas souvent, la signature n'est jamais identique et ne sera jamais à 100% la version qui se trouve sur la DNI. La graphologie permet de détecter des traits qui identifient l’écriture d'un individu mais nous doutons que ces expertises graphologiques aient été prises en considération par le Jury national des Elections.
A cause de cette réalité, l'Etat péruvien permet de faire des exceptions concernant la conformité de signatures d'un même individu. Ainsi, quand les fonctionnaires du MINEDU doivent faire signer les assistants à un événement, ou à un atelier de formation, ils acceptent l'empreinte digitale sur les feuilles de présence et même quand ils reçoivent les Tablettes tant attendues.
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traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos
Source en espagnol :
https://www.resumenlatinoamericano.org/2021/06/11/peru-tu-apellido-no-vale-tu-firma-menos/
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