Amérique latine : Les États-Unis cherchent à asphyxier leurs voisins du Sud
Le discours de Washington, sur le « communisme » au Nicaragua, ses tentatives pour le priver de financement pour le développement et les sanctions qu'il lui impose empirent les conditions de vie de la population, dit l'écrivain étasunien John Perry qui réside à Masaya.
Si les États-Unis veulent vraiment que moins de personnes cherchent à passer leurs frontières, ils devraient vraiment essayer de fomenter le développement soutenable de pays voisins comme le Nicaragua et non essayer d'étrangler leur économie.
C'est ce que dit Perry dans son rapport « Les sanctions des États-Unis et les conditions économiques encouragent la migration nicaraguayenne, » fait savoir le site digital The Gray Zone.
Pour Perry, l'affirmation de la porte-parole de la Maison-Blanche Karine, Jean-Pierre qui rend responsable le Gouvernement nicaraguayen de la migration illégale de ses citoyens soi-disant soumis à la persécution politique est fausse.
Mais la réalité est plus terre à terre. Les principaux moteurs de la migration sont économiques, pas politiques, selon les propres déclarations des habitants du pays aux aux médias étrangers.
Cela, le dit Perry, est aussi mis en évidence dans la croissance rapide des envois d'argent depuis l'étranger aux familles, selon la Banque Centrale du Nicaragua.
Pendant le troisième trimestre de cette année, les envois d'argent ont atteint 862 200 000 $. Cela suppose une croissance de 63,6 % par rapport à la même période de 2021.
Selon Perry, actuellement, il y a un changement. Que s'est-il passé pendant les 18 derniers mois pour que la poursuite du rêve américain soit plus attractive ?
L'attitude des États-Unis envers les migrants nicaraguayens a changée.
Avant juillet 2020, les Nicaraguayen était seulement enregistrés lors de « rencontres » sur la frontière étasunienne. Maintenant, il en n'arrive plus de 13 000 en un mois typique bien que cela ne représente encore que 6 % du total.
Les médias publient aussi des articles qui présentent la migration de façon beaucoup plus attractive.
Après avoir créé l'idée que « tout le monde s'en va », les journalistes donnent des conseils ou fournissent des « kits de migration. »
Les jeunes reçoivent de fréquents messages sur leur téléphone portable dont certains semblent provenir de sources officielles des États-Unis. Les messages parlent de sélection pour obtenir un visa de travail ou montrent comment demander des visas de travail dans des fonctions spécifiques.
Selon péril, pendant que les États-Unis incitent à émigrer, le rétablissement de l'économie du Nicaragua se voit menacé par les sanctions de Washington.
Le Nicaragua et le Honduras, explique-t-il, sont des pays les plus pauvres de l'Amérique latine, continentale. Le coût de la vie pour les Nicaraguayens est bas : la plupart des aliments est produite sur place, l'électricité (et actuellement d'autres combustibles) sont subventionnés et le transport est relativement bon marché.
Et en partie à cause de cela, les salaires sont également bas. Les salaires plus élevés d'autres pays –traditionnellement le Costa Rica (et dans une certaine mesure, le Salvador et le Panama)– attirent toujours les Nicaraguayens à la recherche de meilleurs revenus.
Évidemment, la différence de salaire avec les États-Unis est encore plus importante.
Le Nicaragua a manifesté un rétablissement partiel après la violente tentative de coup d'Etat financé par les États-Unis en 2018, quand son économie s'est également vue affectée par la pandémie.
Bien que la croissance économique ait été de 10,3 % l'année dernière, en 2022, on prévoit qu'elle soit de 4 %.
Le tourisme n'a pas encore repris. La conseillère en voyage du département d'État qualifie le Nicaragua de « pays dangereux » alors que c'est le plus sûr d'Amérique centrale. De plus, explique Perry, Washington, ne cesse de durcir les sanctions économiques qui ont des effets directs sur la décélération des processus d’investissement.
Les gens sont très conscients du comportement de Washington et craignent le pire : ils savent comment les sanctions beaucoup plus dures contre Cuba et le Venezuela produisent des désastres économiques dans ces pays. Les immigrants des deux pays renforcent ce message quand ils passent par là.
C'est la réalité crue dans certains pays au sud du Rio Bravo. Les États-Unis aussi en subiront les conséquences et la bombe du temps de l’immigration leur éclatera à la figure une fois pour toutes s’il n'y a pas de chargement de politique.
Il faut mettre fin aux pressions économiques et passer à des scénarios économiques, sains dans lesquelles prime la coopération, a-t-il conclu.
Traduction Françoise Lopez pour Bolivar, infos
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