Venezuela : MONOMEROS à l’épicentre des relations avec la Colombie
Les relations éventuelle que le nouveau Gouvernement de Colombie pourrait relancer avec le Gouvernement du Venezuela ont l’entreprise à capital de l’Etat vénézuélien MONOMEROS Colombo Venezolanos S.A. a comme noeud sensible des relations économiques entre les deux pays.
Cette entreprise est le second actif le plus important du Venezuela à l’étranger après CITGO Petroleum corporation.
L’importance qu’aura le traitement que le président élu Gustavo Pétro réservera à MONOMEROS mettra en relief le type de relation qu’il aura avec le Gouvernement du président Nicolas Maduro et aussi avec « l’intérimaire » Juan Guaidó. Il y a peu de possibilités intermédiaires dans cette affaire que offre peu de scénarios possibles.
Sur la direction complexe de MONOMEROS
Depuis l’apparition du faux « intérim » de Juan Guaidó en 2019, les opposants vénézuéliens à l’intérieur et à l’extérieur du pays ont imposé une corruptocratie à l’entreprise qui a provoqué des disputes et la démission de l’ancien « ambassadeur » de Guaidó en Colombie, Humberto Calderon Berti qui a rendu Leopoldo Lopez concrètement responsable du détournement.
L’entreprise a commencé à être utilisée comme une petite caisse de l’opposition et son déclin opérationnel et financier a commencé à se manifester avec des chiffres dans le rouge qu’il n’était déjà plus possible de cacher en 2021 en se déclarant en faillite.
En septembre 2021, l’entreprise est passée aux mains du contrôleur des sociétés qui dépend du Gouvernement de Colombie, ce qui a donné une forme concrète à un contrôle officiel du Gouvernement d’Ivan Duque sur cette entreprise.
Peu après a été annoncé un accord commercial entre MONOMEROS et le Groupe Daabon, une entreprise connue pour avoir financé des campagnes d’ Álvaro Uribe et renforcé ainsi le contrôle des institutions uribistes et leurs liens économiques officiels avec l’entreprise.
L’une des pièces de l’échafaudage complexe d’intérêts derrière MONOMEROS qui a une incidence sur sa gouvernance et sur son avenir est le lien entre l’uribisme et le trafic de drogue colombien qui comprend le fait que le fertilisant nitrogène appelé communément « urée » est l’un des composants clés de la fabrication de la pâte de cocaïne.
Le trouble de l’état financier et commercial de MONOMEROS ne laisse que des incertitudes en cette matière.
Le département d’État nord-américain lui-même a révélé récemment un document dans lequel on constate que le faux Gouvernement de Guaidó n’a aucune incidence sur les décisions de l’entreprise.
Selon ce document, une question qui ensuite a été admise par Guido dans un débat intempestif et fallacieux entre certains anciens députés de la défunte Assemblée nationale élue en 2015, MONOMEROS aurait engagé le cabinet de l’ancien ambassadeur et opérateur étasunien Otto Reich, féroce ennemi du chavisme pour qu’il fasse du lobbying auprès du Gouvernement étasunien, concrètement auprès de l’OFAC (Office of Foreign Assets Control).
Celui qu’on appelle le « procureur spécial » du faux Gouvernement de Guaidó, Enrique Sanchez Falcon, a révélé que pendant un déjeuner informel auquel a été il avait été invité par des fonctionnaires de l’ambassade des États-Unis pour le Venezuela qui fonctionne à Bogotá, le directeur adjoint des affaires étrangères Rafael Foley lui a dit qu’ils avaient engagé des agents pour s’occuper de l’affaire MONOMEROS. Il a affirmé que c’était la seule information qu’il avait en cette matière, qu’il se désintéressait de l’affaire et il a admis que les Étasuniens agissent sans consulter Guaidó d’aucune manière.
Dans ce débat on a aussi déterminé que l’actuelle direction de MONOMEROS a été imposée sans aucun type de consultation de ce qu’ils appellent « l’Assemblée nationale légitime. »
Récemment, l’OFAC a publié une nouvelle licence dans laquelle ils autorisent certaines opérations de MONOMEROS pendant un en fixant des conditions à l’avenir de l’entreprise et aux probables négociations autour de son avenir.
Les possibilités
Le cadre de possibilités de développement des relations entre Caracas et Bogota est extrêmement étroit.
La première possibilité est que le nouveau Gouvernement de Colombie ne fasse absolument rien pour rendre MONOMEROS à ses patrons légitimes en prétextant la difficile situation internationale et la dispute autour des fertilisants ni trogénés à cause des mesures économiques contre la Russie, il est possible que la Colombie cherche à soutenir son contrôle de « surveillance » sur MONOMEROS pour, théoriquement, garder l’entreprise loin des impact des mesures coercitives contre le Venezuela et pour « garantir » ses possibilitésd’opérer.
Dans ce scénario, on n’écarte pas des pressions occultes sur le nouveau Gouvernement de Colombie qui devra se concerter avec l’uribisme pour sa politique si Pétro souhaite un dégel minimum pour relancer un ordre du jour de paix crédible dans le pays. On ne doit pas sous-estimer le pouvoir de fait de la structure de trafic de drogue en Colombie.
Ce scénario aurait pour effet une reconnaissance de fait du « Gouvernement par intérim » de Guaidó mais leGouvernement de Colombie pourrait également établir des relations avec le Gouvernement légitime et en fonction à Caracas. Les ambiguïtés seraient, dans ce cas, le résultat d’une politique absurde envers le Venezuela héritée d’Ivan Duque mais aussi des impasses de Pétro.
Dans un second scénario, il est probable que MONOMEROS revienne dans les mains du Gouvernement légitime du Venezuela. Cela impliquerait que Caracas exerce le contrôle de son industrie en la sortant du radar de contrôle de fait qu’exercent la Colombie, les États-Unis et le faux Gouvernement raté.
Mais la condition pour que ceci soit possible réside dans le rôle de l’OFAC, le long bras des mesures de contrôle étasuniennes. Remettre MONOMEROS au Venezuela pour le geler ou l’affecter par un blocus n’est pas une possibilité qui convient seulement aux États-Unis et pas aux autres impliqués. Petro ne pourrait pas agir par lui-même en faveur du Venezuela, pour cela il a besoin du feu vert des Étasuniens.
Ce scénario laisse la possibilité de négociations entre Caracas et Washington ce qui fait de Bogotá un point d’arrêt sans importance.
Bien que Gustavo Pétro et Francia Marquès aient indiqué dans leur campagne politique que le « Gouvernement par intérim » et la direction de MONOMEROS avaient brisé l’entreprise au détriment de l’activité productive et paysanne en Colombie, leurs éventuelles dispositions en sa faveur reste sous conditions.
Dans ce scénario, il est probable que Pétro décide de remettre MONOMEROS au Gouvernement vénézuélien pour que celui-ci affronte l’avenir de l’entreprise dans une négociation avec les Étasuniens comme c’est arrivé récemment grâce à la visite de fonctionnaires nord-américains à Caracas pour traiter de problèmes concernant l’échange de pétrole.
Un troisième scénario est possible, c’est celui de la liquidation de la participation de PEQUIVEN à l’entreprise ou d’un échange de la participation dans l’entreprise du Venezuela qui deviendrait associé minoritaire dans une opération similaire à celle qu’a réalisée PDVSA avec l’entreprise suédoise Nynas qui était l’objet de mesures de l’OFAC.
En mai 2020, l’OFAC a annoncé que la raffinerie suédoise Nynas n’était plus bloquée conformément au règlement des sanctions pour le Venezuela suite à une restructuration corporative de la propriété de Nynas AB par laquelle PDVSA a accepté de céder la majorité des actions dans l’organisation et ensuite, les sanctions ont été levées.
Mais Nynas n’était pas sous le contrôle du « Gouvernement par intérim » et le Gouvernement de la Suède n’intervenait pas dans l’entreprise. Ce qui veut dire que les conditions étaient moins compliquées.
Enfin, dans n’importe quel scénario les Gouvernements de Bogotá et de Caracas s’attendent à une négociation ardue qui doit reconnaître un cadre intégral pour la relance des relations économiques.
Traduction Françoise Lopez pour Bolivar infos
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